mercredi 6 février 2019

El Corte Inglés…


          Le soleil brille et le ciel est grand bleu. Le blog est actualisé à onze heures vingt-quatre. Une quinzaine de minutes plus tard, nous roulons en direction de la capitale. Patrick est au volant. Nous arrivons à Santa Cruz vers midi vingt. Nous passons sous la superbe passerelle pour piétons de l’autoroute TF-5 qui permet d’accéder à l’hôpital universitaire de « Nuestra Señora de Candelaria ». Le design du pont s’apparente à une harpe dans l’esprit de Patrick. Quelques minutes plus tard, il gare la voiture dans le parking souterrain du grand magasin « El Corte Inglés » sur l’avenida Tres de Mayo. Nous sortons du magasin au niveau de la pâtisserie. Une partie de l’offre attrayante présente des douceurs en forme de cœur ; la Saint Valentin oblige. Des affiches et quatre mannequins déguisés annoncent le prochain carnaval.



            Nous suivons la calle José Hernández Alfonso pour aller déjeuner au marché municipal. Nous accédons aujourd’hui au « Mercado Municipal Nuestra Senora de Africa La Recova » par la calle Darias y Padron. Nous admirons la tour de style mudéjar qui s’élance dans le ciel azur. Les murs ocre rose des bâtisses du marché ressortent magnifiquement sous le bleu des cieux. Nous défilons devant les étals des patios et des allées latérales après nous être assis à une table de « La Terraza », le seul restaurant du marché, où les végétariens sont oubliés. Chez « Arte Sano », nous optons pour deux chaussons « Piroshkis » aux graines de sésame fourrés aux oignons et aux champignons à la crème que nous dégustons assis sur le banc en lamelles de bois brun en face de l’étal sous la véranda. Patrick enchaîne avec un autre chausson à base de thon. De mon côté, je quitte ma place pour compléter mon repas dans un autre stand. Je trouve chez Comidas preparadas « Hermanas Tosco », une minestra de verduras à trois euros la portion servie par Toni dans une barquette en plastique. Pendant que le ragoût de légumes chauffe, je regarde les sœurs Tosco affairées à un rituel inconnu. Elles frottent des aliments avec une sorte de farine comme pour poncer la surface. Le ragoût se révèle délicieux. Les petits pois, les morceaux de poivrons rouges, les haricots verts coupés, les rondelles de carottes et les feuilles de chou blanc sont cuits à cœur dans leur bouillon. Patrick s’éclipse un instant pour en acheter un à son tour. En son absence deux dames viennent s’asseoir à ma gauche. Les conjoints les rejoignent et restent debout devant elles. J’apprécie sur la nuque les chauds rayons solaires.



            Après une heure agréable dans le marché, nous suivons la calle de Bethencourt y Molina pour nous rendre à l’auditorium « Adán Martin » de Santa Cruz sur l’avenida de la Constitucion, devenu une attraction emblématique qui défit la gravité. Patrick se met en tee-shirt devant les vingt-huit degrés affichés. Le site, partiellement en friche et en travaux lors de notre escale du lundi 4 février 2008, s’est magnifiquement embelli. Sur les faces des roches volcaniques en contrebas de l’esplanade pavée de l’auditorium, nous découvrons des œuvres peintes représentant les portraits de célébrités. Maria Callas, Maurice Clavel, Pavarotti, Beethoven, Giuseppe Verdi et bien d’autres dévoilent leur visage. Leoš Janáček, chère au cœur de notre amie pianiste Sarah Lavaud, connue le jeudi 11 septembre 2008 sur le navire Diamant de la compagnie du Ponant, fait partie des nombreux portraits qui s’avèrent être majoritairement ceux de musiciens. Céline Dion, Bob Marley, Madonna, Bob Dylan côtoient la roche maitresse où figure un commentaire sur la présence de toutes ces œuvres. Les cent visages de ces artistes furent créés par l'artiste bulgare Stoiko Gagamov à partir de l’année 2010. Certaines œuvres furent peintes sur des cubes de béton, mais la plupart s’offrent aux regards sur des roches naturelles. La première réalisation de Stoiko représente le visage de l'architecte Santiago Calatrava, le concepteur de l'auditorium. Le chanteur Luciano Pavarotti compose la seconde naissance, suivie pendant neuf mois, de quatre-vingt-dix huit autres « bébés ». Les courbes des bustes et des portraits sont silhouettées de blanc pour faire ressortir les traits sur les pierres noires.



            Depuis que j’ai quitté les chemins qui ne m’appartenaient plus, à force de voyager dans l’insignifiance devant l’infini de la création des humains et de la nature, je me sens de plus en plus serein devant les innombrables réalisations qui couvrent la planète, dont la démesure de certaines frôle le gigantisme. Le colossal auditorium montre une note de légèreté avec la pointe de sa « quenouille » où la Belle au Bois dormant n’aurait jamais pu se piquer le doigt au regard des dizaines de mètres de sa hauteur. Nous continuons notre balade en nous approchant du « Castillo de San Juan Bautista ». Cette forteresse cylindrique défensive, édifiée au dix-septième siècle, se situe à proximité de la « Casa de la Pólvora » qui servit de réserve d'explosifs. Devant le château, une sculpture blanche au cœur en acier, réalisée par César Manrique Cabrera et construite en 2001 par Aquilino Dorta Perez, attire les regards par son originale et futuriste silhouette élancée munie d’un prisme quadrangulaire et de polygones. Telles des roues à aube de moulin, des tubes s’amusent à tourner quand le vent souffle. Le proche « Parque Marítimo » représente la dernière œuvre de César Manrique qui fut achevée par deux amis architectes après sa mort. Je monte sur un muret en pierre pour photographier l’île paradisiaque du parc maritime, entourée de bassins en dénivelé, agrémentée de palmiers, de plantes ornementales et de cascades. Une partie du site est fermée pour travaux. Nous contournons la réserve de poudre, nous cheminons sur l’avenue de la constitution où des œuvres au sol rappellent les différents carnavals passés. Les « Fiestas de Invierno » de 1967 se déroulèrent du 28 janvier au 5 février.



            Nous bifurquons à gauche dans la calle Celia Cruz. Plus avant, une longue fresque murale décore tout un côté de la calle Alcalde Ernesto Rumeu de Armas. Sa réalisation a été patronnée par la Fondation Disa et par l'organisation « Plena Inclusión Canarias » qui représente les personnes ayant une déficience intellectuelle. La fresque du projet « Desafi-Arte », signée par Víctor Seus qui en est l’initiateur, a été exécutée conjointement par cet artiste réputé de Tenerife, par un groupe d’enfants handicapés mentaux et par des artistes de la « Escuela de Arte Fernando Estevez ». La fresque, baptisée « Cambiópolis, Ciudad de Transición » [Cambiópolis, Ville en transition] et inaugurée l’année passée, dévoile notamment une grandiose tortue caouanne et un guirre aux ailes jaune et noir. Le mot guirre, d’origine guanche, désigne le vautour d'Égypte. Nous rejoignons le magasin El Cortes Inglés par le paseo José Manuel Gonzalez Mena où la fresque se poursuit avec des thèmes différents. Un buste de José Manuel González Mena, qui fut jusqu’à sa mort en 2009 le soliste de « Los Sabandeños », un groupe de musique traditionnelle des îles Canaries né à Tenerife en 1965, trône sur la large promenade qui porte son nom.



            Nous entrons dans le magasin après quinze heures quinze. Aux  rayons homme, je cherche vainement des sandales à scratch. Un cintre pour pantalon est acheté à Rosa au cinquième étage. Au supermarché, nous choisissons du chocolat noir avec 92% de cacao de la marque Valor connue à Madrid l’année passée, de la chicorée soluble et des figues sèches farinées d’Espagne. Yaiza, une ravissante femme brune au regard serein, nous accueille à la caisse. Nous entrons ensuite en face dans le Starbucks Coffee. Une dame, qui se déplace avec une béquille, entre à son tour avec une autre femme. Nous échangeons un sourire. Nous sommes descendus ensemble dans l’ascenseur après l’achat du cintre. Après un dernier regard à la vitrine de la pâtisserie, nous retournons au parking. Nous remarquons une peinture du volcan Teide contre le mur surplombant le tapis roulant qui nous descend au niveau inférieur. Nous réglons les cinq euros quarante du stationnement, soit quatre fois moins cher qu’au parking du Mont-Blanc à Genève pour une durée similaire.



            Une heure plus tard, nous arrivons à Icod où je gare la voiture à cinq cents mètres de l’appartement, à défaut de place plus près. Durant le trajet, divers panneaux directionnels indiquaient : « Valle de Guerra ». Un sms de Xavier et Flore se dévoilent chez nous. Nos amis sont de passage à Annecy ; nous les rencontrerons après notre retour à Borly. Nous avons assisté à leur mariage le samedi 28 septembre 2013. Flore est née au Tchad. Xavier a rencontré Flore lors de ses voyages. Ils œuvrent  tous les deux dans l’humanitaire sur la planète.



            L’entracte coutumier est apprécié après les quelque six kilomètres parcourus à pied aujourd’hui. Les photos sont chargées et le récit de la journée commence avec une autre promenade, sur la toile Internet cette fois. Un temps de lecture succède au dîner. Un coup de théâtre se produit lors des deux derniers épisodes de la saison une de « The Good Place » où une réflexion intuitive d’Eleanor amène une révélation surprenante…

la superbe passerelle pour piétons de l’autoroute TF-5 qui permet d’accéder à l’hôpital universitaire de « Nuestra Señora de Candelaria »






« Mercado Municipal Nuestra Senora de Africa La Recova »









l’auditorium « Adán Martin » de Santa Cruz sur l’avenida de la Constitucion







l’île paradisiaque du parc maritime




un guirre aux ailes jaune et noir

une grandiose tortue caouanne



 




une sculpture blanche au cœur en acier, réalisée par César Manrique Cabrera




une partie de la fresque, baptisée « Cambiópolis, Ciudad de Transición »

Promenade dans Santa Cruz

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