Voyager
offre de découvrir des vérités nouvelles.
Lors
du petit déjeuner, je savoure une quinzaine de rondelles de banane, des arachides
grillées non salées, cinq dattes Medjool, des cerneaux de noix de Pécan et, en
alternance un jour sur deux, des noix du Brésil et des noisettes ou des
cerneaux de noix et des amandes. Le ciel est bleu et le soleil brille. Après
les instants matinaux sur le balcon, je poursuis la narration de la journée
d’hier en m’attardant sur certains sites sur Internet, notamment à propos de
feu l’hôtel « Traymore » à Atlantic City. Pour la petite histoire, plusieurs
scènes du film « The King of Marvin Gardens », tourné en 1972 par Bob Rafelson,
montrent les extérieurs de l’hôtel Traymor, quelques mois avant sa démolition.
Durant ces pérégrinations sur la toile, je sirote une tisane digestive de
Penelope.
Nous
sortons vers midi trente. La voiture a été garée hier devant chez nous grâce à
la chance. Au bas de la calle Guillén à sens unique, une voiture est arrêtée au
milieu de l’étroite chaussée. Nous attendons que le conducteur transporte le
contenu de son coffre directement chez lui. Il nous remercie d’un signe en
libérant la voie. Nous suivons le littoral, nous roulons sous l’impressionnant
tunnel El Guincho et, à l’entrée du village de Garachico, nous garons l’auto
sur un parking public repéré par Patrick sur Google map. Nous traversons la
route pour admirer le « Roque de Garachico », une roche née des coulées de lave
basaltique lors de l’éruption du Pico Viejo en 1706. La roche, devenue îlot, a
été progressivement isolée du village avec le recul de la côte en raison de
l'érosion marine. Nous longeons le littoral. Un vent relativement fort souffle
et chahute les vagues qui se jettent sur les brise-lames et les roches volcaniques.
Je porte le blouson acheté chez Zara qui coupe efficacement les assauts d’Éole.
Nous
suivons ensuite des jeunes villageois qui empruntent la calle Santa Beatriz de
la Silva à l’angle du « Campo de Fútbol ». Nous prenons à droite dans la calle San Diego et, soudain,
la chance opère. Le restaurant « Tasca del Vino » entre dans notre champ de
vision à l’angle des calles Francisco Martínez de Fuentes et Calvo Sotelo. Le
charme opère immédiatement. La carte présente des mets végétariens. Seule deux
tables sont libres sur les huit qui garnissent la salle à la captivante
décoration. Nous nous installons devant le comptoir. La carte plastifiée
propose les mets en espagnol, en anglais et en allemand. La jeune patronne,
sympathique et souriante, à la chevelure noire, aux hanches callipyges, le
visage chaussé de lunettes noires, prend notre commande. Nous optons pour des
« Espárragos con salsa Roquefort », un « Surtido de setas » et pour des «
Papas con Mojo ». J’ajoute du « Pan ajo » [pain à l’ail]. Durant la préparation
des mets, je prends des photos de la superbe décoration, riche d’artefacts
variés de l’île et d’ailleurs. Une « azada » [houe] en bois clair,
admirablement polie, l’ancêtre de la charrue, est accrochée sur un des murs en
pierres volcaniques qui constituent la structure de la salle où nombre de
convives se régalent. La phrase « Hoy es un buen dia para sonreir »,
écrite à la craie blanche sur une ardoise noire encadrée de bois, suspendue au
mur vers l’entrée, me fait sourire. Je comprends aisément le texte et je le
traduis en anglais à une dame assise devant l’ardoise : « Aujourd'hui est un
bon jour pour sourire ». Nous sourions franchement tous les deux. Une autre
ardoise fleurie, autre part, souhaite : « Buen provecho ! Muchas gracias ! »
[Bon appétit ! Merci beaucoup !]. De la vaisselle et des bibelots
artisanaux, une guitare, des tableaux colorés, des photos du temps jadis… et
bien d’autres objets confèrent chaleur et harmonie au lieu de bien-être. À ma
gauche, à la table centrale, une famille asiatique avec deux enfants profite
pleinement des saveurs des aliments. Le papa croise mon regard appuyé et me
sourit. Je me sens proche de cette famille. Le fiston apprécie une paella. Les
traditionnelles « papas » sont sur la table. La maman, qui porte un tricot
crème à grosses mailles, pianote sur son smartphone de temps à autre. Le papa
bavarde avec un autre client asiatique venu à sa table. En photographiant la
houe, une des deux dames assises avec le monsieur qui discute avec le papa
admire la monture de mes lunettes. Nous nous partageons les asperges à la sauce
au roquefort, l’assortiment de champignons en sauce et les pommes de terre en
robe des champs. Elles portent le nom de « papas». Elles existent à Tenerife
depuis plus de quatre cents ans. Peu de temps après la découverte de
l'Amérique, les quinze espèces de pommes de terre anciennes, connues sous le
nom de papas antiguas débarquèrent aux Canaries. Nous savourons ces petites
pommes de terre ridées à la chair blanche avec deux sauces agréables au goût,
des « mojos » propres à l'archipel. Le climat et la terre volcanique de
Tenerife contribuent à l’exquise saveur. Patrick accompagne son repas d’eau
gazeuse. De mon côté, je l’accompagne avec les tranchettes de pain à l’ail. Mon
regard s’échappe régulièrement alentour. Les tables se libèrent et se
remplissent aussitôt. Le restaurant doit être réputé. La quasi-totalité des
clients sont des touristes. La famille asiatique s’apprête à partir. La maman
et les enfants sont déjà dehors. Patrick remarque que le papa rencontre des
problèmes avec sa carte de crédit qui refuse de fonctionner sur le terminal. La
patronne, compatissante et sereine, le laisse partir sans payer avec un regard
résigné. Une heure glisse avec bonheur sur la trame temporelle. Au moment de
régler notre addition, nous voyons revenir le papa asiatique. Il s’est
débrouillé et vient payer son dû. Je suis content et admiratif. Après quatorze
heures, nous sortons de ce lieu digne de Lucullus. Un couple asiatique déguste
des tapas et sirote du café sur la terrasse ; la table ronde est constituée
d’un demi-tonneau de vin.
Nous
nous promenons aux alentours du restaurant qui fait partie de l’ancienne « Casa
de los marqueses de la Quinta Roja », aux façades terre de Sienne et aux
chaînages d’angle en lave noire, où se situe également l’hôtel « La Quinta Roja
» dont j’admire le patio intérieur. La dame à l’accueil me donne la carte
de cet établissement de rêve. Le palais,
dont l’origine remonte à la fin du seizième siècle, fut affecté par l’éruption
volcanique de 1706. Il doit son nom à Don Cristóbal de Ponte et Llanera,
premier marquis de la Quinta Roja, chevalier de l'ordre d'Alcántara, maire
d'Alguacil, descendant direct de don Cristóbal de Ponte, le banquier génois
fondateur de la ville. Plus loin, à proximité de l’Iglesia de Santa Ana, une
statue en bronze de Simón Bolívar, dont une partie de ses ancêtres est
originaire de Garachico, trône sur la plaza La libertad.
Autre
part, sur la calle el Sol, nous découvrons le restaurant « Candelaria La Cocinera
» qui propose des mets végétariens, dont des lasagnes d’aubergines. Soudain,
par les coulisses, nous entrons fortuitement dans le « Parque de la Puerta de
Tierra » qui se révèle être un petit paradis à la végétation luxuriante riche
d’espèces et de fleurs exotiques qui s'épanouissent pleinement. Le parc
pittoresque, étagé sur plusieurs niveaux, étoffé de séduisants chemins, murets,
escaliers et bancs en pierre, offre de franchir la porte en pierre qui donnait
naguère accès à l'ancien port de Garachico, prospère et florissant. Elle fut
malmenée lors de l’éruption volcanique. Le « Rincón de los poetas » [Coin pour
les poètes] permet aux rêves de fleurir par les mots et de répandre leur magie
sur les chemins du monde. Un buste avantageux de Cristóbal de Ponte, un homme
avisé et réfléchi, et la possible ancre du navire qui l’amena sur l’île,
participent à l’embellissement du parc dont l’entrée principale se fait sur la
plaza Juan González de la Torre, agrémentée d’un square planté de palmiers
autour d’un bassin central.
Après
la visite du parc, modeste par sa taille et resplendissant par sa diversité,
nous nous dirigeons vers le « Castillo de San Miguel ». Cette ancienne
forteresse militaire fut construite sur ordre de Philippe II d'Espagne pour
protéger Garachico des attaques de pirates quand la cité était encore la
capitale commerciale et le principal port de l'île de Tenerife. La jetée nous
attire par la présence de deux œuvres intrigantes. Je pense l’espace d’un
instant à celle de Trieste. Nous nous approchons des ornements de forme cubique
qui semblent avoir été réalisés en marbre blanc de Carrare. Une porte, que
j’apparente à celle des étoiles dans la série « Stargate », emporte ma
préférence. J’embarque pour une traversée spatiale l’espace d’une photo. Les
vagues se brisent sur les roches, des mouettes voltigent, une sensation
atemporelle s’empare de moi lors de la contemplation de ces œuvres dépouillées,
riches de leur simplicité.
Plus
tard, nous marchons dans la rue Pérez Zamora. Sur un mur blanc dont la peinture
s’effrite, une carte des îles Canaries en faïence usée par le temps, où celle
de Tenerife domine, entourée de blasons, invite à s’approcher. Plus avant, un
chat, dont le pelage me rappelle celui de Chouppette, se prélasse sur le capot
d’une voiture blanche. Nous suivons ensuite la calle Esteban de Ponte. Un
heurtoir en forme de botte noire se remarque sur une porte. De superbes balcons
en bois charment les regards. Des demeures joliment peintes qui côtoient des
masures rappellent l’impermanence de la vie. Nous atteignons la plaza Constanza
de Ponte, qui fait face à l’océan, où le « Monumento al Motín del Vino » révèle
sa présence énigmatique. On peut lire sur une plaque qu’une nuit de 1666 des
torrents de vin traversèrent Garachico. Nous longeons le littoral. Les vagues
agitées se couvrent d'écume quand elles s’élancent sur les roches volcaniques.
Nous atteignons la Marina de Garachico d’où nous pouvons photographier le
tunnel El Guincho. Une imposante demeure trône au milieu des plantations de
bananes qui côtoient l’Ermita de San Roque dont la construction fut liée à une
épidémie de peste bubonique qui dévasta Garachico au début du dix-septième
siècle.
Nous
revenons sur nos pas. Nous passons chez « Le Pâtissier », le paradis des
douceurs de Garachico, exploitée par Faustina et son mari, où j’achète une part
de gâteau moka à la crème au beurre et une boîte de trois barres, banane,
amande et chocolat, fabriquées sur l’île par Naturjube, une entreprise
familiale fondée par Juan et Benito ; jube est l’acronyme de Juan et Benito.
Nous retournons tranquillement au parking. Une brume épaisse commence à couvrir
les sommets qui dominent le village.
Nous
sommes de retour chez nous vers seize heures quarante-cinq. La voiture est garée en face du restaurant chinois Jardin de Oro. J’actualise le blog
avant une pause où je prends plaisir à siroter un cacao au lait de riz en
laissant fondre en bouche, entre les gorgées, un carreau de chocolat noir à
85%. Les photos sont chargées sur l’ordinateur. Celui de Patrick fait des
siennes. Il refuse de s’allumer. Il doit démonter le boitier inférieur pour
remédier au problème. J’admire ses capacités en informatique. Le blog est
actualisé. La narration de la journée commence. Lors du dîner, j’effectue une sauvegarde
des données de mon ordinateur. Je croque une pomme et je savoure la douceur de
Garachico avec des rondelles de banane. La soirée nous offre de retourner sur
le navire Star Trek Discovery où le tardigrade est libéré dans le vide cosmique…
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| Nous traversons la route pour admirer le « Roque de Garachico », une
roche née des coulées de lave basaltique |
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| « Aujourd'hui est un bon jour pour sourire » |
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| Une « azada » [houe] en bois clair, admirablement polie, l’ancêtre de la
charrue |
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| Bon appétit ! Merci beaucoup ! |
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| Nous nous partageons les asperges à la sauce au roquefort, l’assortiment
de champignons en sauce et les pommes de terre en robe des champs. |
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| Un couple asiatique déguste des tapas et sirote du café sur la terrasse
; la table ronde est constituée d’un demi-tonneau de vin |
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| l’hôtel « La Quinta Roja » dont j’admire le patio intérieur |
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| par les coulisses, nous entrons fortuitement dans le « Parque de la
Puerta de Tierra » |
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| la plaza Juan González de la Torre, agrémentée d’un square planté de
palmiers |
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| « Parque de la Puerta de Tierra » |
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| « Parque de la Puerta de Tierra » |
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| des ornements de forme cubique qui semblent avoir été réalisés en marbre
blanc de Carrare |
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| Patrick sur la jetée vers les œuvres en marbre
blanc de Carrare |
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| une carte des îles Canaries en faïence usée par le temps |
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| plaza Juan González de la Torre |
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| rue Pérez Zamora |
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| rue Pérez Zamora |
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| « Monumento al Motín del Vino » |
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| Une imposante demeure trône au milieu des plantations de bananes |
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| , à proximité de l’Iglesia de Santa Ana, une statue en bronze de Simón
Bolívar |
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| « Parque de la Puerta de Tierra » |
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| « Parque de la Puerta de Tierra » |
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| « Parque de la Puerta de Tierra » |
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| « Castillo de San Miguel ». |
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| Une porte, que j’apparente à celle des étoiles |
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| un chat, dont le pelage me rappelle celui de Chouppette |
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| Un heurtoir en forme de botte noire |
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| Les vagues agitées se couvrent d'écume quand elles s’élancent sur les
roches volcaniques |
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| Nous atteignons la Marina de Garachico d’où nous pouvons photographier
le tunnel El Guincho |
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