La
trame des rêves m’emporte à Jakarta… où
je reçois des nouvelles d’une amie perdue de vue il a quelques années, connue à
Rome lors d’un petit-déjeuner à l’hôtel Delta à proximité du Colisée. Yolanda
Kertayasa avait sympathisé avec Lucienne et moi lors de notre séjour dans la
ville éternelle au début des années quatre-vingt. À Jakarta, durant le rêve, depuis une passerelle d’un immeuble
d’entreprises, je bavarde avec Corine, une des serveuses du « Sunset » à
Genève. Lors de nos repas pris dans ce restaurant végétarien, elle projetait de
visiter New York avec son jeune fils et nos pourboires grossissaient sa
cagnotte. Corine m’adresse la parole depuis l’étage inférieur. Elle m’annonce
que Yolanda travaille encore et qu’elle va sur ses quatre-vingt-quinze
printemps. Étonnante magie des rêves qui mélangent les souvenirs sans se préoccuper
du facteur temporel…
À
sept heures vingt, le ciel se strie de filaments roses, tels des chemins
imaginaires dans le ciel bleu sombre. Les rites et le petit déjeuner se
succèdent. Le Soleil irradie la terre de ses rayons bienfaisants. Sur le balcon, je le salue avec émotion
devant les merveilles qu’il rend possibles. Des personnes bavardent devant la
chapelle dont la porte est ouverte. L’horloge du jour indique neuf heures
quarante-cinq quand je m’installe devant l’ordinateur. La narration de la
journée d’hier se poursuit. Je sirote une manzanilla en fin de matinée. Le blog
est actualisé.
Midi
sonne sans crier gare. Nous sortons de l’appartement pour partir en voiture.
Chez Disa, sur l’avenida Príncipe de España, Kevin arrondi à l’euro supérieur
le plein de super « Eco 95 » dont le prix du litre se monte à 0,899 centimes
d’euro, comme la fois précédente. Le plein d’un peu plus de quarante et un
litres revient à trente-sept euros. Mary Luis m’accueille à la caisse à midi
vingt. Patrick conduit jusqu’au centre commercial El Trompo à La Orotava. La
voiture est garée le long de la calle Molinos de Gofio, devant le magasin Leroy
Merlin. Nous flânons dans les allées du magasin Rocasa avant d’aller déjeuner,
le restaurant n’ouvrant qu’à treize heures. Les innombrables articles pour
l’équipement de la maison montrent leur spécificité attrayante. Davinia
encaisse le montant de nos emplettes ; une « cepillo calzado » [broche à
chaussures] à deux euros et un cuchillo [couteau] au manche rouge, avec son
protège-lame, à soixante centimes d’euro. Beatríz nous accueille chez Fooster’s
Hollywood. J’opte pour une nouveauté au menu, un « Fried Mac Cheese ». Patrick
choisit un « Veggie burger ». Je découvre les croquettes, panées à la farine de
maïs, garnies de morceaux de macaronis au fromage à la crème, disposées en
enfilade sur un lit de sauce à la tomate et au basilic, dans un plat noir tout
en longueur. Les six croquettes, saupoudrées de fromage Parmigiano Reggiano
râpé, se montrent des plus délicieuses. Je les savoure par petites bouchées,
intercalées de gorgées de manzanilla. Patrick apprécie son mets avec de l’eau
gazeuse Fuenteror.
Après
le repas, nous reprenons la route pour nous rendre chez Hertz à l’aéroport de
Tenerife Norte. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons sur le site.
De jour, la topographie du lieu se montre tout autre que lors de notre arrivée
de nuit sur l’île. L’accès à l’aéroport, qui longe la route TF 5, nous paraît
aujourd’hui pratique et simple. Le parking du loueur se situe à trois minutes
de la sortie numéro onze. Le visage de Montse s’illumine d’un sourire quand
elle reconnaît nos visages. À quatorze heures quarante, nous validons le second
paiement pour la prolongation de la location de la voiture. Montse nous retient
pour nous parler du carnaval à Santa Cruz. Elle nous procure une brochure avec
le programme détaillé tout en entourant au stylo-bille bleu ce qu’elle nous
conseille de découvrir. Nous apprécions pleinement sa sympathie chaleureuse à
notre égard. Nous nous séparons avec de larges sourires. Je prends le volant
pour revenir à Icod. Une cinquantaine de minutes plus tard, la voiture est
garée le long de la calle Fray Cristóbal Oramas, lieu de notre stationnement
quand les places les plus près de chez nous sont occupées. En cheminant dans la
descente, Patrick me montre un terrain grillagé planté d’avocatiers. Il discerne
des fruits verts qui se confondent avec le feuillage. La nature montre une fois
de plus sa générosité.
À
quinze heures cinquante, j’œuvre sur l’ordinateur. Les messageries sont
consultées. Une réponse est envoyée à Élise. Sur le site du granddebat.fr, je
réponds aux questions rapides et je commence à écrire sur les quatre listes de
propositions. La pause-détente suspend mon ouvrage. Nous allons nous promener
vers le centre-ville. Patrick admire un heurtoir en forme de tête de lion sur
une vieille porte en bois brun rainurée de noir. Sur la place Andrés, assis sur
un banc, un couple aux jambes croisées se tient par l’épaule. Sur un autre
banc, un autre couple, habillé de vêtements sombres, se désaltère. Un sac à dos
est posé sur les genoux de l’homme qui porte des lunettes comme sa compagne. Je
prends quelques photos. Les trompettes blanc rosé se rappellent à l’objectif.
En contrebas de la place, des stands commencent à être installés le long de
l’avenida de Canarias. Des sonorités musicales se laissent entendre depuis un
podium en cours d’installation. Deux garçons bavardent assis au centre de la
pergola. Le chambranle de l’entrée de la Casa del Drago montre une ravissante décoration
de fleurs et de ballons colorés. Les aiguilles de l’horloge du campanile blanc
de l’église San Marcos indiquent dix-huit heures vingt. En quittant la place,
nous achetons chez Lekkery deux gros croissants nature pour le dîner, à un euro
l’unité. La dame assise, dont la présence devient familière le long de notre
promenade, est vêtue tout en rouge aujourd’hui. Nous sommes de retour chez nous
avant dix-neuf heures, une fois un régime de bananes acheté à Monsieur Virce.
Je reprends mes écrits sur le site du Grand débat avant le repas. Les nuées
effilochées s’auréolent de nuances de rouge à la nuit tombante.
Lors
du dîner, une fois la pomme croquée, je savoure un croissant tartiné de beurre
crémeux avec des rondelles de banane. Une barre El Almendro termine le repas. Durant
la soirée, je retrouve Sophie qui fausse compagnie à ses deux agresseurs en
s’enfuyant à travers champs en direction d’une ferme de ses connaissances. Elle
se rend ensuite, saine et sauve, à la maison familiale où sa mère l’accueille. Le
kindle est éteint pour regarder le dernier épisode de la saison une de Star
Trek Discovery qui offre d’assister à la fin de la guerre avec les Klingons.
Ils sauvent leur planète mère grâce à la volonté de Michael et de la klingonne
L'Rell. La voix off de Michael accompagne
l’intrigue finale où les valeurs de la Fédération deviennent l’instrument de la
paix. Le parcours de Stamets et la mort de son mari occupent mes pensées…
Second appareil photo :




