dimanche 27 janvier 2019

« Swiss Army Man »…

            Le ciel est grand bleu. Lors de ma présence sur le balcon, je vois marcher d’un pas décidé les fidèles de la chapelle qui arrivent des alentours. Patrick effectue une lessive. Je prends des photos de la terrasse intérieure de l’appartement où se trouve la machine à laver le linge. Je lève la tête et je vois le carré bleu qui coiffe la colonne centrale blanche de l’immeuble où donnent les fenêtres intérieures. Je poursuis la narration de la journée d’hier.

            Après midi quarante-cinq, je vais chercher du pain. Je passe d’abord chez l’épicier où je choisis un petit concombre et ce qui me semble être des tomates. À la caisse, une dame achète avec ses commissions des bonbons pour ses petits-enfants, emballés comme les papillotes. Le commerçant les compte un par un pour en totaliser une bonne cinquantaine. En attendant, la fin du décompte, mon regard se pose sur les kiwis qui sont bien mûrs ; j’en prends deux. Au moment de payer, je m’aperçois que j’ai oublié de mettre dans le porte-monnaie les billets retirés hier au distributeur. Il manque vingt centimes sur l’euro trente du montant total. Le patron me fait confiance et me dit avec un grand sourire « mañana » [demain]. Le mot se prononce "magniana" en raison du tilde, le signe diacritique en forme de "s" couché [~] que l’on place au-dessus du "n" en espagnol lorsque cette lettre se prononce comme le son "gni" en français. Je le remercie d’un sourire et sors d’un cœur joyeux, heureux de cette marque de confiance. À la boulangerie, la vendeuse me reconnaît et me gratifie d’un beau sourire. J’achète un croissant et j’opte à défaut pour un pain complet devant le large présentoir incliné fort dépourvu. Je pense en souriant intérieurement à… « La cigale, ayant chanté tout l'été se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue ».

            Nous déjeunons chez nous. Je teste les tomates à la peau épaisse que j’enlève au second fruit. Les graines, plus grosses que la normale, sont de couleur rougeâtre. La saveur se montre à la fois acidulée et suave. Après le repas, nous regardons le film « Swiss Army Man ». Nous embarquons dans un voyage épique. Le jeu des acteurs impressionnant, la réalisation soignée, les décors quelque peu tribaux, les scènes génialement triviales, le scénario déroutant et inclassable, les dialogues hors du commun,  nous incitent à la réflexion. S’agit-il d’un film sur la solitude et la folie, une histoire d'amitié ambiguë ou plutôt un conte philosophique sur la vie et la mort. Les scènes finales relèvent de l’énigme et les émotions  ressenties touchent chacun de nous de différentes manières. J’apparente le film, à découvrir avec un esprit ouvert libre de tous conditionnements, à un petit chef-d’œuvre. Il fut tourné en Californie au Parc National de Redwoods, à Bay Area Forest et au Sequoia Park d’Eureka. Les réalisateurs Daniel et Daniel s’amusent des tabous sociétaux, flirtent joyeusement avec l’indécence, courtisent le fantastique. Le rôle de « Manny le cadavre » joué par Daniel Radcliffe, aux antipodes de celui de Harry Potter, constitue un exploit.

            Après quinze heures trente, j’œuvre sur l’ordinateur. L’ouvrage est ponctué d’un entracte où  j’apprécie un cacao au lait de riz à la noisette avec un carreau de chocolat noir. Patrick sirote un jus d’orange. Nous allons ensuite nous promener dans le centre d’Icod. Sur l’esplanade arborée qui surplombe le Drago milenario, nous prenons des photos du volcan Teide, et du kiosque au travers des multiples troncs du vénérable banian. Nous entrons ensuite à la « Casa del Drago » où une carte de Tenerife et un livre sur le parc national du Teide sont achetés à dix-sept heures quinze. Nous revenons ensuite tranquillement chez nous par un autre chemin. Après le restaurant Jardin d’Oro sur l’avenida 25 de Abril, des nuées rosées se dévoilent aux confins à la nuit tombante. Un coq chante. Des chiens aboient. Nous sommes de retour après dix-huit heures trente.


            Je termine la narration de la journée d’hier avant le repas où je savoure un smoothie à la banane et aux kiwis avec le croissant acheté en fin de matinée. Un sms de ma cousine Monique se dévoile qui semble être de retour d’une escapade à Venise. Elle remercie pour la carte postale envoyée. Un temps de lecture s’offre à nous après le dîner. Nous embarquons ensuite sur le vaisseau Star Trek Discovery où nous vivons dans une boucle temporelle qui se répète maintes fois. Elle offre aux protagonistes des réflexions philosophiques. Dans une boucle donnée, le lieutenant Paul Stamets raconte à Michael comment il a rencontré son mari le docteur Hugh Culber, médecin à bord du vaisseau. Il ajoute à la fin de sa narration : « Ne cachez jamais qui vous êtes, c’est la clef de toute relation. » À la fin de l’épisode, la xéno-anthropologiste Michael se plonge dans ses réflexions. Je relève les propos qui font écho en moi : « Comme la répétition renforce la répétition et que le changement crée le changement, il faut admettre que l’avenir est imprévisible. Parfois pour vivre dans un environnement spécifique qui nous semble étranger, il faut s’affranchir de la routine, car parfois notre place est juste là au détour d’un chemin inattendu. »



la terrasse intérieure de l’appartement où se trouve la machine à laver le linge

Je lève la tête et je vois le carré bleu qui coiffe la colonne centrale blanche de l’immeuble 

Après midi quarante-cinq, je vais chercher du pain

Nous déjeunons chez nous

Je teste les tomates à la peau épaisse 

Les graines, plus grosses que la normale, sont de couleur rougeâtre
nous prenons des photos du volcan Teide

Sur l’esplanade arborée qui surplombe le Drago milenario, nous prenons des photos du volcan Teide...

...et du kiosque au travers des multiples troncs du vénérable banian

la « Casa del Drago »... 


...où une carte de Tenerife et un livre sur le parc national du Teide sont achetés

des nuées rosées se dévoilent aux confins à la nuit tombante

je savoure un smoothie à la banane et aux kiwis avec le croissant acheté en fin de matinée

Vue du coucher de soleil depuis le balcon

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