Un
rêve poignant voit la présence de mon frère et de ma sœur. Le yoga des yeux sur
le balcon et la salutation au soleil, qui brille dans le ciel bleu, succèdent
aux rites et au petit-déjeuner. Le récit de la journée d’hier se
poursuit. Je sirote de la chicorée au lait de riz dans la matinée. Les onze
heures trente passent par le ruisseau de l’écriture. Le blog du voyage est actualisé. Les
blogs de Patrick et les messageries sont consultés. Je regarde sur Netflix la
bande-annonce de la série espagnole « L’éternelle sorcière ».
Nous
sortons de l’appartement après midi trente, nous marchons jusqu’à la voiture,
nous prenons la direction de Garachico où nous stationnons l'auto sur le
parking dérobé aux regards, proche de la plaza Ramon Arocha, découvert lors de
notre dernière venue. Nous marchons jusqu’au restaurant « Candelaria La
Cocinera » où Pepa nous accueille et se fait un plaisir de nous servir à la
terrasse. Nous optons aujourd’hui pour des « espárragos empanados con salsa de
champiñones » et des « setas al ajillo », sans oublier les délicieuses «
papas con mojo ». Devant mon élocution inexacte, Pepa module lentement le son
du mot « ajillo » avec la bonne inflexion pour m’apprendre la prononciation
correcte. Nous apprécions en début de repas le pain aux céréales et graines, à
peine défourné, que nous goûtons avec la savoureuse mayonnaise au persil. Un
jeune couple se restaure à une table voisine. Pepa apporte de l’eau gazeuse et une
camomille. Un peu plus tard, il dépose sur
la table les trois mets. Nous nous partageons les champignons à l’ail, les
asperges panées servies avec une sauce aux champignons et les pommes de terre
ridées. Les aliments du repas, récoltés sur l’île, flattent le palais et les
papilles. Derrière le comptoir présent en face de la table, nous voyons un
monsieur qui coupe des bâtonnets de frites après avoir épluché des pommes de
terre. Patrick écrit un poème sur le coin de son set de table : « Il y a des
routes, sans aucun doute, à la mesure des rêves, où la vie trie sa sève, sinon
c’est la peur, et que le malheur ». Durant le repas, nous parlons du président
Macron, du comportement du gouvernement fasciste italien le concernant, des
suites de sa lettre aux Français et de l’attitude contestable des gilets
jaunes. Nous sortons du restaurant après quatorze heures trente. Pepa nous
remercie du pourboire en se lançant dans un dithyrambe en vers libres qui exprime
son enthousiasme dont, hélas, la teneur nous échappe.
Nous
allons nous promener dans le village. Le ciel d’azur participe magnifiquement à
souligner la beauté de certaines bâtisses en accentuant le contraste des
couleurs. Nous passons devant chez Carmen Rosa dont le portillon à balustres de
la porte d’entrée m’avait séduit lors de notre précédente venue. De magnifiques
balcons se laissent admirer. Nous atteignons l'ancien « Convento de San
Francisco » qui a pu survivre à l'éruption de 1706. Il abrite aujourd’hui
l’hôtel de ville et la « Casa de la Cultura ». Les couleurs ocre jaune et terre
de sienne des deux maisons communes, flanquées de palmiers élancés, se côtoient
harmonieusement sous le ciel bleu qui intensifie leur éclat. Nous suivons la
calle Eutropio Rodríguez de la Sierra où d’autres balcons séduisent le regard.
Depuis la calle Isla de la Gomera, perpendiculaire, je peux admirer l’océan qui
se perd en contrebas aux confins du ciel bleu. Avant de continuer sur la calle
San Sebastián, nous glissons notre regard derrière les grilles d’un jardinet. Un
vieux tonneau cerclé de métal végète contre un mur en décrépitude devant une
brouette disposée dans un massif empierré qui participe à la beauté surannée du
site après sa transformation en baquet à fleurs. Nous atteignons les étonnantes
bâtisses enchevêtrées de l’Instituto de educación secundaria « Alcalde Lorenzo
Dorta » dont les façades montrent une couleur ocre rouge du plus bel effet au
travers de la ramure épanouie des palmiers du jardin. La couleur blanche des
petites pyramides qui coiffent les pilastres de l’enceinte assortie aux façades
s’assortit à celle des doubles arcades de l’entrée.
Les
balcons rivalisent de beauté sur la calle Santo Domingo où deux adolescentes
déjeunent assises sur le seuil de la porte d’entrée de leur maison sous un
parapluie bleu clair pour se protéger des rayons solaires. Enjouées et rieuses,
elles répondent à notre sourire avec un « holà » sonore. J’aperçois une grappe
de raisin noir dans une assiette creuse parmi d’autres mets. La vaste bâtisse
du « Patronato Hospital Residencia de Ancianos » entre dans le champ de vision.
L’objectif de Patrick est atteint. Je le remercie de sa recherche sur le web.
Je suis conquis par les jardins arborés magnifiquement entretenus qui
surplombent la baie et le « Roque de Garachico », par les allées pavées en
pierre, par le bassin octogonal, par la végétation luxuriante ombragée par des
palmiers et autres arbres vénérables enclos dans des parterres aux murets en
pierre plantés de fleurs, de cactus et d’autres plantes. La vue magnifique sur
le front de mer permet de prendre de belles photos du littoral où les vagues
jaillissent sur les roches volcaniques. Je salue d’un « holà » un vieux
monsieur assis sur un banc devant l’entrée de la résidence pour personnes âgées
qui abritait autrefois le « Covento Santo Dominico ».
Les
premiers frères dominicains arrivèrent dans la région vers la fin du seizième
siècle. Ils s’installèrent au début à San Pedro de Daute. Une douzaine d’années
plus tard, Don Nicoloso de Ponte leur céda gratuitement des terres à Garachico
pour la construction de leur couvent. Avant la fin du siècle suivant, le
couvent avait atteint les dimensions actuelles. Nous admirons la remarquable
façade ocre jaune embellie de sept balcons en bois en enfilade, reposant sur
des consoles en forme de bulbe, qui bénéficient individuellement d’une séduisante
toiture. En raison de sa situation élevée, le couvent échappa aux éruptions
volcaniques de 1706. Il faut s’imaginer le site sans les quelque dix mètres
d’épaisseur de lave qui se solidifièrent autour du couvent, donnant aujourd’hui
l’impression de plus faible élévation. Après le départ énigmatique des
Dominicains, le couvent resta dans un abandon absolu. Il fut repris par la
municipalité de Garachico qui le restaura. De nos jours, il abrite la résidence
« Notre-Dame de la Conception » dévouée aux soins des personnes âgées, un
auditorium et un musée d'art contemporain.
Nous
sortons des jardins pour suivre la calle el Majuelo qui borde les bâtiments
nichés dans un superbe écrin végétal de la vaste bananeraie, déployée de chaque
côté de la route TF42, nommée avenida Adolfo Suárez, par laquelle nous sommes
arrivés à Garachico. Nous suivons la rue el Majuelo noyée de part et d’autre
dans les plants de bananes dont les régimes sont enveloppés de housse en
plastique bleu. Chaque régime se compose de quelques centaines de bananes. Je «
vois » des centaines de milliers de bananes tout autour de nous, je suis
pénétré d’une joie intense empreinte de remerciement et je pense à l’abondance
infinie de Gaia. La pénurie est une idée fausse véhiculée par nombre de gouvernements
et de multinationales pour maintenir les prix élevés, pour entretenir la peur
du manque et pour priver la masse des gens du bienheureux nomadisme qui nuirait
au contrôle des populations en desservant leurs intérêts mercantiles et leur
soif de puissance.
Nous
revenons tranquillement vers le centre en longeant le littoral. La forte houle
génère de fougueuses vagues qui viennent s’éclater sur les rochers dans un
jaillissement d’écume. Les travaux de réfection des garde-corps métalliques sur
une partie du trottoir sont terminés et nous pouvons marcher au bord des
rochers et des brise-lames jusqu’au Castillo de San Miguel. Nous voyons que le
restaurant « Arepera El Roque » est ouvert. Nous avons suivi l’avancée des
gros travaux de rénovation lors de nos venues précédentes, dont la rapidité
d’exécution semble inconnue en France. Chez « Le Patissier », sur l’avenida Tomé
Cano, j’achète une « porción » de cake au chocolat pour le dîner. Nous
retournons tranquillement au parking. L’horloge digitale de la « Farmacia
Acevedo », proche de la plaza Juan González de la Torre, indique une
température de 27°.
Durant
le trajet retour, j’aperçois le jeune couple, présent sur une photo prise
devant la « Casa de la Cultura », qui chemine au niveau de la Marina environ
deux kilomètres plus loin. Tout comme nous, il aime la marche. Nous arrivons à
Icod vers seize heures. La voiture est garée à l’emplacement devenu habituel
sur la calle Fray Cristóbal Oramas, à environ cinq cents mètres de chez nous.
Après un crochet à l’appartement, nous allons effectuer des courses chez
Alteza. En sortant du supermarché, nous suivons la calle Siervo de Dios. Nous
nous arrêtons devant la vitrine du magasin « Coquitos » qui vend des vêtements
pour enfants. Un cupidon en peluche, à l’abondante chevelure rousse bouclée, en
couche-culotte bleu ciel décorée de cœurs blancs, s’apprête à lancer une flèche
en forme de cœur. On peut lire sous la figurine : « Enamórate de Icod » [Tomber
amoureux d'Icod]. Depuis chez Rocasa, Natalia me fait un signe de la main, la
porte grande ouverte, comme toutes les portes des commerces quelle que soit la
température extérieure.
De
retour dans l’appartement, les photos sont chargées et la narration de la
journée commence. Lors de la pause-détente, je teste le chocolat Tirma à 70% de
cacao, acheté chez Alteza. La saveur intense et suave du cacao surprend
agréablement. La société canarienne, basée sur l'avenue Escaleritas à Las
Palmas à Gran Canaria, est née en 1941 du regroupement de différents
chocolatiers indépendants qui opéraient chacun de leur côté. Vers
dix-huit heures, un sms de Suzanne se dévoile. Elle nous remercie pour l’envoi
de notre belle carte postale, tout en ajoutant que Tenerife c’est quand même
plus agréable que le paysage enneigé d’Habère-Lullin.
Lors
du dîner, je croque une pomme et je savoure la part de cake au chocolat avec
des rondelles de banane. Je continue la lecture captivante du livre de Melvin.
Nous regardons le dernier épisode de la première saison « Sex Education ». Les
saynètes de vie des différents protagonistes se multiplient, se raccourcissent
et s’enchaînent dans un rythme soutenu, dans une intensité émotionnelle
croissante, comme pour annoncer une fin possible de la série, tout en plaçant
cependant les jalons d’une prochaine saison…
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| nous marchons jusqu’à la voiture |
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| nous stationnons la berline sur le parking dérobé aux regards |
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| restaurant « Candelaria La Cocinera » |
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| le jeune couple, présent sur une photo prise devant la « Casa de la
Cultura » |
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| L'ancien « Convento de San Francisco » qui abrite l’hôtel de ville et la « Casa de la
Cultura » |
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| les étonnantes bâtisses enchevêtrées de l’Instituto de educación
secundaria « Alcalde Lorenzo Dorta » |
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| le « Covento Santo Dominico » |
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| les jardins arborés surplombent la baie et
le « Roque de Garachico » |
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| le « Covento Santo Dominico » |
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| Vue depuis le « Covento Santo Dominico » |
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| Vue depuis le « Covento Santo Dominico » |
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| Vue depuis le « Covento Santo Dominico » |
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| le « Covento Santo Dominico » |
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| le « Covento Santo Dominico » |
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| la calle el Majuelo qui borde les bâtiments nichés dans un superbe écrin
végétal de la vaste bananeraie |
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| la vaste bananeraie |
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| Chaque régime se compose de quelques centaines de bananes |
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| la route TF42, nommée avenida Adolfo Suárez, et la bananeraie |
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| le « Roque de Garachico » |
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| L’horloge digitale de la « Farmacia Acevedo » indique une température de 27°. |
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| Un vieux tonneau cerclé de métal végète contre un mur en décrépitude devant
une brouette |
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| le « Covento Santo Dominico » |
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| Vue depuis le « Covento Santo Dominico » |
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| Promenade dans Garachico |
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| Promenade dans Garachico |
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| On peut lire sous la figurine : « Enamórate de Icod » [Tomber amoureux
d'Icod] |
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| je teste le chocolat Tirma à 70% de cacao, acheté chez Alteza |
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