mercredi 27 février 2019

Robert Marceau est mort…


    J’apprécie les instants matinaux sur le balcon. Le Soleil resplendit avec ardeur au travers de la voûte céleste d’un bleu lumineux. Un jeune homme, habillé en jaune fluo et bleu, arpente la rue avec une pelle à poussière et un long balai pour nettoyer la voirie avec une certaine poésie. Je l’imagine libre dans ses pensées et je le sens décontracté dans ses mouvements que j’apparente à une légère danse. Les aiguilles, dans une autre danse, survolent les dix heures quand je commence à œuvrer sur l’ordinateur.

            À onze heures, un sms de Yves nous informe de la mort de Robert Marceau. Nous avons vécu une belle croisière avec Robert et Nicole sur le navire Costa Concordia en novembre décembre 2006 pour fêter leurs soixante ans, le couple étant venu au monde la même année. Nous sommes sous le choc de cette nouvelle. À midi moins le quart, grâce à la magie de la toile Internet, nous envoyons par le biais du site Entrefleuristes.com un bouquet rond de fleurs Rosaria à Nicole avec le message : « Bonjour Nicole et famille, Yves nous informe par sms de la mort de Robert. Nous avons le cœur serré à Tenerife. Nous repensons à la croisière avec vous deux sur le Costa Concordia. Bisous. André et Patrick ». Nos voisins avaient quitté Cranves-Sales au début de l’été 2014 pour s’installer à Saint-Pierre-en-Faucigny. Nous avions déjeuné dans leur nouveau chez-eux le jeudi 11 juin de l’année suivante. Je sirote une manzanilla.

            Nous déjeunons dans l’appartement après quelques courses chez Virce et à la boulangerie. Une chayotte et une tomate bien mûres sont savourées avec du pain complet, acheté à trente centimes d’euro, tartiné de beurre crémeux. Du fromage et des chips participent au repas. La narration de la journée d’hier se poursuit ensuite avec d’intéressantes échappées sur les routes du web. Vers seize heures, la fin du récit approchant, je publie sur le blog la chanson « Echoes in Rain» de Enya, avec le concours de Patrick. Cinq minutes avant dix-sept heures, le blog est actualisé ; je clique sur l’icône « Publier ». Avant la pause-détente, nous effectuons une réservation sur le web. Tout en avalant par petites gorgées le cacao au lait de riz, je laisse fondre en bouche trois petits bonbons de chocolat «  Creminos Noir 70% », de la marque Trapa, enveloppés dans leur papillote, achetés ce matin chez Monsieur Virce. La société espagnole Trapa, sensible à la déforestation et à ses conséquences, a éliminé l'huile de palme de ses chocolats.

            Nous allons nous promener. Sur la plaza Andrés, les trompettes des daturas suaveolens, au blanc à peine rosé, semblent avoir augmenté leur volume. Nous contemplons le volcan Teide. Les nuages défilent lentement devant le sommet. Patrick parvient à prendre une photo quand le cône volcanique devient visible. Le groupe d’oiseaux qui effectuait un ballet aérien le 18 février est de retour. Les volatiles tourbillonnent à nouveau, dans le même espace, dans une chorégraphie similaire. Je suis impressionné. Une fourgonnette blanche est stationnée sur le parvis de l’église. Je lis sur la carrosserie : Las Canteras, Panaderia, Barrio San Bernardo 13 à Los Silos, Tenerife. Le numéro de téléphone est ajouté sous l’adresse indiquée sur la portière. Des cartes postales sont achetées chez Arte Ycodem vers dix-huit heures trente. Patrick s’arrête pour photographier un ancien heurtoir en fer sur une porte en bois mauve à la peinture qui commence à s’écailler ; je reviens sur mes pas quand je m’aperçois que je l’ai distancé. Nous craquons chez Lekkery pour deux mille feuilles nappés de chocolat de belles proportions. Les deux dernières douceurs sont choisies juste après nous par un jeune couple qui va les savourer à une des tables avec une boisson. À côté de la pâtisserie salon de thé, j’entre chez Ale-Hop où je me laisse tenter par une « bufanda » [longue et large écharpe] en tissu polyester marron, beige et rose, à six euros. En sortant, je la glisse sur mes épaules pour pallier le souffle d’Éole qui rafraîchit la température de vingt degrés, lue quelque part par Patrick. Deux bambins, habillés en tenue de carnaval, descendent précipitamment la rue depuis la mairie, en courant et en riant. Plus avant vers chez nous, la dame, qui s’assied régulièrement sur le trottoir élevé d’un commerce, est présente à nouveau ce soir. Elle porte un pantalon bleu roi et un chandail rouge, un sac blanc en bandoulière. Je la salue à notre retour. Elle me regarde sans répondre comme si elle était ailleurs. Quelques pas plus loin, je souris à une autre dame en lui disant « Hola », elle me répond « Adios » en me rendant mon sourire.

            Nous sommes de retour chez nous une dizaine de minutes avant dix-neuf heures. J’envoie une réponse au mail de Yves. J’œuvre sur l’ordinateur avant le dîner. Nous savourons les mille feuilles. J’accompagne la douceur de rondelles de banane. Durant la soirée, je rejoins Sophie dans son univers qui marche sur le causse pour rendre une visite dans son village natal. Soudain, elle est abordée par deux hommes…  Plus tard, les aventures de Josh, tragicomiques ce soir, se poursuivent avec de l'absurdité dans le premier épisode et se déroulent avec brio dans le suivant, qui atteint son apogée sur la grande roue de Melbourne. Une vue panoramique de la capitale de l'État de Victoria s’offre à nous au travers des péripéties verbales des protagonistes qui racontent leurs états d’âme dans une des vingt cabines climatisées en forme de grosse bulle de la roue, tout en dévoilant par des chassés-croisés désopilants et inénarrables des confidences, voire des secrets que la religion catholique nommerait « mensonges par omission ». Les jeunes gens pratiquent avec panache l'empathie et l'art du compromis dans leurs vibrants « aveux » parfois contradictoires, à la fois hilarants et subtils. La grande roue, la plus grande de l’hémisphère sud, dresse sa silhouette à cent vingt mètres dans le ciel de Melbourne…

 









  

                               Second appareil photo :







 

La grande roue dans le ciel de Melbourne.






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