lundi 21 janvier 2019

Mariposas à Icod…

            Midi sonne au clocher. Nous allons effectuer des courses sur la calle Francisco Miranda. Dans le paysage des poules picorent en contrebas de l’avenida 25 de Abril ; un coq chante. À treize heures, nous pique-niquons comme hier. Après le repas, nous nous rendons au centre-ville. La carte d’anniversaire de Myriam et des cartes postales sont glissées par Patrick dans la boîte Correos au bas de la rue, à côté de la station de taxis. Vers quatorze heures quinze, nous atteignons un site réputé d’Icod, la « Mariposario del Drago » sur l’avenida de Canarias, proche du Drago milenario.

            Laura nous accueille. Nous réglons dix-sept euros pour les deux billets d’entrée. Un prospectus en français nous est remis avec le sourire. Nous pénétrons dans une vaste serre dont l’entrée est équipée de lames verticales en plastique pour éviter de faire sortir les lépidoptères. Une vue en hauteur nous offre d’embrasser le panorama luxuriant, une vallée de verdure, de plantes et de fleurs où volent en toute liberté les quelque huit cents papillons [mariposas] exotiques du monde entier. Une pièce d’eau et un pont en bois se dessinent au cœur de ce lieu de vie foisonnante. Nous descendons une rampe inclinée et nous nous promenons.

            Des informations concernant la naissance et la reproduction des papillons sont présentées sur des supports aux murs. Telle l'ambassadrice Delenn dans son cocon sur Babylon 5, les insectes aux ailes couvertes de minuscules écailles subissent une métamorphose fabuleuse ;  de larve (chenille), ils deviennent nymphe (chrysalide) par la magie de la vie. Ces créatures diaphanes, plus d’une centaine d’espèces différentes, vivent en moyenne deux à trois semaines dans le « Maryposium  »… avant de mourir naturellement. Une grande partie de ces papillons se reproduit dans la végétation luxuriante du jardin dans un environnement identique au milieu naturel, avec 80° d’humidité et une température oscillant entre 24 et 29° Celsius. Les étapes de leur fascinant cycle biologique se dévoilent dans la maternité de la serre. Nous regardons des chenilles et des chrysalides verticales, venues parfois de très loin, placées dans des cases à éclosion, qui sont contrôlées en permanence. Une employée est présente, car chaque jour de nouveaux papillons naissent sous ses yeux. Une ferme entomologique et biologique, située dans le nord de Tenerife, au climat tempéré, permet d’élever des papillons toute l’année. Ils croissent dans des conditions optimums. Le centre enfante annuellement plus de trente mille cocons dont la plupart sont destinés à la « Mariposario del Drago » et à celle de Benalmadena. Les autres sont répartis dans d’autres parcs en Espagne et dans le reste de l’Europe.

            Nous prenons le temps de flâner dans les allées où les papillons se partagent la vedette avec les superbes plantes riches en nectar pour leur subsistance. Des plantes hôtes spécifiques pour la reproduction côtoient des plantes d’ornement, choisies pour leur rareté et leur beauté. Les gracieux volatiles volettent sans se préoccuper des Humains qui les mitraillent avec leur appareil photo et smartphones. Une musique douce, diffusée en permanence, favorise la sensation de beauté et de quiétude. Nous nous attardons deci delà pour percevoir sur les végétaux les papillons en repos. Les écailles de leurs ailes participent à leur individualité en dévoilant des motifs et des couleurs propres à chacune des innombrables espèces créées par la vie. Un papillon noir et rouge sur une fleur vermeille en forme de pompon ébouriffé aspire le nectar. Un autre se pose délicatement sur une branche jaune. Un autre, en apesanteur sur une feuille verte nervurée de jaune, aux ailes hyalines bordées de brun, nous permet de discerner nettement ses veines. Un superbe hibiscus jaune attire mon regard. Un Monarque, une espèce très connue, se repose au cœur d’un végétal aux feuilles vertes en lanières. Un lis blanc en guirlande parsemé de nuances pourpre et une cañagria rouge se laissent admirer. Un papillon aux ailes translucides se prend pour un colibri. Un papillon majoritairement noir se prélasse sur une orchidée blanche. Un papillon aux écailles vert et noir semble être mort sur une coupelle d’aliments sucrés. Un autre, ressemblant à une tapisserie, immobilisé sous une feuille, est-il vivant ? De superbes papillons aux écailles bleues cernées de noir voltigent sans se poser, contrairement aux papillons de nuit, utilisés pour la production de soie, endormis sur des écorces. Éphémères, ces papillons de nuit, privés d’organe digestif, vivent quatre à six jours. Un « Papilio lowii », au « design » noir et blanc très élaboré, tourbillonne et finit par se poser pour une photo. Nous sortons du Mariposario, après quinze heures, les yeux, emplis de beauté et de magie.

            Un peu avant seize heures, nous sommes de retour chez nous, le cœur léger, pour vivre tranquillement la suite de l’après-midi. Le blog est actualisé avant la pause de dix-sept heures trente. Le cacao au lait de riz est délayé sur la plaque à induction avec une demi-barre pour chocolat chaud « La Legalidad », fabriquée à Icod depuis 75 ans dans la chocolaterie à deux pas de chez nous sur la calle los Reyes. Je regarde les blogs Patrick. Je débute la narration des instants atemporels passés avec les papillons.
           

            Je prépare pour le dîner un smoothie de moras (mûres), achetées ce matin chez Super Dino, mixées avec une banane et deux dattes Medjool. Après un temps de lecture sur le Kindle, deux épisodes de la série « Please like me » agrémentent la soirée…

Dans le paysage des poules picorent 

nous pique-niquons chez nous 

des cartes postales sont glissées par Patrick dans la boîte Correos au bas de la rue


Entrée de la « Mariposario del Drago » 

Entrée de la « Mariposario del Drago » 

Entrée de la « Mariposario del Drago » 

Une vue en hauteur nous offre d’embrasser le panorama luxuriant

Une vue en hauteur nous offre d’embrasser le panorama luxuriant

Une vue en hauteur nous offre d’embrasser le panorama luxuriant


Un « Papilio lowii », au « design » noir et blanc très élaboré, tourbillonne et finit par se poser pour une photo

 

Un papillon noir et rouge sur une fleur vermeille en forme de pompon ébouriffé aspire le nectar

Un autre se pose délicatement sur une branche jaune

Un autre, en apesanteur sur une feuille verte nervurée de jaune, aux ailes hyalines bordées de brun, nous permet de discerner nettement ses veines

Un superbe hibiscus jaune attire mon regard

Un Monarque, une espèce très connue, se repose au cœur d’un végétal aux feuilles vertes en lanières


Un papillon aux ailes translucides se prend pour un colibri

Un papillon majoritairement noir se prélasse sur une orchidée blanche. 

une cañagria rouge se laissent admirer

Un papillon aux écailles vert et noir semble être mort sur une coupelle d’aliments sucrés

Nous regardons des chrysalides verticales

Nous regardons des chenilles 

Un autre, ressemblant à une tapisserie, immobilisé sous une feuille, est-il vivant ?


De superbes papillons aux écailles bleues cernées de noir voltigent sans se poser

papillons de nuit, utilisés pour la production de soie, endormis sur des écorces

Nous sortons du Mariposario, après quinze heures, les yeux, emplis de beauté et de magie

Je prépare pour le dîner un smoothie de moras...


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