mercredi 16 janvier 2019

Pirámides de Güímar…

            Après le petit déjeuner, lors du yoga des yeux et la salutation au Soleil sur le balcon, j’écoute les oiseaux qui gazouillent dans les arbres environnants. Le blog est actualisé. Les dix heures quarante passent. Les messageries et les blogs de Patrick sont consultés. Je m’inscris sur le site https://granddebat.fr/, opérationnel à partir du 21 janvier, pour répondre ultérieurement à la lettre d’Emmanuel Macron.

            Nous partons vers onze heures. Le ciel est bleu et des nuées se promènent de temps à autre sur l’azur. Nous suivons la côte en direction de Santa Cruz de Tenerife pour nous diriger ensuite sur la côte opposée afin de nous rendre dans le village de Güímar où naquit Domingo Crisanto Delgado Gómez, un compositeur espagnol du dix-neuvième siècle qui devint célèbre à Puerto Rico dans l’archipel des Grandes Antilles. Nous arrivons à destination vers midi et quart. Nous garons la voiture à l’ombre le long de la calle Antropólogo Thor Heyerdahl, un navigateur norvégien devenu célèbre en 1947 à la suite de l'expédition du Kon-Tiki. Nous allons repérer le site objet de notre venue. Nous nous prenons chacun en photo devant l’enseigne « Pirámides de Güímar – Parque Etnográfico ». Nous entrons brièvement dans la cafeteria où un vestige mégalithique de l’île de Pâques trône dans le hall. Le pétroglyphe gravé sur le torse du « moaï », une probable copie, a probablement été gravé par les Autochtones de Rapa Nui quand ils découvrirent à l’horizon de grands navires inconnus. Le navigateur néerlandais Jakob Roggeveen accosta sur l’île lors de la fête de Pâques, le lundi 6 avril 1722 et il la baptisa « Paaseiland ». Avant de devenir une possession chilienne, l’île fut occupée tour à tour par les Espagnols et les Français.

            Nous nous rendons ensuite à pied au centre-ville pour déjeuner. À l’angle de la calle Chacona et de la rue où la voiture est garée, un buste de Thor Heyerdahl se dévoile sur un piédestal cubique en pierre sous l’abondante ramure d’un arbre exotique. Sur la rue en pente, une maisonnette rose fuchsia côtoie une masure de charme. Le nom de la ville se montre en relief sur diverses dalles du trottoir. Nous contournons l’Iglesia de San Pedro, nous admirons l’édifice à l’angle de l’avenida Obispo Pérez Cáceres. Édifié en 1926 avec une toiture en terrasse, il présente des façades et des moulures blanches aux encadrements, pilastres et chambranles saumon. Le restaurant « Chino Hong Kong » se situe sur cette avenue, devant la plaza de las Flores. Nous flânons sur la place, autour de la fontaine centrale, avant d’aller manger. La forme des bancs en pierre blanche me fait penser à celle d’une gondole. Des cercles ouvragés, suspendus aux palmiers, retiennent l’attention du photographe Patrick. Des demi-cercles colorés, fixés sur le trottoir le long de l’avenida Obispo Perez Caceres, donnent une note de fantaisie à la place qui semble avoir été rénovée récemment. Une jeune femme blonde nous accueille à… Hong Kong. Nous optons chacun pour une « sopa de verduras » et pour du « arroz frito con verduras ». Je photographie trois des peintures sur rouleaux, soulignés d’élégants pompons, qui décorent la salle, ainsi qu’un cadre où une fillette et un bambin chinois ont été immortalisés sur la pellicule en 2013. J’accompagne la soupe et le riz, aux légumes tous les deux, d’un « pan chino ». Le petit pain chinois est luisant. Durant le repas, je savoure par gourmandise la croûte huileuse à la saveur aigre-douce. De l’eau gazeuse « San Borondón », en possible provenance de l’île mythique, accompagne le repas.

            San Borondón fut la huitième île des Canaries. Selon la légende, visible depuis Tenerife, cette île légendaire apparaîtrait et disparaîtrait entre océans et nuages près de celle d’El Hierro. Les cartographes du Moyen Âge pensaient qu'elle s'était autrefois détachée du continent américain. L'origine de cette île imaginaire remonte à une expédition maritime menée par Saint Brendan en 516. Un mythe raconte que le moine irlandais débarqua sur une luxuriante île de sable noir où le soleil ne se couchait jamais et où les arbres donnaient des fruits en abondance ; pendant longtemps, l’imaginaire populaire crut qu'il s'agissait du Paradis.

            Les quatorze heures s’estompent quand nous cheminons vers les Pirámides de Güímar. Le bleu azur du ciel s’offre à nous pour magnifier la découverte à venir. L’entrée revient à douze euros cinquante par personne. La jeune femme à la caisse nous informe qu’une courte vidéo va commencer. Nous prenons place dans l’auditorium. J’écoute de l’oreille gauche les informations, données dans le haut-parleur du dossier, relatives aux théories et expéditions du fameux Thor Heyerdahl. Le parc ethnographique autour des pyramides fut fondé en 1998 par Thor. En sortant, dans la salle des expéditions, nous admirons des maquettes des embarcations de ses traversées océaniques. L’une des plus célèbres, le Kon-Tiki, baptisée du nom du dieu du Soleil chez les Incas, fut construite comme les radeaux précolombiens. Pour étoffer sa vision sur les provenances lointaines des diverses populations des îles du Pacifique, il traversa sur son radeau, muni d'une voile rudimentaire, avec cinq membres d’équipage, les quelque 4 000 milles marins entre le Pérou et l'archipel des Tuamotu du 28 avril au 7 août 1947.

            Après ces instants culturels, nous allons nous promener dans le parc magnifiquement arboré. Des poules baguenaudent. Un sentier empierré fait le tour des pyramides en escalier, édifiées avec des roches volcaniques, orientées astronomiquement par rapport aux solstices et aux équinoxes, dont l’origine reste un mystère. Leur âge et l’identité des bâtisseurs relèvent de l’énigme. Les pyramides, qui auraient été découvertes à la fin des années 1980 par les membres de la « Confédération internationale de l'Atlantide » [la cité perdue serait engloutie près des côtes ibériques et marocaines en deçà des Colonnes d'Héraclès qui bordaient le détroit dit de Gibraltar], existaient-elles à l’époque des Guanches, le peuple aborigène de Tenerife qui y vivait avant la conquête castillane en 1496 ? Güímar fut la résidence d’Añaterve, le mencey [roi] guanche d’un des neuf royaumes de l’île. Je pense à « Tintin et le temple du soleil » ; les pyramides furent-elles construites comme des temples du culte du Soleil ? Nous nous apercevons que le parc s’assortit de nombreuses espèces et variétés végétales. Les palmiers expriment leur bien-être par leurs silhouettes majestueuses. Les cactus ont la part belle ; nombre de figuiers de Barbarie se signalent un peu partout avec, de-ci de-là, des cochenilles sur leurs feuilles. Ces insectes parasites, qui ressemblent à de petites boules blanches, s’utilisent pour obtenir un colorant rouge carmin naturel. Des pinus canariensis bordent le sentier par endroits.

            Plus avant, une fresque dépeint certaines des diverses peuplades présentes sur les multiples îles du Pacifique. Un petit jardin botanique se dessine. Une obsidienne noire issue de la face nord du Teide impressionne par sa grosseur et ses arêtes acérées. Un tableau indique les éruptions majeures des volcans aux Canaries. Je retrouve l’éruption de 1706 sur Garachico. La dernière éruption notée remonte à 2011 sur l’île d’El Hierro.

            Après la visite qui m’a enchanté, nous montons sur la terrasse panoramique qui offre un panorama sur les pyramides. Deux sauriens géants surveillent les abords d’un jardin de cactus. Une sculpture représentant le mythique Atlas surprend par sa présence. Le Titan se fatigue de porter la sphère céleste pour l'éternité sur ses épaules. Nous visitons ensuite succinctement le musée de la Casa Chacona où deux colosses dressent leur haute stature devant l’entrée. Une collection photographique des pyramides réparties sur la Terre nous rappelle notre visite au Mexique du vendredi 5 août 2016 sur le site de Chichen Itzà, une ancienne ville maya située dans la péninsule du Yucatán, où nous découvrîmes la pyramide de Kukulcán. Avant de quitter le site, nous nous attardons vers la réplique à grande échelle de l’embarcation de roseaux de Thor, nommée « RA II ». Nous observons des artefacts de l’exposition sur l’île de Pâques. Nous traversons le magasin de souvenirs avant de quitter le site après seize heures.

            Nous décidons de prendre la route qui traverse l’île par la caldeira. La route monte en zigzaguant. Les virages en épingles se succèdent. La vue panoramique sur le littoral est époustouflante. Un arrêt permet de prendre des photos ; le cratère d’un petit volcan est visible vers le littoral. Au fur et à mesure de la montée, la température extérieure baisse. Les pins des Canaries envahissent le paysage au-dessus de mille mètres. Par endroits, le paysage devient lunaire. Un mont arrondi caillouteux au sol rougeâtre domine un paysage désertique. De quelque vingt degrés, la température descend à environ un degré au « Corral del Niño » qui culmine à 2240 mètres d’altitude. Un bref arrêt permet de prendre le panneau du corral en photo ; le froid me saisit en sortant de l’auto. Nous continuons d’avancer dans le brouillard, ou dans les nuages. Des gouttes d’eau tombent des arbres sur le pare-brise. La visibilité est réduite au minimum sur plusieurs kilomètres. Nous croisons ou dépassons régulièrement des cyclistes, en short pour certains. Nombre de plateformes touristiques sont plongées dans la brume qui envahit l’horizon. Progressivement la température remonte lors de la descente vers La Orotava. Le ciel s’éclaircit et le bleu apparaît. Dans la ville accrochée à la montagne, le GPS nous fait prendre des routes verticales à la pente vertigineuse qui zigzaguent entre les maisons au seuil aléatoire. Nous finissons par suivre la route « normale » en ignorant les raccourcis du synthétiseur vocal féminin. Nous arrivons à Icod vers dix-huit heures dix. Le trajet par les côtes a duré environ une heure à l’aller ; au retour nous avons mis plus de deux heures. Le voyage en valait la chandelle.

            Les photos sont chargées sur l’ordinateur. J’ajoute dans la fin de la narration d’hier et dans le blog, le paragraphe sur Solarstone. Les dix-neuf heures vingt passent. La narration de la journée est initiée. Lors du dîner, une pomme du Sud-Tyrol, une banane de Tenerife, un gâteau aux carottes et le bonbon chocolaté à la figue « Calabacita » sont savourés. Un épisode de la série Netflix « Sex Education » apporte joie et humour.

            Avant de rejoindre Morphée pour la nuit, un montage de photos, prises le mardi 16 janvier 2018, nous est offert par l’iPhone ; il nous montre la fantaisie de la vie. Jour pour jour, voici un an, nous découvrîmes la pyramide solaire dans le parc Juan Carlos 1er à Madrid dont l’énergie produite alimente nombre de véhicules électriques de la ville, parqués sous la pyramide quand ils ne sont pas en fonction…


Nous suivons la côte en direction de Santa Cruz de Tenerife pour nous diriger ensuite sur la côte opposée 

Nous arrivons dans le village de Güímar vers midi et quart

Une des Pirámides de Güímar 



Nous contournons l’Iglesia de San Pedro

nous admirons l’édifice à l’angle de l’avenida Obispo Pérez Cáceres

restaurant « Chino Hong Kong » 

La forme des bancs en pierre blanche me fait penser à celle d’une gondole

la plaza de las Flores

la plaza de las Flores

peinture sur rouleau qui décore la salle du restaurant

Nous optons chacun pour une « sopa de verduras » et pour du « arroz frito con verduras »


Les cactus ont la part belle ; nombre de figuiers de Barbarie se signalent un peu partout 

Les palmiers expriment leur bien-être 

le parc s’assortit de nombreuses espèces et variétés végétales

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar

Cactus et Pirámides de Güímar

une fresque dépeint certaines des diverses peuplades présentes sur les multiples îles du Pacifique

Un petit jardin botanique se dessine

Deux sauriens géants surveillent les abords d’un jardin de cactus

la terrasse panoramique offre un panorama sur les pyramides

colosses devant le le musée de la Casa Chacona

Atlas se fatigue de porter la sphère céleste pour l'éternité sur ses épaules

artefact de l’exposition sur l’île de Pâques

vue panoramique sur le littoral 


Des gouttes d’eau tombent des arbres sur le pare-brise

La visibilité est réduite au minimum sur plusieurs kilomètres

Un mont arrondi caillouteux au sol rougeâtre domine un paysage désertique

Un mont arrondi caillouteux au sol rougeâtre domine un paysage désertique

la température descend à environ un degré au « Corral del Niño » qui culmine à 2240 mètres d’altitude

la température descend à environ un degré 


le Kon-Tiki, baptisé du nom du dieu du Soleil chez les Incas

Pirámides de Güímar

Pirámides de Güímar


Nous décidons de prendre la route qui traverse l’île par la caldeira


le cratère d’un petit volcan est visible vers le littoral



Nous arrivons à Icod vers dix-huit heures dix


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