Lors
du petit déjeuner, je découvre joyeusement en arrivant en cuisine deux
croissants à la farine complète, en forme de gros crabe, que Patrick vient
d’acheter chez le boulanger. J’en savoure un avec des rondelles de bananes, des
dattes et des arachides.
Nous
sortons vers midi quarante-cinq. Une fois dans la rue, je monte à l’épicerie
pour apporter les vingt centimes dus. Le patron me remercie avec un franc
sourire, me fait une tape amicale sur l’épaule et me dit « hasta luego » [à la
prochaîne ou à bientôt]. Les minutes suivantes nous accompagnent à Garachico.
Dans une ruelle, je vois un sachet transparent contenant un pain accroché à la
poignée d’une porte fermée. La confiance semble de mise dans le village. Je
m’attarde devant une autre porte en bois dont le portillon à balustres me
séduit. Le restaurant « Candelaria La Cocinera » est fermé le lundi. Nous
allons déjeuner à la « Tasca del Vino ».
L’accueil
se montre aussi chaleureux que le jour de notre première venue. La seule table
libre est celle du précédent repas. Lors de la commande, notre charmante
hôtesse, à la probité spontanée, repousse notre troisième choix en secouant la
tête négativement, le mouvement des bras accompagnant son opposition dépouillée
d'intérêt financier. Je prends quelques photos durant la préparation des plats
dont des photos anciennes et des objets usuels qui décorent le dessus d’une
corniche. Le plat de « garbanzos » est déposé sur la table ; les pois chiches
castillans sont agrémentés de rondelles de chorizo. Je teste le saucisson
espagnol, fabriqué à partir d'un mélange de porc assaisonné avec du sel et du «
pimentón », une variété de paprika très doux, fumé au bois de chêne, qui lui
confère un goût légèrement fruité et une couleur rouille. De l’eau gazeuse et
de la « manzanilla » accompagnent la nourriture. Nous nous partageons le ragoût
dont le bouillon de cuisson s’avère excellent. Les deux « tortillas españolas »
arrivent fumantes des cuisines.
Une
légende raconte que le général Tomás de Zumalacárregui, lors du siège de
Bilbao en 1835, inventa l'omelette aux pommes de terre en tant que plat simple,
rapide et nutritif pour nourrir les quatorze bataillons qui tentèrent
d’assiéger la ville.
Deux
morceaux de tomate et des lamelles de salade verte en sauce escortent les
tortillas. Les bouchées d’omelette aux pommes de terre, crémeuses par endroits,
ravissent les papilles. Toutefois, devant le diamètre confortable de l’épaisse
omelette, la faim pleinement satisfaite, nous renonçons à terminer la
spécialité espagnole… contrairement à un convive, au ventre rebondi, présent à
une table voisine avec son fils et une jeune femme à la longue chevelure noire
assise de dos. Les trois vacanciers ont dégusté en entrée des tranchettes de
fromage et de jambon avec nombre de petites biscottes carrées. Chacun a un
métabolisme différent. À quel moment les besoins nutritionnels sont-ils comblés
? Comment faire la différence entre la faim physiologique et la faim
psychologique ? J’imagine que les manifestations de la faim diffèrent d’une
personne à l’autre.
Nous
sortons du restaurant à quatorze heures vingt après un pourboire donné à notre
hôtesse, expressive et attentionnée, qui avait vu juste en renonçant à prendre
la commande du troisième choix. Nous nous rendons chez « Le Pâtissier ». En
chemin, un superbe balcon en bois sombre et un heurtoir de porte, bronze et or,
représentant une tête de lion sont admirés. Nous achetons des barres à la
banane et une part de cake artisanal au chocolat pour le dîner. Nous nous
promenons ensuite dans le village. Nous passons devant la boutique « Artesanía
Garachico ». Une enseigne sculptée en bois représente le campanile de la proche
église Santa Ana.
Depuis
les hauteurs, sur la « Transversal Mencey Caconaymo », nous admirons d’autres
perspectives du village. Des fleurs aux pétales jaune citron nous charment.
Dans une étreinte spontanée, j’entoure de mes bras le tronc d’un eucalyptus qui
termine sa mue. En contrebas, la circulation est alternée sur la route au bord
du littoral. Une voiture rouge menace de tomber en panne. La couleur du pelage
d’un chat pelotonné se confond avec les roches d’où il nous regarde. La
peinture, qui fut peut-être de couleur émeraude, d’un charmant petit cabanon en
bois, abritant un petit bateau, termine de s’écailler. Des cactus et des
figuiers de barbarie bordent la route. Patrick glisse entre les pages de son calepin
une feuille sèche de géranium rose et or, de taille inhabituelle. Des
bougainvilliers orange et roses se penchent dans le vide. De retour au centre
bourg, nous détaillons sur un mur ocre rouge en retrait du flux touristique une
seconde carte des îles Canaries en céramique entourée de blasons. Cette fois,
contrairement à celle découverte il y a une huitaine de jours, tous les blasons
sont présents autour de la carte. Je photographie ceux des villes et villages
visités, dont celui d’Icod et de Garachico. Patrick pense que les blasons
disparus de l’autre carte ont été décollés par des touristes. Sur la plaza Ramon
Arocha, un coq noir à la crête rouge vif se remarque dans le massif arboré d’un
arbre au tronc multiple. Nous retournons à la voiture en suivant l’avenida Tomé
Cano. Deux ouvriers garnissent artisanalement un muret avec des pierres
volcaniques.
Nous
sommes de retour à seize heures à Icod. Une place se libère devant
l’appartement à l’instant où nous entrons dans la calle del Calvario. Le fait
d’avoir laissé passer courtoisement trois voitures sur la calle Francisco
Miranda a favorisé ce synchronisme très apprécié. J’œuvre sur l’ordinateur. Un
entracte m’offre de siroter un cacao au lait de riz à la noisette avec un
carreau de chocolat noir. Patrick apprécie un jus d’orange. À dix-huit heures,
le blog est actualisé. La narration de la journée commence.
Lors du dîner, après une
pomme, je savoure un smoothie banane, datte et cerises, avec du cake au
chocolat partagé avec Patrick. Après un temps de lecture, nous prenons plaisir
à nous détendre avec deux épisodes de « The Good Place » où Eleanor finit par se
dénoncer…
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| je découvre joyeusement en arrivant en cuisine deux croissants à la
farine complète |
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| un sachet transparent contenant un pain accroché à la poignée d’une
porte fermée |
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| une autre porte en bois dont le portillon à balustres me séduit |
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| des photos anciennes... |
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| ...et des objets usuels qui décorent le dessus d’une corniche |
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| Le plat de « garbanzos » est déposé sur la table |
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| Les deux « tortillas españolas » arrivent fumantes des cuisines |
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| Nous sortons du restaurant à quatorze heures vingt |
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| un superbe balcon en bois sombre et... |
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| ...un heurtoir de porte, bronze et or, représentant une tête de lion sont
admirés |
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| Nous nous rendons chez « Le Pâtissier » |
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| Une enseigne sculptée en bois représente le campanile de la proche
église Santa Ana |
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| Depuis les hauteurs, sur la « Transversal Mencey Caconaymo », nous
admirons d’autres perspectives du village |
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| le tronc d’un eucalyptus qui termine sa mue |
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| nous
admirons d’autres perspectives du village |
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| charmant petit cabanon en bois, abritant un petit bateau |
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| Des cactus bordent la route |
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| Des figuiers de barbarie bordent la route |
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| Des fleurs aux pétales jaune citron nous charment |
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| La couleur du pelage d’un chat pelotonné se confond avec les roches |
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| une feuille sèche de géranium rose et or, de taille inhabituelle |
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| carte des îles Canaries en céramique entourée de blasons |
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| Blason d’Icod |
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| Sur la plaza Ramon Arocha, un coq noir à la crête rouge vif se remarque |
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| Deux ouvriers garnissent artisanalement un muret avec des pierres
volcaniques |
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| Nous retournons à la voiture en suivant l’avenida Tomé Cano |
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