Les
ablutions et le petit déjeuner précèdent la séance de yoga des yeux sur le
balcon où le soleil darde ses chauds rayons dans un ciel d’azur. L’appel à la
prière résonne quand j’effectue le palming avec mes paumes sur les yeux. La
température déjà élevée annonce une chaude journée. Après la consultation des
blogs de Patrick, je poursuis la narration de la journée d’hier. Du jus de
pomme Juver est siroté en fin de matinée. Le blog est actualisé avant d’aller
effectuer des courses chez Monsieur Virce. À chacune de nos venues, il y a
toujours des clients dans le magasin. Le charmant commerçant, sympathique,
prévenant et efficace, sait fidéliser sa clientèle. Nous déjeunons dans l’appartement.
La baguette de pain, tartinée de beurre crémeux, achetée à la boulangerie pour
trente-cinq centimes d’euro, croustillante et odorante, accompagne des rondelles
de courgette, des morceaux de tomate bien mûre, du cheddar, du brie et quelques
chips.
Nous
sortons de l’appartement vers quatorze heures pour nous rendre à Los Gigantes.
Nous traversons tour à tour les villages de El Tanque, Ruigómez et Erjos.
Patrick prend le volant pour la descente vers Santiago del Teide. À la sortie
du village, nous prenons la route TF 82. Nous effectuons une halte sur le
parking du restaurant Vista Guama pour apprécier le paysage entre océan et
montagnes. Deux garçons pique-niquent à côté de leur voiture. J’échange un
regard avec le garçon barbu. Le ciel et l’océan se confondent à distance, en
contrebas du village de Tamaimo, dans une lumière blafarde et bleutée qui
limite la prise de photos. Nous reprenons la route. Plus bas, je remarque dans
le paysage désertique une séduisante maison en terrasses, aux murs peints en
vert amande. Par endroits, le paysage se couvre de serres aux tailles imposantes.
Un
peu avant quinze heures, nous atteignons le village côtier de Puerto de
Santiago devenu un centre touristique grâce aux « Acantilados [falaises] de los
Gigantes ». Avant d’atteindre le cœur de la cité, nous effectuons un arrêt au
« Mirador Archipenque ». Nous garons la voiture en contrebas du site,
après une maisonnette en pierre blottie dans le coude du virage en épingle à
cheveux. Nous profitons d'une vue sur les falaises de Los Gigantes, sur le
village, sur le port de plaisance et sur les résidences en terrasses qui
cascadent dans le prolongement des falaises abruptes. Les impressionnantes
parois rocheuses verticales, qui se dressent parfois à plus de cinq cents
mètres au-dessus des flots, s'étendent du port de Los Gigantes jusqu’à la Punta
de Teno, la pointe la plus à l'ouest de l'île. Les Guanches considéraient ces
murs de pierre sacrés comme les limites de leur monde. Une barque transformée
en bac à fleurs et un bateau participent à la décoration de l’espace décoratif
empierré, planté de palmiers, aménagé dans le virage supérieur devant le
Mirador. Les plats-bords bleu ciel et le bas des coques peint en rouge confèrent
du charme aux deux embarcations. La terrasse du café bazar, arrimée dans un mur
en pierre, avance dans le vide et surplombe une piscine en contrebas installée
sur le toit d’une villa. Une petite tourelle en pierre volcanique domine le
site et offre une large vue alentour dont la portée est limitée. L'île de La
Gomera a disparu dans le voile lactescent qui enveloppe l’horizon dans le
lointain. Nous grimpons la volée de marches circulaires. Nous voyons les vagues fougueuses,
fidèles à elles-mêmes, qui se plaisent à écumer à tout va le littoral. Nous
revenons à la voiture en photographiant le panneau « Puerto de Santiago ».
En
entrant dans le village, nous voyons des résidences en terrasses en cours de
construction contre les parois rocheuses. L’effet de ces ossatures de béton
brut aux ouvertures béantes est saisissant. Au centre bourg, les places de
parking, limitées, sont toutes occupées. La chance opère sur l’avenida Jose
Gonzalez Forte, au retour du parking en boucle qui termine l’avenue. Une
voiture quitte son stationnement. Je range la voiture en créneau. Nous marchons
vers le port situé à quelques centaines de mètres. Nous suivons la calle
Poblado Marinero en cul-de-sac qui longe la Marina, interdite au public,
entourée de murs. Cafés, restaurants, boutiques de souvenirs et supérettes
se partagent le trottoir. Une certaine animation récréative règne sur les terrasses. Les falaises massives
se dressent devant nous, toutefois la sensation de gigantisme est faible. Des
poissons nagent rêveusement dans l’eau turquoise. Une sculpture circulaire se
dessine dans le ciel bleu sur fond de falaises. Des mains en métal turquoise
clair, fixées au bout de tiges, rayonnent depuis une sphère. En revenant sur
nos pas, nous apercevons une ruelle qui invite à l’explorer. Nous la suivons.
Je croise un beau jeune homme en bermuda de bain rouge et pourpre. Surpris par
la destination, nous atteignons la playa de los Guíos, une petite plage de
sable noir, blottie dans une crique aux pieds des falaises. La plage est
animée. Les vagues fougueuses se déchaînent et limitent la baignade. La
bronzette est de mise. Une fillette, au ventre bien rond, s’amuse dans le
sable. Patrick photographie un voilier à distance qui semble minuscule aux bas
des falaises. Ce contraste permet de réaliser leur hauteur vertigineuse.
Nous
revenons sur nos pas. Un scooter rose aux selles blanches décore et sert
d’accroche devant un magasin de souvenirs. Les activités culturelles étant
inexistantes dans le village, nous semble-t-il, nous allons flâner dans la rue
commerçante Flor de Pascua. L’horloge de la Parroquia del Espìritu Santo
s’apprête à sonner la seizième heure du jour. Plus avant, l’hôtel Sensimar, qui
appartient au groupe Tui, réserve ses chambres aux adultes pour un séjour
romantique dans cette supposée localité idyllique. Au bout de la rue, une
fresque de Momoshi, alias Peter Herr, réalisée en 2014, attire les regards par
ses couleurs vives et son graphisme surréaliste. Après la promenade, nous
retournons à la voiture. Une dernière photo, prise au-dessus de la toiture plate
d’une maison, depuis le trottoir où l'auto est garée, offre une vision
assez impressionnante des falaises qui dominent la Marina. Pour éviter de
remonter la route sinueuse à lacets, nous retournons à Icod par une autre voie.
À la sortie du village, au centre d’un rond-point, la sculpture d’une femme de
pêcheur, l’anse d’un seau en fer dans la main droite, un large panier sur la
tête, surprend par sa taille digne de celle de Gulliver. Nombre de plantations
de bananes, en terrasses pour certaines, se succèdent le long du trajet. Je m'interroge sur l'approvisionnement en eau, aucun bassin n'étant visible alentour. Nous
traversons la ville d’Alcalá pour prendre l’autoroute TF 1, suivie précédemment
depuis Las Américas. Après le tunnel jumeau d'El Bicho, nous reprenons la route
de Santiago del Teide. Je donne le volant à Patrick après le Puerto de Erjos.
Nous
sommes de retour dans l’appartement un peu avant dix-sept heures trente. La
pause-détente est la bienvenue après la chaleur de l’habitacle
pénétré par les rayons solaires ardents. Après un ouvrage sur l’ordinateur, je
charge les photos et je commence la narration de la journée. Lors du dîner, une
pomme, une part de bizcochon et une tranche de pan datiles Tunecinos 90% y
nueces sont savourés avec des rondelles de banane. Par la magie de la lecture, je retrouve le chemin de vie
de la petite Sophie, devenue adolescente, qui se résigne à quitter son village
natal après la mort d’Apolonie. Une téléportation sur le vaisseau Discovery
nous offre un temps de détente dans l’univers imaginé par Gene Roddenberry…
Second appareil photo :



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