mercredi 20 février 2019

Calle Cecilio Montes…


     Dans un rêve… Patrick et moi, nous nous installons dans un appartement meublé offert par la vie, spacieux et richement décoré, pourvu de terrasses en décalé donnant sur un magnifique littoral. Une vingtaine de personnes participe au déjeuner le jour de notre emménagement. Sur la terrasse du salon, je lévite pour admirer une vue d’ensemble de la baie baignée de soleil. Certains invités s’en aperçoivent, d’autres non. À la fin de l’après-midi, nous invitons les personnes présentes à emporter en partant ce qui leur fait plaisir dans la décoration… Le soleil éclabousse généreusement mes yeux lors du yoga des yeux sur le balcon. Le fond de l’air est plus chaud. Les neuf heures quarante-cinq s’annoncent quand je m’installe devant l’ordinateur. La narration de la journée d’hier se poursuit avec des escapades sur Internet. Je sirote du jus de pomme Don Simon. Midi passe quand je termine le récit.

            Nous effectuons des courses chez Monsieur Virce qui nous offre un fruit jaune, un possible guayaba amarilla. Un chayota, un avocat bien mûr, une courgette et un régime de bananes composent notre sélection. Du pain de seigle est acheté à la boulangerie. Nous déjeunons chez nous où nous savourons le brie et le fromage de chèvre achetés hier. Le pain est tartiné de beurre crémeux. J’actualise le blog après le repas.

          Un peu avant quatorze heures trente, nous partons pour une promenade dans Icod. Après un court trajet sur l’avenida 25 de Abril, où nous passons devant la panadería Alteza, je m’échappe au bas d’une venelle inclinée baignée de murs colorés qui aboutit à une coquette maison dont le jardin à la séduisante végétation fleurie dévoile un superbe cactus effilé en route pour atteindre les nuages. Nous suivons la calle Cecilio Montes qui offre une vue plongeante sur le littoral, sur Garachico et son Roque, et sur le dôme « Montaña de Taco » dont le cône du cratère volcanique a été transformé en réservoir d’eau. À l’angle de la calle El Jubilado, nous passons devant  le « Centro de día para mayores » [Centre de jour pour personnes âgées] aux murs crépis en blanc. Un peu plus bas, j’admire dans un virage, à l’angle de la calle Fray Antonio Bermejo, une superbe demeure aux façades et aux murs d’enceinte peints en bleu clair. Les toitures intermédiaires aux tuiles orangées, le belvédère, les volets blancs à persiennes et les colonnades aux balustres nivéens qui surmontent les murets en dégradé de l’enceinte participent au charme de la demeure qui rêve toutefois de plus d’espace pour s’offrir un charmant jardin fleuri. La ville très étendue laisse apparaître des champs en terrasses, cultivés pour certains, en friche pour d’autres. Dans une vaste étendue à la végétation indomptée, parsemée d’arbrisseaux sauvages, nous remarquons la présence d’un citronnier épanoui dont certaines branches portent déjà de beaux fruits bien jaunes. Plus avant, une allée conduisant à la grille d’une demeure noyée dans la végétation s’enorgueillit d’exposer aux regards des figuiers de Barbarie et de superbes cactus variés escortés d’une ribambelle de plantes grasses compagnes qui rivalisent de beauté.

            Soudain, le Cementerio [cimetière] de Icod de los Vinos, entouré par un haut mur d’enceinte, apparaît dans mon champ de vision. Patrick avait repéré sa présence, quant à moi je suis agréablement surpris. Nous entrons pour une visite. Une discrète petite cour avec des niches se blottit vers l’entrée. Une fois passé un petit patio, la vue s’ouvre complètement pour dévoiler un cimetière magnifique sur deux niveaux accessibles par un réseau d'escaliers et de couloirs presque labyrinthiques. Dans le cœur central, des tombes se dressent parmi une superbe végétation indigène. Nous grimpons un escalier coudé pour nous offrir une vue d’ensemble des terrasses aux nombreuses niches funéraires et columbariums, exceptionnels de beauté par les couleurs et les mélange de styles. Des employés municipaux travaillent à la réfection de certaines niches et à la maintenance du site, heureux de ces interventions nécessaires au regard des avaries causées par les années. Une rampe inclinée empierrée, des toilettes, des allées pavées, des plantes grasses luxuriantes dont certaines sont isolées dans des enclos en fer forgé peint en blanc ressemblant à des parcs pour bébés, participent au bien-être des vivants. Je m’attarde devant certaines niches et columbariums. Je ressens une certaine émotion devant la photo d’un beau jeune homme en maillot de bain dans l’eau, mort « a los 30 años » [à trente ans], qui porte une tortue dans bras ; un grand sourire illumine son beau visage. Jorge Francisco Acosta Hernández a quitté son corps biologique le vendredi 23 octobre 2009. Des oiseaux du paradis l’accompagnent dans son envol vers d’autres horizons. Parcours éphémère, vie de mystère, beauté envolée, existence dérobée. Patrick photographie un médaillon où le visage juvénile d’un beau garçon révèle un sourire radieux ; le parcours terrestre de cet adolescent resplendissant fut bien vite interrompu. Sur une autre plaque, je vois que Candelaria Lourdes Pérez González est morte le vendredi 21 décembre 2007 à l’âge de trente-quatre ans. Le graphisme de certaines plaques se montre spectaculaire. Sur l’une d’elles, des rayons de lumière rose et blanc jaillissent d’un Christ barbu à la longue chevelure noire. Celle créé pour la disparition de Juan Jésus Carballo León montre deux oiseaux jaunes qui se regardent sur une branche, un Christ sur le pas d’une maison céleste aux murs rose et bleu, des papillons bleus, des étoiles jaunes sous une lune, un chien couché attentif et bien d’autres décorations sur fond de littoral de rêve. Nous sortons de ce lieu de charme paisible qui nous rappelle notre passage provisoire, temporaire, transitoire sur terre.

            Plus bas sur la rue, une maisonnette abandonnée, dont les cendres de l’ancien occupant occupent peut-être une niche dans le cimetière voisin, se laisse doucement envahir par la végétation dans un lâcher-prise confiant. Nous atteignons dans un coude de la rue, l’Ermita de San Felipe qui se dresse dos à l’océan sur la place du même nom. Cet ermitage, propriété de l’évêché de Tenerife, édifié au dix-huitième siècle, construit en roche volcanique, montre ses façades enduites de chaux blanche qui contrastent joliment avec les structures apparentes en lave noire. Sur le sol pavé de la place, une fontaine circulaire au bassin bleu et un vieux préau carré à claire-voie en rondins charment les regards. Le village de Garachico et le dôme Montaña de Taco se profilent à l’horizon. Au bas de la rue, je retrouve avec joie la maison sur ses pilotis ronds en béton. Je prends le temps de l’admirer, de la photographier sous divers angles et de m’imprégner de la beauté du jardin entouré de grilles noires serties dans une enceinte de murets bancs en forme de vague. La diversité de la végétation se montre impressionnante. Outre des oiseaux du paradis, des fleurs jaunes en forme de clochette et des ornements floraux de toutes les couleurs confèrent à la demeure une aura de rêve. L’escalier panoramique central accède à deux terrasses d’angle protégées par l’avancée de la toiture plate. Cette réalisation unique me fascine sans pour autant me donner envie d’y vivre au regard du nombre important de marches d’escaliers. Nous rebroussons chemin pour retourner tranquillement chez nous. La rue grimpe plus que nous ne l’imaginions. La descente fut « oubliée » devant la beauté des alentours. Une maison aux murs bleu ciel, protégée par un important mur en pierres disjointes, dresse sa haute silhouette qui surplombe des terrasses de cultures en devenir.

            Nous sommes de retour dans l’appartement un peu avant seize heures après plus de trois kilomètres de marche. Les photos sont chargées. Une dizaine de cartes postales sont écrites. Les dix-sept heures s’annoncent. Le récit de la journée commence sur le chronojournal. Des envolées sur le web, auréolées de rêverie, ponctuent le récit. Un cacao au lait de riz noisette et du chocolat Tirma sont appréciés lors de la pause-détente. Une carte postale est écrite pour ma cousine Sonia.

            Lors du dîner, similaire à celui d’hier, nous bavardons du côté éphémère de la vie. Les années passent dans celle de Sophie sur fond de Première Guerre mondiale. Nous nous téléportons pour un temps de détente sur le vaisseau Star Trek Discovery qui réintègre notre univers avec un bond temporel de neuf mois dans le futur…








































                                 Second appareil photo :

















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