lundi 25 février 2019

Salón de peluquería Pedro García…


     Lors des rites matinaux, je commence la prise d’une ampoule de décoction d’aubier de tilleul sauvage du Roussillon La Gravelline. Le petit déjeuner précède la séance de yoga des yeux sur le balcon. Le soleil brille, le ciel est d’azur et la température estivale. Des personnes assises sur des bancs différents devant la chapelle bavardent entre elles avec animation. J’entends les éclats de voix. Entre dix et onze heures,  nous sommes au « Salón de peluquería Pedro García » sur la calle San Agustín, au bas de la rue, à quelques pas de chez nous. Trois hommes attendent leur tour dont un aîné qui lit le journal « El Día». Nous prenons place à côté d’eux. Les rayons du soleil entrent par la porte ouverte et au travers de la baie vitrée. Quand mon tour est venu, je montre à l’un des deux barbiers l’écran de l’iPhone où sont traduites en espagnol les indications pour ma coupe de cheveux. Un peigne de treize millimètres est sélectionné pour la tondeuse. Une sorte de collerette blanche en papier est mise autour du cou et repliée sur l’encolure de la blouse de protection. Les gestes du barbier sont lents, précis et détendus. La finition est soignée et plus complète que celle connue en France. Je ressens qu’ici les minutes passent paisiblement et que le chiffre d’affaires est secondaire dans les priorités du salon. Le montant de la prestation revient à huit euros, contre plus de vingt euros à Cranves-Sales. Une jeune coiffeuse lit les indications de la coupe de Patrick, écrites sur un feuillet. Il paie un euro de plus que moi et donne à la « peluquera » deux euros de gratification. Le va et vient de la clientèle est continuelle et les habitués attendent leur tour tranquillement. De retour dans l’appartement, je regarde les blogs de Patrick. La narration de la journée d’hier se poursuit. Du jus de pomme Juver est siroté en fin de matinée.

            Nous allons déjeuner à la « Casa de comidas La Parada » sur la rambla Pérez del Cristo, en contrebas de la plaza Andrés. Nous nous installons en terrasse. Le soleil au zénith offre une température très agréable. Melania prend la commande ; nous lui demandons d’apporter les plats « all mismo tiempo » [en même temps]. Nous choisissons les mêmes mets que le dimanche 17 février avec, toutefois, une modification. Le « Queso asado con mojo » [fromage  braisé] remplace les croquettes. Melania apporte les boissons et du beurre pour remplacer l’amuse-bouche carné. La manzanilla « ship » est produite par la société « Tés del mundo », située à Zaragoza [Saragosse]. Je tartine du beurre sur un morceau de baguette chaude. Un groupe de sept personnes francophones est installé à la table voisine du côté de Patrick. Il entend que les convives supportent difficilement les vifs rayons solaires au regard de l’hiver en France. Une voiture sort de la rangée de stationnement devant le restaurant. Le jeune conducteur accroche sans états d’âme la voiture rouge devant lui en partant. Nous voyons les rayures sur la peinture rouge. Le repas est savoureux et les minutes glissent sur la trame du temps dans le bien-être. Nous retournons chez nous après le déjeuner. Deux religieux en soutane noire bavardent debout sur le trottoir avec un monsieur devant le restaurant. L’un d’eux pose la main sur le bras de son interlocuteur comme le faisait Claudius. En chemin, nous passons chez Alteza pour acheter des citrons et du café. Sur la calle San Agustín, nous contournons une voiture noire, les vitres ouvertes, garée en épis sur le trottoir. Le conducteur, ou la conductrice, est entré dans une banque pour une opération. Son sac est resté sur le siège du passager, en toute confiance.

            Je sirote de la chicorée au lait de riz avant de reprendre mon ouvrage sur l’ordinateur. Dans l’après-midi, nous nous amusons à voir les tarifs de l’hôtel Tui à Puerte de Santiago. Le groupe de tourisme allemand, qui serait le plus grand du monde et le premier voyagiste français, se passe de Booking pour les réservations. Le blog est actualisé. Nous allons nous promener après la pause-détente. Un retrait d’espèces est effectué à la CaixaBank. Sur la place Andrés, un voile rosé vaporeux trouble la vue du volcan Teide. Les enfants crient et s’amusent dans leur espace ludique. Les chants sublimes des oiseaux qui nichent dans les arbres en exprimant leur joie de vivre accompagnent nos pas en nous enchantant. Nous contournons l’église. Nos yeux sont charmés par une décoration florale en arche disposée sur le portique à l’entrée de l’édifice religieux, maintenant ouvert au public. Nous entrons. La luminosité intérieure est plus importante que je ne l’imaginais. Deux effigies du Christ retiennent notre attention par le côté inhabituel de leur expression. Un Christ penseur de Rodin avec de vrais cheveux porte une sorte de chasuble qui me fait penser à la robe de chambre achetée à Covent Garden le dimanche 11 juillet 2010. Un Christ, en chasuble pourpre, s’étonne de porter une croix sur ses épaules. J’ignore les autres effigies, qui expriment la vive souffrance de Jésus, éloignées de son message d’amour. Nous allumons des bougies pour des personnes chères à nos cœurs.

            En quittant la place, nous descendons la calle Hércules. Au bas de la rue, un attroupement de jeunes gens reste une énigme. Nous suivons la calle Pepe Floro pour nous rendre à la « Frutería la Magalona » à l’angle de la calle Francisco Miranda. J’achète une grosse « parchita » [grenadille] jaune ridée bien mûre pour le dîner à moins d’un euro. En face, chez Dino, du beurre crémeux des Asturies et des chips à l’huile d’olive composent nos emplettes. Devant le magasin, je vois dans l’expression du regard du monsieur demandant l’aumône qu’il nous reconnaît.

            Nous sommes de retour à la nuit tombante quand les dix-neuf heures sonnent au clocher de la chapelle. La musique douce et relaxante de l’album « Harmonia Celesta » de Michel Pépé emplit l’espace. Les notes de piano se succèdent délicatement, baignées de celles des autres instruments de musique. Un temps de narration précède le repas, similaire à celui d'hier. La grenadille remplace le "pan datiles". Je lance les sauvegardes sur le disque dur externe. En fin de repas, la chanson « De l’amour », créée sous l’initiative de SOS Homophobie contre les agressions homophobes, laisse entendre les voix qui la composent. La lecture et deux épisodes de la série de « The Good place »  agrémentent le déroulement de la soirée…









 




















                                  Second appareil photo :





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