Le
soleil brille et le ciel est grand bleu. Le blog est actualisé à onze heures
vingt-quatre. Une quinzaine de minutes plus tard, nous roulons en direction de
la capitale. Patrick est au volant. Nous arrivons à Santa Cruz vers midi vingt.
Nous passons sous la superbe passerelle pour piétons de l’autoroute TF-5 qui
permet d’accéder à l’hôpital universitaire de « Nuestra Señora de Candelaria ».
Le design du pont s’apparente à une harpe dans l’esprit de Patrick. Quelques
minutes plus tard, il gare la voiture dans le parking souterrain du grand magasin
« El Corte Inglés » sur l’avenida Tres de Mayo. Nous sortons du magasin au
niveau de la pâtisserie. Une partie de l’offre attrayante présente des douceurs
en forme de cœur ; la Saint Valentin oblige. Des affiches et quatre mannequins
déguisés annoncent le prochain carnaval.
Nous
suivons la calle José Hernández Alfonso pour aller déjeuner au marché
municipal. Nous accédons aujourd’hui au « Mercado Municipal Nuestra Senora de
Africa La Recova » par la calle Darias y Padron. Nous admirons la tour de style
mudéjar qui s’élance dans le ciel azur. Les murs ocre rose des bâtisses du
marché ressortent magnifiquement sous le bleu des cieux. Nous défilons devant
les étals des patios et des allées latérales après nous être assis à une table
de « La Terraza », le seul restaurant du marché, où les végétariens sont
oubliés. Chez « Arte Sano », nous optons pour deux chaussons « Piroshkis » aux
graines de sésame fourrés aux oignons et aux champignons à la crème que nous
dégustons assis sur le banc en lamelles de bois brun en face de l’étal sous la
véranda. Patrick enchaîne avec un autre chausson à base de thon. De mon côté,
je quitte ma place pour compléter mon repas dans un autre stand. Je trouve chez
Comidas preparadas « Hermanas Tosco », une minestra de verduras à trois euros
la portion servie par Toni dans une barquette en plastique. Pendant que le
ragoût de légumes chauffe, je regarde les sœurs Tosco affairées à un rituel
inconnu. Elles frottent des aliments avec une sorte de farine comme pour poncer
la surface. Le ragoût se révèle délicieux. Les petits pois, les morceaux de
poivrons rouges, les haricots verts coupés, les rondelles de carottes et les
feuilles de chou blanc sont cuits à cœur dans leur bouillon. Patrick s’éclipse
un instant pour en acheter un à son tour. En son absence deux dames viennent
s’asseoir à ma gauche. Les conjoints les rejoignent et restent debout devant
elles. J’apprécie sur la nuque les chauds rayons solaires.
Après
une heure agréable dans le marché, nous suivons la calle de Bethencourt y
Molina pour nous rendre à l’auditorium « Adán Martin » de Santa Cruz sur
l’avenida de la Constitucion, devenu une attraction emblématique qui défit la
gravité. Patrick se met en tee-shirt devant les vingt-huit degrés affichés. Le
site, partiellement en friche et en travaux lors de notre escale du lundi 4
février 2008, s’est magnifiquement embelli. Sur les faces des roches
volcaniques en contrebas de l’esplanade pavée de l’auditorium, nous découvrons
des œuvres peintes représentant les portraits de célébrités. Maria Callas,
Maurice Clavel, Pavarotti, Beethoven, Giuseppe Verdi et bien d’autres dévoilent
leur visage. Leoš Janáček, chère au cœur de notre amie pianiste Sarah Lavaud,
connue le jeudi 11 septembre 2008 sur le navire Diamant de la compagnie du
Ponant, fait partie des nombreux portraits qui s’avèrent être majoritairement
ceux de musiciens. Céline Dion, Bob Marley, Madonna, Bob Dylan côtoient la
roche maitresse où figure un commentaire sur la présence de toutes ces œuvres.
Les cent visages de ces artistes furent créés par l'artiste bulgare Stoiko
Gagamov à partir de l’année 2010. Certaines œuvres furent peintes sur des cubes
de béton, mais la plupart s’offrent aux regards sur des roches naturelles. La
première réalisation de Stoiko représente le visage de l'architecte Santiago
Calatrava, le concepteur de l'auditorium. Le chanteur Luciano Pavarotti compose
la seconde naissance, suivie pendant neuf mois, de quatre-vingt-dix huit autres
« bébés ». Les courbes des bustes et des portraits sont silhouettées
de blanc pour faire ressortir les traits sur les pierres noires.
Depuis
que j’ai quitté les chemins qui ne m’appartenaient plus, à force de voyager dans
l’insignifiance devant l’infini de la création des humains et de la nature, je
me sens de plus en plus serein devant les innombrables réalisations qui
couvrent la planète, dont la démesure de certaines frôle le gigantisme. Le
colossal auditorium montre une note de légèreté avec la pointe de sa « quenouille
» où la Belle au Bois dormant n’aurait jamais pu se piquer le doigt au regard
des dizaines de mètres de sa hauteur. Nous continuons notre balade en nous
approchant du « Castillo de San Juan Bautista ». Cette forteresse
cylindrique défensive, édifiée au dix-septième siècle, se situe à proximité de
la « Casa de la Pólvora » qui servit de réserve d'explosifs. Devant
le château, une sculpture blanche au cœur en acier, réalisée par César Manrique
Cabrera et construite en 2001 par Aquilino Dorta Perez, attire les regards par son
originale et futuriste silhouette élancée munie d’un prisme quadrangulaire et
de polygones. Telles des roues à aube de moulin, des tubes s’amusent à tourner
quand le vent souffle. Le proche « Parque Marítimo » représente la dernière
œuvre de César Manrique qui fut achevée par deux amis architectes après sa
mort. Je monte sur un muret en pierre pour photographier l’île paradisiaque du
parc maritime, entourée de bassins en dénivelé, agrémentée de palmiers, de
plantes ornementales et de cascades. Une partie du site est fermée pour
travaux. Nous contournons la réserve de poudre, nous cheminons sur l’avenue de
la constitution où des œuvres au sol rappellent les différents carnavals passés.
Les « Fiestas de Invierno » de 1967 se déroulèrent du 28 janvier au 5
février.
Nous
bifurquons à gauche dans la calle Celia Cruz. Plus avant, une longue fresque
murale décore tout un côté de la calle Alcalde Ernesto Rumeu de Armas. Sa
réalisation a été patronnée par la Fondation Disa et par l'organisation « Plena
Inclusión Canarias » qui représente les personnes ayant une déficience
intellectuelle. La fresque du projet « Desafi-Arte », signée par Víctor Seus
qui en est l’initiateur, a été exécutée conjointement par cet artiste réputé de
Tenerife, par un groupe d’enfants handicapés mentaux et par des artistes de la
« Escuela de Arte Fernando Estevez ». La fresque, baptisée « Cambiópolis,
Ciudad de Transición » [Cambiópolis, Ville en transition] et inaugurée l’année
passée, dévoile notamment une grandiose tortue caouanne et un guirre aux ailes jaune et noir. Le mot
guirre, d’origine guanche, désigne le vautour d'Égypte. Nous rejoignons le
magasin El Cortes Inglés par le paseo José Manuel Gonzalez Mena où la fresque
se poursuit avec des thèmes différents. Un buste de José Manuel González Mena,
qui fut jusqu’à sa mort en 2009 le soliste de « Los Sabandeños », un groupe de
musique traditionnelle des îles Canaries né à Tenerife en 1965, trône sur la
large promenade qui porte son nom.
Nous
entrons dans le magasin après quinze heures quinze. Aux rayons homme, je cherche vainement des
sandales à scratch. Un cintre pour pantalon est acheté à Rosa au cinquième
étage. Au supermarché, nous choisissons du chocolat noir avec 92% de cacao de
la marque Valor connue à Madrid l’année passée, de la chicorée soluble et des
figues sèches farinées d’Espagne. Yaiza, une ravissante femme brune au regard
serein, nous accueille à la caisse. Nous entrons ensuite en face dans le
Starbucks Coffee. Une dame, qui se déplace avec une béquille, entre à son tour
avec une autre femme. Nous échangeons un sourire. Nous sommes descendus
ensemble dans l’ascenseur après l’achat du cintre. Après un dernier regard à la
vitrine de la pâtisserie, nous retournons au parking. Nous remarquons une
peinture du volcan Teide contre le mur surplombant le tapis roulant qui nous
descend au niveau inférieur. Nous réglons les cinq euros quarante du
stationnement, soit quatre fois moins cher qu’au parking du Mont-Blanc à Genève
pour une durée similaire.
Une
heure plus tard, nous arrivons à Icod où je gare la voiture à cinq cents mètres
de l’appartement, à défaut de place plus près. Durant le trajet, divers
panneaux directionnels indiquaient : « Valle de Guerra ». Un sms de Xavier et
Flore se dévoilent chez nous. Nos amis sont de passage à Annecy ; nous les
rencontrerons après notre retour à Borly. Nous avons assisté à leur mariage le
samedi 28 septembre 2013. Flore est née au Tchad. Xavier a rencontré Flore lors
de ses voyages. Ils œuvrent tous les
deux dans l’humanitaire sur la planète.
L’entracte
coutumier est apprécié après les quelque six kilomètres parcourus à pied
aujourd’hui. Les photos sont chargées et le récit de la journée commence avec
une autre promenade, sur la toile Internet cette fois. Un temps de lecture
succède au dîner. Un coup de théâtre se produit lors des deux derniers épisodes
de la saison une de « The Good Place » où une réflexion intuitive d’Eleanor
amène une révélation surprenante…
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| la superbe passerelle pour piétons de l’autoroute TF-5 qui permet
d’accéder à l’hôpital universitaire de « Nuestra Señora de Candelaria » |
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| « Mercado Municipal Nuestra Senora de Africa La Recova » |
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| l’auditorium « Adán Martin » de Santa Cruz sur
l’avenida de la Constitucion |
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| l’île paradisiaque du parc maritime |
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| un guirre aux ailes jaune et noir |
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| une grandiose tortue caouanne |
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| une sculpture blanche au cœur en acier, réalisée par César Manrique
Cabrera |
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| une partie de la fresque, baptisée « Cambiópolis, Ciudad de Transición » |
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| Promenade dans Santa Cruz |
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