jeudi 24 janvier 2019

Les Guanches…

            Lors du petit déjeuner, Patrick termine la lecture du livre sur les Guanches pendant que je mastique les oléagineux. Durant le yoga des yeux sur le balcon, un épais manteau nuageux cache le soleil. Une panne de courant se produit vers dix heures. Je poursuis la narration de la journée d’hier. L’électricité est rétablie une quinzaine de minutes plus tard. Patrick nettoie les sols de la cuisine. Les photos sélectionnées pour le blog sont réduites à 800x600 pixels.

            En fin de matinée, nous sortons acheter un pain aux céréales et graines chez Altesa à côté de chez nous. Au bas de la rue, le nombre des taxis blancs présents à la station se montre conséquent. Nous glissons des cartes postales dans la boîte circulaire jaune. L’approvisionnement de la boulangerie est à son maximum aujourd’hui ; les présentoirs regorgent de « tentations ». Nous déjeunons dans l’appartement. Je savoure la chair du gros avocat, acheté chez Virce, avec du pain et des chips.

            Après le repas, nous nous rendons au « Museo Guanche ». Nous déposons un sac d’ordures ménagères dans le container à déchets de la rue. En chemin, j’achète à la « Libreria papeleria Gonzalina », sur la calle San Agustín, une superbe carte aux nuances de mauve décorée de papillons. Nous atteignons le « Centro Comercial La Magalona » qui abrite le musée. À quatorze heures vingt, nous acquittons à Mary, une charmante jeune fille, les douze euros pour les deux billets d’entrée. Tel un dédale mi-obscur, nous suivons un circuit qui nous emporte dans le passé des Guanches au travers de personnages en cire qui animent des tableaux représentants la vie des aborigènes de l'île de Tenerife avant l’arrivée des Castillans. Les Autochtones, peut-être d'origine berbère, habillés de vêtements en peau de chèvre ou en fibres textiles de leur fabrication, ressemblaient aux Castillans. Les Guanches appréciaient les bijoux, les colliers en bois, en pierre ou en coquillages ; nous découvrons des modèles exposés dans des vitrines. Patrick photographie une sculpture de l’idole « Tara », une icône anthropomorphique féminine de la fertilité qui souligne les attributs sexuels en montrant les seins généreux, les fesses volumineuses et la vulve opulente. Devant une jeune fille assise sur son talon gauche avec une grosse cruche en terre cuite dans les bras, une information précise que les femmes jouaient un rôle important dans la communauté, notamment en période de luttes guerrières. Nous passons devant un « Tagoror », une petite agora cerclée de grosses pierres plates où prenaient place les Aînés et les Chefs. Les séances, présidées par un Guañameñe, offraient de se consulter, de discuter et de prendre des décisions pour le bien des membres des communautés. Une carte de Tenerife nous indique que l’île était composée de neuf royaumes [Menceyes]. Tinerfe le Grand, souverain absolu à la fin du quatorzième siècle, divisa l’île en neuf royaumes qu’il attribua à ses fils. Pelicar fut nommé Roi de Icod. Nous rencontrons des « Guañameñe », ces mystiques influents de haut rang, riches de grandes connaissances et de traditions orales, clairvoyants, qui furent les conseillers spirituels des rois. L’un d’entre eux aurait prédit au roi Bencomo l’arrivée des Castillans par la mer sur de grands oiseaux aux ailes blanches.

            Plus avant, nous arrivons vers les tombes des momies. À l’image de l’Égypte ancienne, la momification, réservée aux personnages de haut rang, servait à préserver le corps en harmonie avec les croyances des Guanches. Seuls les « Achicasnai » procédaient au « Mirlado », au processus d’embaumement. Ils éviscéraient les corps et les remplissaient de substances naturelles, préparées par les « Iboibos », pour les préserver, tels du saindoux, de la bruyère, de la sève de pin ou d’autres plantes aromatiques. Ensuite, les corps transformés [mirlados] étaient séchés au soleil avant d’être enveloppés dans des peaux de chèvre et entourés étroitement de lanières en cuir. Les Guanches appelèrent ces défunts embaumés des « Xaxos » ; un mot qui signifiait maigre ou séché. Le Xaxo était déposé sur un lit de bois et de branches dans une grotte isolée dont l’entrée était scellée avec des pierres pour la protéger des intempéries et des animaux.

            Quand les Castillans débarquèrent sur l’île de Tenerife, quelque soixante mille personnes vivaient dans des grottes ou des huttes, entourées de chèvres et de moutons, qu’elles déplaçaient au rythme des saisons. Outre les fruits, les baies recueillies et les ressources marines, l’aliment principal des Guanches était l’« ahoren » [gofio], composé de céréales, torréfiées et moulues, mélangées avec de l’eau, du lait ou du saindoux. Les méandres du circuit aboutissent dans une boutique de souvenirs. Je feuillette un livret sur les recettes de mojos. Je m’attarde sur celle à la coriandre. Nous achetons deux barres à base de gofio et un petit pot de marmelade de banane des îles. En sortant du musée, nous nous dirigeons chez Dino où j’achète des myrtilles.

            Nous sommes de retour chez nous après quinze heures trente. La page d’hier est actualisée sur le blog. Les dix-sept heures passent. Les photos sont chargées sur l’ordinateur et la narration du jour commence. L’ouvrage est ponctué d’une pause où  je sirote un cacao au lait de riz « Yosoy » à la noisette avec un carreau de chocolat noir. Je prends plaisir à traduire les informations en anglais affichées dans le musée, photographiées durant la visite.

            Lors du dîner, la musique « Lumière sur le chemin » de Michel Pépé, diffusée via l’iPad, baigne l’ouïe de douceur. Nous nous partageons la dernière barre à la banane partagée. Un temps de lecture sur le Kindle, une détente au « paradis » avec la série « The Good Place » et un farniente en amoureux sur la canapé embellissent la soirée…

Nous glissons des cartes postales dans la boîte circulaire jaune

Au bas de la rue, le nombre des taxis présents à la station se montre conséquent

les présentoirs regorgent de « tentations »
 
pain aux céréales et graines chez Altesa 

Nous déjeunons dans l’appartement

Nous déposons un sac d’ordures ménagères dans le container à déchets de la rue

« Libreria papeleria Gonzalina », sur la calle San Agustín



 

une superbe carte aux nuances de mauve décorée de papillons






Les Guanches appréciaient les bijoux, les colliers en bois, en pierre ou en coquillages

jeune fille assise sur son talon gauche avec une grosse cruche en terre cuite dans les bras

un « Tagoror », une petite agora cerclée de grosses pierres plates où prenaient place les Aînés et les Chefs

l’idole « Tara », une icône anthropomorphique féminine de la fertilité



Une carte de Tenerife nous indique que l’île était composée de neuf royaumes [Menceyes]

Seuls les « Achicasnai » procédaient au « Mirlado », au processus d’embaumement

Ensuite, les corps transformés [mirlados] étaient séchés au soleil avant d’être enveloppés dans des peaux de chèvre et entourés étroitement de lanières en cuir

livret sur les recettes de mojos

petit pot de marmelade de banane des îles


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