L’endormissement
durant la nuit a été perturbé par le café contenu dans la part de gâteau au
moka. Le souvenir d’un rêve reste présent au lever à sept heures : « A la fois acteur et observateur, je
suis du regard et je vis le parcours d’un bambin qui grimpe de maison en maison
sur un coteau abrupt où les demeures sont enchevêtrées sur la pente. Comme dans
une danse souple et fluide où les
mouvements s'enchaînent rapidement, il passe par les terrasses, les balcons,
les fenêtres ouvertes, escalade les murs, saute sur les toits. Arrivé à
destination, un vieux monsieur sort sur le balcon en le voyant arriver. Il
parle au bambin qui, ensuite, redescend la pente comme il est venu... ». Après la pratique journalière des Cinq Tibétains, je
jeûne pour le petit déjeuner. Patrick s’offre trois madeleines d’El campo qu’il
trempe dans du café au lait de riz. Une tranche de pain aux céréales, tartinée
de peanut butter [beurre de cacahuète] termine sa collation. Lors du yoga des
yeux et de la salutation au soleil sur le balcon, l’air doux caresse mon visage.
Le ciel est bleu et le soleil brille. Un peu avant neuf heures, les trois
majestueux palmiers élancés, qui dépassent peut-être les trente mètres de hauteur,
s’offrent un bain de soleil. Les inflorescences dressées au sommet chatoient
selon le jeu de l’astre. Les dix heures sonnent au clocher de la chapelle. Les
chaises, à nouveau installées sur le parvis, commencent à recevoir les fidèles
pour le culte. Je reprends la narration
de la journée d’hier. Patrick fait une lessive. La machine est succincte au
niveau de son programme. L’étendoir articulé fixé au mur est valable pour l’été
car, sur la terrasse intérieure, il est privé de toiture.
Midi
sonne au clocher. Nous allons effectuer des courses sur la calle Francisco
Miranda. En chemin, après le restaurant chinois, je reviens sur mes pas pour
vérifier un chiffre aperçu sur un panneau où se lisent les mots « se vende » [à
vendre]. Une masure décrépite est à vendre pour quatre-vingt mille euros ;
j’avais lu huit cents euros. Au regard de l’aspect délabré de la maison, je trouve
le prix excessif. Chez « Horno de pan », nous achetons pour quarante-sept
centimes d’euro un pain de céréales aux graines. À l’épicerie « Aragua », un
avocat mûr, des oranges et une petite courgette de l’île sont payées à midi
trente. Nous nous promenons avant le repas. Sur l’avenida de Canarias, des bacs
à fleurs ont été intégrés au bas d’un haut mur blanc pourvu de terrasses en
dégradé de faible largeur. Nous prenons à gauche dans l’étroite calle Buen
Suceso. J’admire le chaînage d’angle en pierres volcaniques d’une bâtisse aux
murs blancs caressés par les grosses feuilles d’un palmier. Nous atteignons la
rue commerçante San Sebastián.
Nous
déjeunons chez nous après treize heures. Courgette, avocat, chips, fromage de
brebis, houmous nature, tranchettes de champignons et pain aux graines
composent la partition du pique-nique. La nourriture frugale est appréciée
après les déjeuners pris dans les restaurants. Après le repas, grâce à la magie
du cinéma, nous partons pour New Delhi, la capitale de l'Inde, après une
escapade à Bruges en Belgique. Un extra-terrestre, nouvellement débarqué sur
Terre, cherche, dans une quête de Dieu, à retrouver son médaillon-contacteur,
volé à son arrivée, qui lui aurait permis de retourner sur sa planète. Sa
prospection, son tâtonnement pour atteindre son objectif, lui révèle les excès
de la foi aveugle des religions organisées par l’Homme. Les acteurs Aamir Khan
[PK] et Anushka Sharma [Jaggu], au talent remarquable et rayonnant, nous
emportent dans une aventure, fabuleuse et lucide, empreinte d’émotion, de joie,
de beauté, de rires, de réflexion et de sincérité. Les impostures des religions
sont mises à nu avec de multiples allégories. Les scènes captivantes avec le
faux prophète, liées au « faux numéro » de Dieu, nous offrent des moments
d’anthologie. Les contradictions avec le soi-même des Humains sont
magnifiquement mises en scène avec les pensées et les paroles des divers personnages
en continuelle discordance. Nous respirons une vraie bouffée d'oxygène avec le
film haut en couleurs « PK », une perle du cinéma indien. La danse et les
chansons, propres à l’univers de Bollywood, constituent la cerise sur le gâteau durant la projection. Au début du film,
Sarfaraz a dit à Jaggu : « Se languir de ce qui nous échappe, c’est mourir.
Accueillir le présent c’est l’avenir. ». Les paroles de la chanson au début du
film sont à découvrir à la fin de la narration.
Après
le film, je reprends le récit de la journée d’hier. La pause à dix-sept heures
trente m’offre de siroter un cacao au lait de riz et de laisser fondre en
bouche un carreau de chocolat noir à 85%. À dix-huit heures vingt, les nuées
brumeuses, auréolées de lumière rose sur la ligne de l’horizon marin assombri,
cherchent à rejoindre les nuages qui noircissent le ciel. Le blog du voyage est
actualisé avant le dîner. Je croque une pomme et j’apprécie la
saveur d’une banane avec le restant de pain aux graines, tartiné de beurre de
cacahuètes. Deux épisodes de la Série « The Good Place » terminent la soirée…
Sur la route du
temps
La vie est une
flamme fugace
Dans cette brume
lumineuse
Nous rêvons, nous
existons
Mais un heureux
hasard
Peut nous faire
rencontrer un Étranger
La vie après la vie
Dont le souvenir
persiste
Ne demande pas qui
je suis, ni d’où je viens
Il faut se libérer
de l’esclavage des frontières
Quelques pas dans
cette brève existence
Viens, marche avec
moi,
Ne demande pas qui
je suis, ni d’où je viens
Il faut se libérer
de l’esclavage des frontières
Quelques pas dans
cette brève existence
Viens, marche avec
moi,
Loin des mots et des
discours
Main dans la main
sans but précis
Quelques pas dans
cette brève existence
Viens, marche avec
moi,
Loin des mots et des
discours
Main dans la main
sans but précis
Quelques pas dans
cette brève existence
Viens, marche avec
moi,
Si le soleil brûle
sur notre route
Je te déroulerai un
tapis d’ombre
Si la nuit te
remplit d’effroi
Je ferai apparaître
une lune dans le ciel
Si le découragement
hante tes journées
Mon rire saura le
dissiper
Rire, gambader,
chanter,
Ensemble nous
marcherons,
Avec toi mon
compagnon de route
Je ne crains rien au
monde
Pourquoi quelques
pas ?
Une vie toute
entière, je marcherai avec toi
Loin des mots et des
discours
Main dans la main
sans but précis
Quelques pas dans
cette brève existence
Viens, marche avec
moi.
| les trois majestueux palmiers élancés s’offrent un bain de soleil |
| Les chaises sur le parvis commencent à recevoir les fidèles pour le culte |
| Une masure décrépite est à vendre pour quatre-vingt mille euros |
| des bacs à fleurs ont été intégrés au bas d’un haut mur blanc pourvu de terrasses en dégradé de faible largeur |
| J’admire le chaînage d’angle en pierres volcaniques d’une bâtisse aux murs blancs |
| l’étroite calle Buen Suceso |
| Courgette, avocat, chips, fromage de brebis, houmous nature, tranchettes de champignons et pain aux graines composent la partition du pique-nique |
| pain de céréales aux graines |
| les nuées brumeuses, auréolées de lumière rose sur la ligne de l’horizon marin assombri, cherchent à rejoindre les nuages |
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