lundi 18 février 2019

Cidatins d’Icod des années quatre-vingt…


     Dans un rêve… Patrick et moi sommes comédiens sur une scène de théâtre. Après le petit déjeuner, je vois sur le balcon un employé qui balaie le trottoir de notre rue. Un jeune gars barbu entre dans le parc de la chapelle et s’assied sur un banc pour s’activer sur son smartphone. Le soleil brille dans le ciel bleu. Les dix heures s’annoncent quand je m’installe devant l’ordinateur. Dans la matinée, Patrick sort sur le balcon pour se couper les ongles et, contre toute attente, il pleut. À onze heures la page de samedi est actualisée sur le blog. Suite à une information recueillie sur le web, Patrick m’informe que la société Amazon propose un abonnement mensuel de dix euros sur le kindle pour lire sans limites tous les livres souhaités.

            Avant treize heures, nous effectuons quelques courses pour le déjeuner. La fille de Monsieur Virce aide son père aujourd’hui. Un avocat mûr aussi crémeux que le beurre des Asturies est savouré avec des chips et du pain de seigle croustillant à cœur, pris à la proche boulangerie, tartiné de mantequilla. Le chayota, acheté chez Virce le 4 février, dévoile une saveur douce quelque peu insipide. Une des propriétés de ce fruit est la régénération des cellules. Après le repas, Patrick se détend avec un documentaire sur Marsha Jonhson, l’une des fondatrices de la première gay pride à Stonewall à New York qui fut assassinée. Elle a été immortalisée par Andy Warhol dans une série de photos intitulée « Ladies and gentlemen » portant sur les drag queens. Je poursuis la narration de la journée d’hier. Le blog est actualisé avant la pause-détente où je sirote du cacao au lait de riz noisette en suçant du chocolat.

            Nous allons nous promener. Une exposition de photos sur la plaza Andrés de Lorenzo retient notre attention. Nous découvrons des photos de divers carnavals des années quatre-vingt à Icod. La joie se lit sur les visages épanouis des nombreux citadins, grimés et déguisés pour certains. Aujourd’hui, dans le flot du temps, ceux encore vivants, extériorisent une quarantaine d’années de plus. Ces photos montrent l’impermanence de la vie. Elles invitent à vivre dans cette joie de l’instant présent en laissant l’autre, un être unique comme tout un chacun, libre de vivre sa courte existence comme il le désire sans chercher à l'embrouiller par des croyances nées de la vaniteuse futilité de l’ego. Je remarque parmi tous ces clichés que l’être humain aime exprimer sa créativité dans la différence en laissant libre cours à son imaginaire qui le porte à dévoiler sa richesse intérieure. Dans ces moments de joie et de relâchement, le regard de l’autre est oublié pour vivre pleinement. Que la vie de nombre de gens est terne en dehors de ces pulsions créatives réfrénées, étouffées par la société qui façonne les êtres humains, tels des moutons de Panurge, à une obéissance docile à la mesure de sa folie mercantile et de ses croyances limitatives qui sont un poison pour l'esprit. Combien de visages aussi souriants croisons-nous dans les rues ?

            La clarté diminue. Les nuées dans le ciel rivalisent de créativité comme pour étayer mes pensées. Les trompettes des « daturas suaveolens » perdent leur couleur orangée. Depuis la pergola de la place, nous admirons, émerveillés par la chorégraphie en continuelle création, un groupe d’oiseaux qui effectue un ballet aérien. La prestation insolite se prolonge dans le ciel en tourbillonnant sans relâche. J’effectue un parallèle dans mon esprit avec les citadins des carnavals passés qui s’exprimaient sur scène et dans les défilés avec une synchronisation et un enchaînement aussi beaux que ceux offerts par les attrayants volatiles. Quand nous quittons la place, le ballet continue comme s’il devait perdurer à l’infini. Devant la mairie, nous entrons chez Benetton. Le magasin à l’éclairage jaillissant, aux vêtements colorés, nous invite à entrer devant l’appel des prix bas. Nous achetons un sweater et un tee-shirt rouge pour une dizaine d’euros. À la nuit tombante, nous entrons chez Rocasa où nous apprécions de fureter dans les allées richement approvisionnées d’articles en tous genres. Une boîte à biscuits colorée et un petit couteau au manche turquoise sont choisis. Vanessa, souriante et très fardée, nous accueille à la caisse après dix-neuf heures. Les biscuits pour le dîner sont mis dans la boîte métallique décorée de donuts sur fond de quadrillage oblique bleu ciel et blanc. J’étrenne le sweater bleu-vert. Les photos sont chargées sur l’ordinateur avant le repas. Une pomme est croquée. Des rondelles de bananes bien mûres sont savourées avec quelques « galletas de copos de avena intégral » [biscuits de flocons d'avoine intégrale] sortis de la belle boîte. Une barre El Almendro termine l’agréable repas.

            Grâce à la magie du kindle, je retrouve l’univers de la petite Sophie, son affectueuse grand-mère Apolonie et son père Étienne, indifférent envers sa fille.  Sa mère Marianne tance Sophie dans une affirmation sans appel : « Tu es trop jeune pour savoir ce qui est bon pour toi ; laisse ta mère décider à ta place. » Ce même discours, qui nie la liberté et l’intégrité de l’enfant, entendu maintes fois dans ma vie, perdure à travers les décennies. Grâce à la magie du cinéma cette fois, au travers de Netflix, nous retrouvons l’éternelle sorcière Carmen pour la suite de ses aventures à Carthagène des Indes…





























                                                  Second appareil photos :










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