Le
ciel est grand bleu. Lors de ma présence sur le balcon, je vois marcher d’un
pas décidé les fidèles de la chapelle qui arrivent des alentours. Patrick
effectue une lessive. Je prends des photos de la terrasse intérieure de
l’appartement où se trouve la machine à laver le linge. Je lève la tête et je
vois le carré bleu qui coiffe la colonne centrale blanche de l’immeuble où donnent
les fenêtres intérieures. Je poursuis la narration de la journée d’hier.
Après
midi quarante-cinq, je vais chercher du pain. Je passe d’abord chez l’épicier
où je choisis un petit concombre et ce qui me semble être des tomates. À la caisse,
une dame achète avec ses commissions des bonbons pour ses petits-enfants,
emballés comme les papillotes. Le commerçant les compte un par un pour en
totaliser une bonne cinquantaine. En attendant, la fin du décompte, mon regard
se pose sur les kiwis qui sont bien mûrs ; j’en prends deux. Au moment de
payer, je m’aperçois que j’ai oublié de mettre dans le porte-monnaie les
billets retirés hier au distributeur. Il manque vingt centimes sur l’euro
trente du montant total. Le patron me fait confiance et me dit avec un grand
sourire « mañana » [demain]. Le mot se prononce "magniana" en raison
du tilde, le signe diacritique en forme de "s" couché [~] que l’on
place au-dessus du "n" en espagnol lorsque cette lettre se prononce
comme le son "gni" en français. Je le remercie d’un sourire et sors
d’un cœur joyeux, heureux de cette marque de confiance. À la boulangerie, la
vendeuse me reconnaît et me gratifie d’un beau sourire. J’achète un croissant
et j’opte à défaut pour un pain complet devant le large présentoir incliné fort
dépourvu. Je pense en souriant intérieurement à… « La cigale, ayant chanté tout
l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue ».
Nous
déjeunons chez nous. Je teste les tomates à la peau épaisse que j’enlève au
second fruit. Les graines, plus grosses que la normale, sont de couleur
rougeâtre. La saveur se montre à la fois acidulée et suave. Après le repas,
nous regardons le film « Swiss Army Man ». Nous embarquons dans un voyage
épique. Le jeu des acteurs impressionnant, la réalisation soignée, les décors
quelque peu tribaux, les scènes génialement triviales, le scénario déroutant et
inclassable, les dialogues hors du commun,
nous incitent à la réflexion. S’agit-il d’un film sur la solitude et la
folie, une histoire d'amitié ambiguë ou plutôt un conte philosophique sur la
vie et la mort. Les scènes finales relèvent de l’énigme et les émotions ressenties touchent chacun de nous de différentes
manières. J’apparente le film, à découvrir avec un esprit ouvert libre de tous conditionnements,
à un petit chef-d’œuvre. Il fut tourné en Californie au Parc National de
Redwoods, à Bay Area Forest et au Sequoia Park d’Eureka. Les réalisateurs
Daniel et Daniel s’amusent des tabous sociétaux, flirtent joyeusement avec
l’indécence, courtisent le fantastique. Le rôle de « Manny le cadavre » joué
par Daniel Radcliffe, aux antipodes de celui de Harry Potter, constitue un
exploit.
Après
quinze heures trente, j’œuvre sur l’ordinateur. L’ouvrage est ponctué d’un
entracte où j’apprécie un cacao au lait
de riz à la noisette avec un carreau de chocolat noir. Patrick sirote un jus
d’orange. Nous allons ensuite nous promener dans le centre d’Icod. Sur
l’esplanade arborée qui surplombe le Drago milenario, nous prenons des photos
du volcan Teide, et du kiosque au travers des multiples troncs du vénérable
banian. Nous entrons ensuite à la « Casa del Drago » où une carte de Tenerife
et un livre sur le parc national du Teide sont achetés à dix-sept heures quinze.
Nous revenons ensuite tranquillement chez nous par un autre chemin. Après le
restaurant Jardin d’Oro sur l’avenida 25 de Abril, des nuées rosées se
dévoilent aux confins à la nuit tombante. Un coq chante. Des chiens aboient.
Nous sommes de retour après dix-huit heures trente.
Je
termine la narration de la journée d’hier avant le repas où je savoure un
smoothie à la banane et aux kiwis avec le croissant acheté en fin de matinée.
Un sms de ma cousine Monique se dévoile qui semble être de retour d’une escapade
à Venise. Elle remercie pour la carte postale envoyée. Un temps de lecture s’offre
à nous après le dîner. Nous embarquons ensuite sur le vaisseau Star Trek
Discovery où nous vivons dans une boucle temporelle qui se répète maintes fois.
Elle offre aux protagonistes des réflexions philosophiques. Dans une boucle
donnée, le lieutenant Paul Stamets raconte à Michael comment il a rencontré son
mari le docteur Hugh Culber, médecin à bord du vaisseau. Il ajoute à la fin de
sa narration : « Ne cachez jamais qui vous êtes, c’est la clef de toute relation.
» À la fin de l’épisode, la xéno-anthropologiste Michael se plonge dans ses
réflexions. Je relève les propos qui font écho en moi : « Comme la répétition
renforce la répétition et que le changement crée le changement, il faut
admettre que l’avenir est imprévisible. Parfois pour vivre dans un
environnement spécifique qui nous semble étranger, il faut s’affranchir de la
routine, car parfois notre place est juste là au détour d’un chemin inattendu.
»
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| la terrasse intérieure de l’appartement où se trouve la machine à laver
le linge |
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| Je lève la tête et je vois le carré bleu qui coiffe la colonne centrale
blanche de l’immeuble |
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| Après midi quarante-cinq, je vais chercher du pain |
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| Nous déjeunons chez nous |
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| Je teste les tomates à la peau épaisse |
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| Les graines, plus grosses que la normale, sont de couleur rougeâtre |
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| nous prenons des photos du volcan Teide |
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| Sur l’esplanade arborée qui surplombe le Drago milenario, nous prenons
des photos du volcan Teide... |
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| ...et du kiosque au travers des multiples troncs du vénérable banian |
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| la « Casa del Drago »... |
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| ...où une carte de Tenerife et un livre sur le parc national du Teide sont
achetés |
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| des nuées rosées se dévoilent aux confins à la nuit tombante |
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| je savoure un smoothie à la banane et aux kiwis avec le croissant acheté
en fin de matinée |
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| Vue du coucher de soleil depuis le balcon |
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