jeudi 28 février 2019

Hertz – Grand débat…


     La trame des rêves m’emporte à Jakarta… où je reçois des nouvelles d’une amie perdue de vue il a quelques années, connue à Rome lors d’un petit-déjeuner à l’hôtel Delta à proximité du Colisée. Yolanda Kertayasa avait sympathisé avec Lucienne et moi lors de notre séjour dans la ville éternelle au début des années quatre-vingt. À Jakarta, durant le rêve, depuis une passerelle d’un immeuble d’entreprises, je bavarde avec Corine, une des serveuses du « Sunset » à Genève. Lors de nos repas pris dans ce restaurant végétarien, elle projetait de visiter New York avec son jeune fils et nos pourboires grossissaient sa cagnotte. Corine m’adresse la parole depuis l’étage inférieur. Elle m’annonce que Yolanda travaille encore et qu’elle va sur ses quatre-vingt-quinze printemps. Étonnante magie des rêves qui mélangent les souvenirs sans se préoccuper du facteur temporel…

            À sept heures vingt, le ciel se strie de filaments roses, tels des chemins imaginaires dans le ciel bleu sombre. Les rites et le petit déjeuner se succèdent. Le Soleil irradie la terre de ses rayons bienfaisants.  Sur le balcon, je le salue avec émotion devant les merveilles qu’il rend possibles. Des personnes bavardent devant la chapelle dont la porte est ouverte. L’horloge du jour indique neuf heures quarante-cinq quand je m’installe devant l’ordinateur. La narration de la journée d’hier se poursuit. Je sirote une manzanilla en fin de matinée. Le blog est actualisé.

            Midi sonne sans crier gare. Nous sortons de l’appartement pour partir en voiture. Chez Disa, sur l’avenida Príncipe de España, Kevin arrondi à l’euro supérieur le plein de super « Eco 95 » dont le prix du litre se monte à 0,899 centimes d’euro, comme la fois précédente. Le plein d’un peu plus de quarante et un litres revient à trente-sept euros. Mary Luis m’accueille à la caisse à midi vingt. Patrick conduit jusqu’au centre commercial El Trompo à La Orotava. La voiture est garée le long de la calle Molinos de Gofio, devant le magasin Leroy Merlin. Nous flânons dans les allées du magasin Rocasa avant d’aller déjeuner, le restaurant n’ouvrant qu’à treize heures. Les innombrables articles pour l’équipement de la maison montrent leur spécificité attrayante. Davinia encaisse le montant de nos emplettes ; une « cepillo calzado » [broche à chaussures] à deux euros et un cuchillo [couteau] au manche rouge, avec son protège-lame, à soixante centimes d’euro. Beatríz nous accueille chez Fooster’s Hollywood. J’opte pour une nouveauté au menu, un « Fried Mac Cheese ». Patrick choisit un « Veggie burger ». Je découvre les croquettes, panées à la farine de maïs, garnies de morceaux de macaronis au fromage à la crème, disposées en enfilade sur un lit de sauce à la tomate et au basilic, dans un plat noir tout en longueur. Les six croquettes, saupoudrées de fromage Parmigiano Reggiano râpé, se montrent des plus délicieuses. Je les savoure par petites bouchées, intercalées de gorgées de manzanilla. Patrick apprécie son mets avec de l’eau gazeuse Fuenteror.

            Après le repas, nous reprenons la route pour nous rendre chez Hertz à l’aéroport de Tenerife Norte. Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons sur le site. De jour, la topographie du lieu se montre tout autre que lors de notre arrivée de nuit sur l’île. L’accès à l’aéroport, qui longe la route TF 5, nous paraît aujourd’hui pratique et simple. Le parking du loueur se situe à trois minutes de la sortie numéro onze. Le visage de Montse s’illumine d’un sourire quand elle reconnaît nos visages. À quatorze heures quarante, nous validons le second paiement pour la prolongation de la location de la voiture. Montse nous retient pour nous parler du carnaval à Santa Cruz. Elle nous procure une brochure avec le programme détaillé tout en entourant au stylo-bille bleu ce qu’elle nous conseille de découvrir. Nous apprécions pleinement sa sympathie chaleureuse à notre égard. Nous nous séparons avec de larges sourires. Je prends le volant pour revenir à Icod. Une cinquantaine de minutes plus tard, la voiture est garée le long de la calle Fray Cristóbal Oramas, lieu de notre stationnement quand les places les plus près de chez nous sont occupées. En cheminant dans la descente, Patrick me montre un terrain grillagé planté d’avocatiers. Il discerne des fruits verts qui se confondent avec le feuillage. La nature montre une fois de plus sa générosité.

            À quinze heures cinquante, j’œuvre sur l’ordinateur. Les messageries sont consultées. Une réponse est envoyée à Élise. Sur le site du granddebat.fr, je réponds aux questions rapides et je commence à écrire sur les quatre listes de propositions. La pause-détente suspend mon ouvrage. Nous allons nous promener vers le centre-ville. Patrick admire un heurtoir en forme de tête de lion sur une vieille porte en bois brun rainurée de noir. Sur la place Andrés, assis sur un banc, un couple aux jambes croisées se tient par l’épaule. Sur un autre banc, un autre couple, habillé de vêtements sombres, se désaltère. Un sac à dos est posé sur les genoux de l’homme qui porte des lunettes comme sa compagne. Je prends quelques photos. Les trompettes blanc rosé se rappellent à l’objectif. En contrebas de la place, des stands commencent à être installés le long de l’avenida de Canarias. Des sonorités musicales se laissent entendre depuis un podium en cours d’installation. Deux garçons bavardent assis au centre de la pergola. Le chambranle de l’entrée de la Casa del Drago montre une ravissante décoration de fleurs et de ballons colorés. Les aiguilles de l’horloge du campanile blanc de l’église San Marcos indiquent dix-huit heures vingt. En quittant la place, nous achetons chez Lekkery deux gros croissants nature pour le dîner, à un euro l’unité. La dame assise, dont la présence devient familière le long de notre promenade, est vêtue tout en rouge aujourd’hui. Nous sommes de retour chez nous avant dix-neuf heures, une fois un régime de bananes acheté à Monsieur Virce. Je reprends mes écrits sur le site du Grand débat avant le repas. Les nuées effilochées s’auréolent de nuances de rouge à la nuit tombante.

            Lors du dîner, une fois la pomme croquée, je savoure un croissant tartiné de beurre crémeux avec des rondelles de banane. Une barre El Almendro termine le repas. Durant la soirée, je retrouve Sophie qui fausse compagnie à ses deux agresseurs en s’enfuyant à travers champs en direction d’une ferme de ses connaissances. Elle se rend ensuite, saine et sauve, à la maison familiale où sa mère l’accueille. Le kindle est éteint pour regarder le dernier épisode de la saison une de Star Trek Discovery qui offre d’assister à la fin de la guerre avec les Klingons. Ils sauvent leur planète mère grâce à la volonté de Michael et de la klingonne L'Rell.  La voix off de Michael accompagne l’intrigue finale où les valeurs de la Fédération deviennent l’instrument de la paix. Le parcours de Stamets et la mort de son mari occupent mes pensées…




























                                 Second appareil photo :







Bon Anniversaire Daniel


mercredi 27 février 2019

Robert Marceau est mort…


    J’apprécie les instants matinaux sur le balcon. Le Soleil resplendit avec ardeur au travers de la voûte céleste d’un bleu lumineux. Un jeune homme, habillé en jaune fluo et bleu, arpente la rue avec une pelle à poussière et un long balai pour nettoyer la voirie avec une certaine poésie. Je l’imagine libre dans ses pensées et je le sens décontracté dans ses mouvements que j’apparente à une légère danse. Les aiguilles, dans une autre danse, survolent les dix heures quand je commence à œuvrer sur l’ordinateur.

            À onze heures, un sms de Yves nous informe de la mort de Robert Marceau. Nous avons vécu une belle croisière avec Robert et Nicole sur le navire Costa Concordia en novembre décembre 2006 pour fêter leurs soixante ans, le couple étant venu au monde la même année. Nous sommes sous le choc de cette nouvelle. À midi moins le quart, grâce à la magie de la toile Internet, nous envoyons par le biais du site Entrefleuristes.com un bouquet rond de fleurs Rosaria à Nicole avec le message : « Bonjour Nicole et famille, Yves nous informe par sms de la mort de Robert. Nous avons le cœur serré à Tenerife. Nous repensons à la croisière avec vous deux sur le Costa Concordia. Bisous. André et Patrick ». Nos voisins avaient quitté Cranves-Sales au début de l’été 2014 pour s’installer à Saint-Pierre-en-Faucigny. Nous avions déjeuné dans leur nouveau chez-eux le jeudi 11 juin de l’année suivante. Je sirote une manzanilla.

            Nous déjeunons dans l’appartement après quelques courses chez Virce et à la boulangerie. Une chayotte et une tomate bien mûres sont savourées avec du pain complet, acheté à trente centimes d’euro, tartiné de beurre crémeux. Du fromage et des chips participent au repas. La narration de la journée d’hier se poursuit ensuite avec d’intéressantes échappées sur les routes du web. Vers seize heures, la fin du récit approchant, je publie sur le blog la chanson « Echoes in Rain» de Enya, avec le concours de Patrick. Cinq minutes avant dix-sept heures, le blog est actualisé ; je clique sur l’icône « Publier ». Avant la pause-détente, nous effectuons une réservation sur le web. Tout en avalant par petites gorgées le cacao au lait de riz, je laisse fondre en bouche trois petits bonbons de chocolat «  Creminos Noir 70% », de la marque Trapa, enveloppés dans leur papillote, achetés ce matin chez Monsieur Virce. La société espagnole Trapa, sensible à la déforestation et à ses conséquences, a éliminé l'huile de palme de ses chocolats.

            Nous allons nous promener. Sur la plaza Andrés, les trompettes des daturas suaveolens, au blanc à peine rosé, semblent avoir augmenté leur volume. Nous contemplons le volcan Teide. Les nuages défilent lentement devant le sommet. Patrick parvient à prendre une photo quand le cône volcanique devient visible. Le groupe d’oiseaux qui effectuait un ballet aérien le 18 février est de retour. Les volatiles tourbillonnent à nouveau, dans le même espace, dans une chorégraphie similaire. Je suis impressionné. Une fourgonnette blanche est stationnée sur le parvis de l’église. Je lis sur la carrosserie : Las Canteras, Panaderia, Barrio San Bernardo 13 à Los Silos, Tenerife. Le numéro de téléphone est ajouté sous l’adresse indiquée sur la portière. Des cartes postales sont achetées chez Arte Ycodem vers dix-huit heures trente. Patrick s’arrête pour photographier un ancien heurtoir en fer sur une porte en bois mauve à la peinture qui commence à s’écailler ; je reviens sur mes pas quand je m’aperçois que je l’ai distancé. Nous craquons chez Lekkery pour deux mille feuilles nappés de chocolat de belles proportions. Les deux dernières douceurs sont choisies juste après nous par un jeune couple qui va les savourer à une des tables avec une boisson. À côté de la pâtisserie salon de thé, j’entre chez Ale-Hop où je me laisse tenter par une « bufanda » [longue et large écharpe] en tissu polyester marron, beige et rose, à six euros. En sortant, je la glisse sur mes épaules pour pallier le souffle d’Éole qui rafraîchit la température de vingt degrés, lue quelque part par Patrick. Deux bambins, habillés en tenue de carnaval, descendent précipitamment la rue depuis la mairie, en courant et en riant. Plus avant vers chez nous, la dame, qui s’assied régulièrement sur le trottoir élevé d’un commerce, est présente à nouveau ce soir. Elle porte un pantalon bleu roi et un chandail rouge, un sac blanc en bandoulière. Je la salue à notre retour. Elle me regarde sans répondre comme si elle était ailleurs. Quelques pas plus loin, je souris à une autre dame en lui disant « Hola », elle me répond « Adios » en me rendant mon sourire.

            Nous sommes de retour chez nous une dizaine de minutes avant dix-neuf heures. J’envoie une réponse au mail de Yves. J’œuvre sur l’ordinateur avant le dîner. Nous savourons les mille feuilles. J’accompagne la douceur de rondelles de banane. Durant la soirée, je rejoins Sophie dans son univers qui marche sur le causse pour rendre une visite dans son village natal. Soudain, elle est abordée par deux hommes…  Plus tard, les aventures de Josh, tragicomiques ce soir, se poursuivent avec de l'absurdité dans le premier épisode et se déroulent avec brio dans le suivant, qui atteint son apogée sur la grande roue de Melbourne. Une vue panoramique de la capitale de l'État de Victoria s’offre à nous au travers des péripéties verbales des protagonistes qui racontent leurs états d’âme dans une des vingt cabines climatisées en forme de grosse bulle de la roue, tout en dévoilant par des chassés-croisés désopilants et inénarrables des confidences, voire des secrets que la religion catholique nommerait « mensonges par omission ». Les jeunes gens pratiquent avec panache l'empathie et l'art du compromis dans leurs vibrants « aveux » parfois contradictoires, à la fois hilarants et subtils. La grande roue, la plus grande de l’hémisphère sud, dresse sa silhouette à cent vingt mètres dans le ciel de Melbourne…

 









  

                               Second appareil photo :







 

La grande roue dans le ciel de Melbourne.