dimanche 20 janvier 2019

Voyage à New Delhi…

            L’endormissement durant la nuit a été perturbé par le café contenu dans la part de gâteau au moka. Le souvenir d’un rêve reste présent au lever à sept heures : « A la fois acteur et observateur, je suis du regard et je vis le parcours d’un bambin qui grimpe de maison en maison sur un coteau abrupt où les demeures sont enchevêtrées sur la pente. Comme dans une danse souple et fluide où les mouvements s'enchaînent rapidement, il passe par les terrasses, les balcons, les fenêtres ouvertes, escalade les murs, saute sur les toits. Arrivé à destination, un vieux monsieur sort sur le balcon en le voyant arriver. Il parle au bambin qui, ensuite, redescend la pente comme il est venu... ». Après la pratique journalière des Cinq Tibétains, je jeûne pour le petit déjeuner. Patrick s’offre trois madeleines d’El campo qu’il trempe dans du café au lait de riz. Une tranche de pain aux céréales, tartinée de peanut butter [beurre de cacahuète] termine sa collation. Lors du yoga des yeux et de la salutation au soleil sur le balcon, l’air doux caresse mon visage. Le ciel est bleu et le soleil brille. Un peu avant neuf heures, les trois majestueux palmiers élancés, qui dépassent peut-être les trente mètres de hauteur, s’offrent un bain de soleil. Les inflorescences dressées au sommet chatoient selon le jeu de l’astre. Les dix heures sonnent au clocher de la chapelle. Les chaises, à nouveau installées sur le parvis, commencent à recevoir les fidèles pour le culte.  Je reprends la narration de la journée d’hier. Patrick fait une lessive. La machine est succincte au niveau de son programme. L’étendoir articulé fixé au mur est valable pour l’été car, sur la terrasse intérieure, il est privé de toiture.

            Midi sonne au clocher. Nous allons effectuer des courses sur la calle Francisco Miranda. En chemin, après le restaurant chinois, je reviens sur mes pas pour vérifier un chiffre aperçu sur un panneau où se lisent les mots « se vende » [à vendre]. Une masure décrépite est à vendre pour quatre-vingt mille euros ; j’avais lu huit cents euros. Au regard de l’aspect délabré de la maison, je trouve le prix excessif. Chez « Horno de pan », nous achetons pour quarante-sept centimes d’euro un pain de céréales aux graines. À l’épicerie « Aragua », un avocat mûr, des oranges et une petite courgette de l’île sont payées à midi trente. Nous nous promenons avant le repas. Sur l’avenida de Canarias, des bacs à fleurs ont été intégrés au bas d’un haut mur blanc pourvu de terrasses en dégradé de faible largeur. Nous prenons à gauche dans l’étroite calle Buen Suceso. J’admire le chaînage d’angle en pierres volcaniques d’une bâtisse aux murs blancs caressés par les grosses feuilles d’un palmier. Nous atteignons la rue commerçante San Sebastián.

            Nous déjeunons chez nous après treize heures. Courgette, avocat, chips, fromage de brebis, houmous nature, tranchettes de champignons et pain aux graines composent la partition du pique-nique. La nourriture frugale est appréciée après les déjeuners pris dans les restaurants. Après le repas, grâce à la magie du cinéma, nous partons pour New Delhi, la capitale de l'Inde, après une escapade à Bruges en Belgique. Un extra-terrestre, nouvellement débarqué sur Terre, cherche, dans une quête de Dieu, à retrouver son médaillon-contacteur, volé à son arrivée, qui lui aurait permis de retourner sur sa planète. Sa prospection, son tâtonnement pour atteindre son objectif, lui révèle les excès de la foi aveugle des religions organisées par l’Homme. Les acteurs Aamir Khan [PK] et Anushka Sharma [Jaggu], au talent remarquable et rayonnant, nous emportent dans une aventure, fabuleuse et lucide, empreinte d’émotion, de joie, de beauté, de rires, de réflexion et de sincérité. Les impostures des religions sont mises à nu avec de multiples allégories. Les scènes captivantes avec le faux prophète, liées au « faux numéro » de Dieu, nous offrent des moments d’anthologie. Les contradictions avec le soi-même des Humains sont magnifiquement mises en scène avec les pensées et les paroles des divers personnages en continuelle discordance. Nous respirons une vraie bouffée d'oxygène avec le film haut en couleurs « PK », une perle du cinéma indien. La danse et les chansons, propres à l’univers de Bollywood, constituent la cerise sur le gâteau durant la projection. Au début du film, Sarfaraz a dit à Jaggu : « Se languir de ce qui nous échappe, c’est mourir. Accueillir le présent c’est l’avenir. ». Les paroles de la chanson au début du film sont à découvrir à la fin de la narration.

            Après le film, je reprends le récit de la journée d’hier. La pause à dix-sept heures trente m’offre de siroter un cacao au lait de riz et de laisser fondre en bouche un carreau de chocolat noir à 85%. À dix-huit heures vingt, les nuées brumeuses, auréolées de lumière rose sur la ligne de l’horizon marin assombri, cherchent à rejoindre les nuages qui noircissent le ciel. Le blog du voyage est actualisé avant le dîner. Je croque une pomme et j’apprécie la saveur d’une banane avec le restant de pain aux graines, tartiné de beurre de cacahuètes. Deux épisodes de la Série « The Good Place » terminent la soirée…

Sur la route du temps
La vie est une flamme fugace
Dans cette brume lumineuse
Nous rêvons, nous existons
Mais un heureux hasard
Peut nous faire rencontrer un Étranger
La vie après la vie
Dont le souvenir persiste

Ne demande pas qui je suis, ni d’où je viens
Il faut se libérer de l’esclavage des frontières
Quelques pas dans cette brève existence
Viens, marche avec moi,
Ne demande pas qui je suis, ni d’où je viens
Il faut se libérer de l’esclavage des frontières
Quelques pas dans cette brève existence
Viens, marche avec moi,
Loin des mots et des discours
Main dans la main sans but précis
Quelques pas dans cette brève existence
Viens, marche avec moi,
Loin des mots et des discours
Main dans la main sans but précis
Quelques pas dans cette brève existence
Viens, marche avec moi,

Si le soleil brûle sur notre route
Je te déroulerai un tapis d’ombre
Si la nuit te remplit d’effroi
Je ferai apparaître une lune dans le ciel
Si le découragement hante tes journées
Mon rire saura le dissiper
Rire, gambader, chanter,
Ensemble nous marcherons,
Avec toi mon compagnon de route
Je ne crains rien au monde
Pourquoi quelques pas ?
Une vie toute entière, je marcherai avec toi
Loin des mots et des discours
Main dans la main sans but précis
Quelques pas dans cette brève existence
Viens, marche avec moi.


les trois majestueux palmiers élancés s’offrent un bain de soleil
Les chaises sur le parvis commencent à recevoir les fidèles pour le culte



Une masure décrépite est à vendre pour quatre-vingt mille euros

des bacs à fleurs ont été intégrés au bas d’un haut mur blanc pourvu de terrasses en dégradé de faible largeur

J’admire le chaînage d’angle en pierres volcaniques d’une bâtisse aux murs blancs

l’étroite calle Buen Suceso

Courgette, avocat, chips, fromage de brebis, houmous nature, tranchettes de champignons et pain aux graines composent la partition du pique-nique

pain de céréales aux graines

les nuées brumeuses, auréolées de lumière rose sur la ligne de l’horizon marin assombri, cherchent à rejoindre les nuages 

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