Lors
du petit déjeuner, Patrick termine la lecture du livre sur les Guanches pendant
que je mastique les oléagineux. Durant le yoga des yeux sur le balcon, un épais
manteau nuageux cache le soleil. Une panne de courant se produit vers dix
heures. Je poursuis la narration de la journée d’hier. L’électricité est
rétablie une quinzaine de minutes plus tard. Patrick nettoie les sols de la
cuisine. Les photos sélectionnées pour le blog sont réduites à 800x600 pixels.
En
fin de matinée, nous sortons acheter un pain aux céréales et graines chez
Altesa à côté de chez nous. Au bas de la rue, le nombre des taxis blancs présents à la
station se montre conséquent. Nous glissons des cartes postales dans la boîte
circulaire jaune. L’approvisionnement de la boulangerie est à son maximum
aujourd’hui ; les présentoirs regorgent de « tentations ». Nous déjeunons dans
l’appartement. Je savoure la chair du gros avocat, acheté chez Virce, avec du
pain et des chips.
Après
le repas, nous nous rendons au « Museo Guanche ». Nous déposons un sac
d’ordures ménagères dans le container à déchets de la rue. En chemin, j’achète
à la « Libreria papeleria Gonzalina », sur la calle San Agustín, une superbe
carte aux nuances de mauve décorée de papillons. Nous atteignons le « Centro
Comercial La Magalona » qui abrite le musée. À quatorze heures vingt, nous
acquittons à Mary, une charmante jeune fille, les douze euros pour les deux
billets d’entrée. Tel un dédale mi-obscur, nous suivons un circuit qui nous
emporte dans le passé des Guanches au travers de personnages en cire qui
animent des tableaux représentants la vie des aborigènes de l'île de Tenerife
avant l’arrivée des Castillans. Les Autochtones, peut-être d'origine berbère,
habillés de vêtements en peau de chèvre ou en fibres textiles de leur
fabrication, ressemblaient aux Castillans. Les Guanches appréciaient les
bijoux, les colliers en bois, en pierre ou en coquillages ; nous découvrons des
modèles exposés dans des vitrines. Patrick photographie une sculpture de
l’idole « Tara », une icône anthropomorphique féminine de la fertilité qui
souligne les attributs sexuels en montrant les seins généreux, les fesses
volumineuses et la vulve opulente. Devant une jeune fille assise sur son talon
gauche avec une grosse cruche en terre cuite dans les bras, une information
précise que les femmes jouaient un rôle important dans la communauté, notamment
en période de luttes guerrières. Nous passons devant un « Tagoror », une petite
agora cerclée de grosses pierres plates où prenaient place les Aînés et les Chefs.
Les séances, présidées par un Guañameñe, offraient de se consulter, de discuter
et de prendre des décisions pour le bien des membres des communautés. Une carte
de Tenerife nous indique que l’île était composée de neuf royaumes [Menceyes].
Tinerfe le Grand, souverain absolu à la fin du quatorzième siècle, divisa l’île
en neuf royaumes qu’il attribua à ses fils. Pelicar fut nommé Roi de Icod. Nous
rencontrons des « Guañameñe », ces mystiques influents de haut rang, riches de
grandes connaissances et de traditions orales, clairvoyants, qui furent les
conseillers spirituels des rois. L’un d’entre eux aurait prédit au roi Bencomo
l’arrivée des Castillans par la mer sur de grands oiseaux aux ailes blanches.
Plus
avant, nous arrivons vers les tombes des momies. À l’image de l’Égypte
ancienne, la momification, réservée aux personnages de haut rang, servait à
préserver le corps en harmonie avec les croyances des Guanches. Seuls les
« Achicasnai » procédaient au « Mirlado », au processus d’embaumement. Ils
éviscéraient les corps et les remplissaient de substances naturelles, préparées
par les « Iboibos », pour les préserver, tels du saindoux, de la bruyère, de la
sève de pin ou d’autres plantes aromatiques. Ensuite, les corps transformés
[mirlados] étaient séchés au soleil avant d’être enveloppés dans des peaux de
chèvre et entourés étroitement de lanières en cuir. Les Guanches appelèrent ces
défunts embaumés des « Xaxos » ; un mot qui signifiait maigre ou séché. Le Xaxo
était déposé sur un lit de bois et de branches dans une grotte isolée dont
l’entrée était scellée avec des pierres pour la protéger des intempéries et des
animaux.
Quand
les Castillans débarquèrent sur l’île de Tenerife, quelque soixante mille
personnes vivaient dans des grottes ou des huttes, entourées de chèvres et de
moutons, qu’elles déplaçaient au rythme des saisons. Outre les fruits, les
baies recueillies et les ressources marines, l’aliment principal des Guanches
était l’« ahoren » [gofio], composé de céréales, torréfiées et
moulues, mélangées avec de l’eau, du lait ou du saindoux. Les méandres du circuit
aboutissent dans une boutique de souvenirs. Je feuillette un livret sur les
recettes de mojos. Je m’attarde sur celle à la coriandre. Nous achetons deux
barres à base de gofio et un petit pot de marmelade de banane des îles. En
sortant du musée, nous nous dirigeons chez Dino où j’achète des myrtilles.
Nous
sommes de retour chez nous après quinze heures trente. La page d’hier est
actualisée sur le blog. Les dix-sept heures passent. Les photos sont chargées
sur l’ordinateur et la narration du jour commence. L’ouvrage est ponctué d’une
pause où je sirote un cacao au lait de
riz « Yosoy » à la noisette avec un carreau de chocolat noir. Je prends plaisir
à traduire les informations en anglais affichées dans le musée, photographiées
durant la visite.
Lors
du dîner, la musique « Lumière sur le chemin » de Michel Pépé, diffusée via
l’iPad, baigne l’ouïe de douceur. Nous nous partageons la dernière barre à la
banane partagée. Un temps de lecture sur le Kindle, une détente au « paradis »
avec la série « The Good Place » et un farniente en amoureux sur la canapé
embellissent la soirée…
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| Nous glissons des cartes postales dans la boîte circulaire jaune |
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| Au bas de la rue, le nombre des taxis présents à la station se montre
conséquent |
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| les présentoirs regorgent de « tentations » |
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| pain aux céréales et graines chez Altesa |
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| Nous déjeunons dans l’appartement |
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| Nous déposons un sac d’ordures ménagères dans le container à déchets de
la rue |
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| « Libreria papeleria Gonzalina », sur la calle San Agustín |
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| une superbe carte aux nuances de mauve décorée de papillons |
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| Les Guanches appréciaient les bijoux, les colliers en bois, en pierre ou
en coquillages |
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| jeune fille assise sur son talon gauche avec une grosse cruche en terre
cuite dans les bras |
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| un « Tagoror », une petite agora cerclée de grosses pierres plates où
prenaient place les Aînés et les Chefs |
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| l’idole « Tara », une icône anthropomorphique féminine de la fertilité |
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| Une carte de Tenerife nous indique que l’île était composée de neuf
royaumes [Menceyes] |
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| Seuls les « Achicasnai » procédaient au « Mirlado », au processus
d’embaumement |
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| Ensuite, les corps transformés [mirlados] étaient séchés au soleil avant
d’être enveloppés dans des peaux de chèvre et entourés étroitement de lanières
en cuir |
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| livret sur les recettes de mojos |
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| petit pot de marmelade de banane des îles |
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