La
première pluie, depuis notre arrivée sur l’île, tombe durant la nuit. Vers huit
heures, le jour se lève. La surface paisible de l’océan reflète les nuances de
parme et de saumon qui auréolent les nuages floconneux. Ils se déplacent en
armada dans le ciel bleu pâle. Aux confins, le ciel et l’océan se rejoignent
dans une aquarelle rosée. Les trois palmiers familiers élancés dans le ciel
sont aux premières loges pour profiter du spectacle enchanteur. Lors de ma
présence journalière sur le balcon, les nuages se promènent et une éclaircie propice
m’offre d’effectuer la salutation au Soleil. Dans la chambre, j’enlève l’alèse
plastique du lit. Écriture et échappées sur le web ponctuent une partie de la
matinée. Patrick écrit deux cartes postales.
Midi
sonne au clocher de la chapelle. Nous sortons une trentaine de minutes plus
tard pour effectuer des courses pour le déjeuner. Nous nous rendons au
supermarché Super Dino sur la calle Francisco Miranda. Nous achetons des
« champiñones laminados », de l’houmous aux poivrons et jalapeño, du
fromage de Brie en provenance d’Allemagne et cent cinquante grammes de « papas
fritas » [chips] à l’huile d’olive à un euro, fabriquées sur l’île de la Grande
Canarie. Nous passons à la caisse un peu avant treize heures. À quelques pas,
nous nous offrons pour trente-neuf centimes d’euro un pain de céréales aux
graines hecho aqui [fait maison] à la boulangerie « Horno de pan ». Plus haut
sur la rue, à l’épicerie « Aragua », Patrick choisit un gros régime mûr
de Plátanos [bananes] de Canarias « Cana Ricos ».
Pour
la petite histoire, dès le début du quinzième siècle, les premiers bananiers
firent leur apparition aux Canaries en provenance de l’Asie du sud-est. Ils
s’acclimatèrent facilement sur les îles. Des marins apportèrent des plants de
bananes vertes d’Amérique. Rapidement, les bananes se répandirent dans les îles
et furent très appréciées des habitants... et des voyageurs anglais qui les
acquirent lors de leurs escales. Dans les années 1880, les Anglais
encouragèrent la culture et exportèrent le fruit vers les îles britanniques.
L'importance du commerce entre l'Angleterre et les Îles Canaries fut telle
qu’un Canary Wharf [Quai des Canaries] vit le jour à Londres sur les rives de
la Tamise. Au début du vingtième siècle, la banane des Îles Canaries fut
cultivée sur neuf mille hectares. Aujourd’hui, la production annuelle de la
banane canarienne, répartie dans six îles de l’archipel, se monte à plus de
trois cent cinquante millions de kilogrammes.
De retour vers treize heures, nous prenons notre
premier déjeuner chez nous. Je savoure, avec des arachides salées, l’avocat mûr
des Canaries acheté précédemment au coin de la rue à l’épicerie Virce. Les
patas, l’houmous, le brie pasteurisé, les lamelles de champignons et le pain
aux céréales dévoilent leur saveur. Après le repas, je reprends la narration de
la journée d’hier. Patrick se détend sur le canapé en regardant sur l’iPad le
film « Extinction », sorti l’an passé sur Netflix. Il bavarde ensuite une
quarantaine de minutes au téléphone avec Francette qui me salue bien.
Une
pause vers dix-sept heures trente, après la fin de la narration pour le blog,
m’offre de siroter un cacao au lait de riz. Nous testons la saveur, décevante,
du chocolat à l’orange Tierra Madre acheté
chez El Campo. La pluie se met à tomber et efface notre projet de balade.
Vers
dix-huit heures trente, le jour tire lentement sa révérence. Les rayons du
disque solaire caché derrière les formations rocheuses irradient le cœur des
nuages. Ils prennent l’apparence de grandes lanternes aux lumières ambrées qui
vacillent au gré du vent. La Lune presque entière participe à cette féerie flamboyante. Une trentaine de minutes plus tard, les candélabres du parc de la
chapelle s’allument et irradient une lumière isabelle aux reflets d’or qui se
répandent sur la végétation recueillie. Le blog est actualisé juste avant le
repas.
Lors
du dîner, je récidive avec une pomme du Sud-Tyrol, une banane de Tenerife, un
gâteau aux carottes et quelques arachides salées. Nous retrouvons Josh, dans la
seconde saison de la série Netflix « Please like me », pour de nouvelles
aventures...
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| les nuances de parme et de saumon auréolent les nuages floconneux |
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| Les trois palmiers familiers élancés dans le ciel sont aux premières
loges pour profiter du spectacle enchanteur |
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| Patrick écrit deux cartes postales |
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| Nous nous rendons au supermarché Super Dino sur la calle Francisco
Miranda |
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| Patrick choisit à l’épicerie « Aragua » un gros régime mûr de
Plátanos de Canarias « Cana Ricos » |
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| nous prenons notre premier déjeuner chez nous |
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| régime mûr de Plátanos de Canarias « Cana Ricos » |
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| Les rayons du disque solaire caché derrière les formations rocheuses
irradient le cœur des nuages |
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| La Lune presque entière participe à cette féerie lumineuse |
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| les candélabres du parc de la chapelle s’allument et irradient une
lumière isabelle aux reflets d’or qui se répandent sur la végétation recueillie |
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