Les
rites matinaux, le petit déjeuner, le yoga des yeux et la salutation au soleil
sur le balcon se succèdent. Sur la page de dimanche du blog, j’ajoute une
réflexion liée aux apparences trompeuses, venue à l’esprit durant le petit déjeuner,
à propos d’une scène magistrale à la fin du film PK. Durant la matinée, Patrick
répond sur Internet à quelques questions nées de la lettre de Emmanuel Macron.
La narration d’hier se poursuit. Le blog est actualisé à midi.
Nous
partons quelques instants plus tard pour La Orotava. Sur l’avenida Príncipe de
España, nous faisons le premier plein de carburant au numéro 40, à la station
service « Disa ». Le litre de super « Eco 95 » se monte à 0,919 centimes
d’euro. Un plein d’un peu plus de quarante-quatre litres revient 41 € ; en
France, nous aurions dépensé quelque 70 €. Un employé attentif approche et nous
montre courtoisement l’astuce pour bloquer la gâche de la pompe à essence le
temps du remplissage du réservoir. Je procède au règlement à midi trente ; la
dame avenante présente à la caisse se montre tout sourires. Je donne un
pourboire au pompiste avant de rejoindre Patrick dans la voiture. Je me sens le
cœur léger ; quelle différence avec les stations des supermarchés en France qui
sont déshumanisées.
Nous
arrivons un peu avant treize heures au centre commercial La Villa. Le vent
souffle sur l’esplanade du centre El Trompo. Nous déjeunons chez Foster’s
Hollywood. José, avenant et décontracté, qui s’apprêtait à préparer le
guacamole devant moi lors d’un précédent repas, nous accueille et s’emploie à
nous cocoler. Nous optons chacun pour un wook végétarien poêlé à la sauce
teriyaki avec du riz blanc Basmati « al dente », du poivron rouge et vert, des
oignons sautés, des tomates cerises, des asperges… le tout saupoudré de graines
de sésame et de coriandre fraîche. De l’eau gazeuse et une manzanilla espagnole
[camomille] Montecelio accompagne les mets. Un jeune couple avec un bébé prend
place à une table voisine. La poussette, version 4x4, au pare-soleil rose,
s’impose avec son look urbain et moderne où se cache peut-être un concentré de
technologies. Des habitués, comme nous maintenant, nous reconnaissent avec un
sourire.
Nous
sortons vers quatorze heures quinze. Nos pas nous conduisent chez Conforama où
nous regardons les téléviseurs. Plus tard, chez El Campo, avant d’effectuer des
courses, nous procédons à une comparaison des prix et des modèles. Nous
retournons chez Conforama. Vanessa s’occupe de nous. Une opportunité se
présente. Nous profitons de l’offre exceptionnelle sur un téléviseur LED à
écran plat de quarante-neuf pouces SS-5007 de la marque espagnole Sogo, avec un
rabais de soixante-dix pour cent. Vanessa, souriante et sympathique, pianote
avec dextérité sur son terminal d’ordinateur pour entrer nos coordonnées ;
elle s’y reprend avec bonne humeur à trois fois devant la machine récalcitrante.
Le règlement est effectué à quinze heures vingt-quatre. Nous allons chercher la
voiture pour la positionner devant le magasin afin de charger notre achat dans
le coffre ; les sièges arrière se rabaissent en un tournemain. Un employé,
efficace et rôdé au maniement, ouvre le colis, vérifie l’état du téléviseur et
le remet dans l’emballage. Joyeux comme des gamins, nous retournons chez nous pour
installer le nouvel écran.
Je
stationne la voiture devant l’entrée de l’appartement le temps pour Patrick de
décharger le colis. Les éboueurs arrivent, je libère l'espace qui leur est réservé, je pars chercher
une place de parking. Mon mari me rejoint sur la calle Rafael Fleytas où je
fais un créneau après une vaine tentative de stationnement plus près de
l’appartement. L’installation du nouveau téléviseur se déroule en quelques
minutes grâce à l'habileté de Patrick ; bientôt le sigle Netflix apparaît sur
l’écran. Tout est opérationnel pour ce soir. À notre départ, nous offrirons le téléviseur à Penelope. Une carte postale est écrite pour
notre ami Ron à New York. J’allume l’ordinateur pour commencer la narration du
jour. À dix-sept heures trente, un cacao au lait de riz, délayé avec une
demi-barre de chocolat « La Legalidad », est siroté avec un carreau de chocolat
noir. Une promenade s’offre à nous après ces instants de détente.
La
lettre de Ron est postée au bas de la rue. Nous décidons de marcher sur la
l’avenida Príncipe de España. Le jour commence lentement à décliner. Une
cinquantaine de mètres plus loin, j’entre dans la panaderia [boulangerie]
Altesa où deux « sneken mantequilla » [pains aux raisins, crème et beurre] sont
achetés à Silvia qui, enjouée et souriante, s’amuse à comparer l’aspect des
douceurs à des coquilles d’escargots [caracoles]. Nous ajoutons un cake aux
amandes… à un euro. Plus avant, au numéro 86, j’arrête mon regard sur la façade
d’une belle bâtisse noir et blanc, aux portes et fenêtres en bois ouvragé, qui
présente des pots de fleurs sur la toiture plate. Nous passons devant la
station Disa où nous avons effectué le plein de carburant. Plus loin, au-dessus
de la boucherie « Carlo's Carnicería », un grand magasin liquide tout à moins
cinquante pour cent avant fermeture. L’église blanche de San Andrés se remarque
sur la gauche avec sa forme et ses toitures originales. Une maison blanche
entourée d’une terrasse à la balustrade blanche, à la toiture en tuiles orange,
se dessine sur un coteau de verdure. Nous atteignons un hypermarché Dino non
remarqué ce matin au bord de la route lors de notre trajet vers La Orotava.
L’opportunité est belle ; nous entrons pour découvrir le grand magasin. Nous
effectuons quelques emplettes dont du lait de riz, d’une marque inconnue, aux
ingrédients libres de tous additifs. Une employée qui ouvre sa caisse nous fait
signe. Le montant de nos achats est réglé à dix-huit heures vingt. Nous
rebroussons chemin pour rentrer chez nous. A un moment donné, le coucher de soleil nous
fait signe. Patrick enlève les courses de son sac à dos, les pose sur un
support opportun, sort l’appareil photo et prend un cliché du ciel baigné de
nuances abricot.
De
retour à l’appartement, j’œuvre sur l’ordinateur avant le repas. Lors du dîner,
après la pomme, je savoure un des escargots aux raisins avec un smoothie moras,
banane et dattes. Nous étrennons le nouveau téléviseur avec un épisode de la
série « Sex Education ». Otis, impayable dans son activité de thérapeute sexuel
«clandestin », Maeve, Eric, Adam, Jackson et les autres personnages rivalisent
de naturel dans leur rôle respectif. La mère d’Otis reprend confiance en elle
pour écrire un nouveau livre, suite à la rupture avec son mari, grâce à un
réparateur perspicace venu chez elle qui l’invite à « Fuck fear » [à emmerdez
la peur]…
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