jeudi 17 janvier 2019

Première pluie à Icod…

            La première pluie, depuis notre arrivée sur l’île, tombe durant la nuit. Vers huit heures, le jour se lève. La surface paisible de l’océan reflète les nuances de parme et de saumon qui auréolent les nuages floconneux. Ils se déplacent en armada dans le ciel bleu pâle. Aux confins, le ciel et l’océan se rejoignent dans une aquarelle rosée. Les trois palmiers familiers élancés dans le ciel sont aux premières loges pour profiter du spectacle enchanteur. Lors de ma présence journalière sur le balcon, les nuages se promènent et une éclaircie propice m’offre d’effectuer la salutation au Soleil. Dans la chambre, j’enlève l’alèse plastique du lit. Écriture et échappées sur le web ponctuent une partie de la matinée. Patrick écrit deux cartes postales.

            Midi sonne au clocher de la chapelle. Nous sortons une trentaine de minutes plus tard pour effectuer des courses pour le déjeuner. Nous nous rendons au supermarché Super Dino sur la calle Francisco Miranda. Nous achetons des « champiñones laminados », de l’houmous aux poivrons et jalapeño, du fromage de Brie en provenance d’Allemagne et cent cinquante grammes de « papas fritas » [chips] à l’huile d’olive à un euro, fabriquées sur l’île de la Grande Canarie. Nous passons à la caisse un peu avant treize heures. À quelques pas, nous nous offrons pour trente-neuf centimes d’euro un pain de céréales aux graines hecho aqui [fait maison] à la boulangerie « Horno de pan ». Plus haut sur la rue, à l’épicerie « Aragua », Patrick choisit un gros régime mûr de Plátanos [bananes] de Canarias « Cana Ricos ».

            Pour la petite histoire, dès le début du quinzième siècle, les premiers bananiers firent leur apparition aux Canaries en provenance de l’Asie du sud-est. Ils s’acclimatèrent facilement sur les îles. Des marins apportèrent des plants de bananes vertes d’Amérique. Rapidement, les bananes se répandirent dans les îles et furent très appréciées des habitants... et des voyageurs anglais qui les acquirent lors de leurs escales. Dans les années 1880, les Anglais encouragèrent la culture et exportèrent le fruit vers les îles britanniques. L'importance du commerce entre l'Angleterre et les Îles Canaries fut telle qu’un Canary Wharf [Quai des Canaries] vit le jour à Londres sur les rives de la Tamise. Au début du vingtième siècle, la banane des Îles Canaries fut cultivée sur neuf mille hectares. Aujourd’hui, la production annuelle de la banane canarienne, répartie dans six îles de l’archipel, se monte à plus de trois cent cinquante millions de kilogrammes.

            De  retour vers treize heures, nous prenons notre premier déjeuner chez nous. Je savoure, avec des arachides salées, l’avocat mûr des Canaries acheté précédemment au coin de la rue à l’épicerie Virce. Les patas, l’houmous, le brie pasteurisé, les lamelles de champignons et le pain aux céréales dévoilent leur saveur. Après le repas, je reprends la narration de la journée d’hier. Patrick se détend sur le canapé en regardant sur l’iPad le film « Extinction », sorti l’an passé sur Netflix. Il bavarde ensuite une quarantaine de minutes au téléphone avec Francette qui me salue bien.

            Une pause vers dix-sept heures trente, après la fin de la narration pour le blog, m’offre de siroter un cacao au lait de riz. Nous testons la saveur, décevante, du chocolat à l’orange Tierra Madre acheté chez El Campo. La pluie se met à tomber et efface notre projet de balade.

            Vers dix-huit heures trente, le jour tire lentement sa révérence. Les rayons du disque solaire caché derrière les formations rocheuses irradient le cœur des nuages. Ils prennent l’apparence de grandes lanternes aux lumières ambrées qui vacillent au gré du vent. La Lune presque entière participe à cette féerie flamboyante. Une trentaine de minutes plus tard, les candélabres du parc de la chapelle s’allument et irradient une lumière isabelle aux reflets d’or qui se répandent sur la végétation recueillie. Le blog est actualisé juste avant le repas.


            Lors du dîner, je récidive avec une pomme du Sud-Tyrol, une banane de Tenerife, un gâteau aux carottes et quelques arachides salées. Nous retrouvons Josh, dans la seconde saison de la série Netflix « Please like me », pour de nouvelles aventures...

les nuances de parme et de saumon auréolent les nuages floconneux

Les trois palmiers familiers élancés dans le ciel sont aux premières loges pour profiter du spectacle enchanteur
Patrick écrit deux cartes postales

Nous nous rendons au supermarché Super Dino sur la calle Francisco Miranda

Patrick choisit à l’épicerie « Aragua » un gros régime mûr de Plátanos de Canarias « Cana Ricos »

nous prenons notre premier déjeuner chez nous


régime mûr de Plátanos de Canarias « Cana Ricos »
    

Les rayons du disque solaire caché derrière les formations rocheuses irradient le cœur des nuages

La Lune presque entière participe à cette féerie lumineuse

les candélabres du parc de la chapelle s’allument et irradient une lumière isabelle aux reflets d’or qui se répandent sur la végétation recueillie

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire