Dans
un rêve… Patrick et moi, à la recherche
d’un restaurant pour déjeuner, sommes ébahis de découvrir sur un écran de
télévision les visages de nos amis Corrine et Denis. Ils animent un spot
publicitaire pour un restaurant qui ouvre sur Tenerife. Nous nous rendons sur
place et, contre toute attente, Denis et Corrine sont présents. Nous bavardons
dans la joie… Les rites et le petit déjeuner précèdent le yoga des yeux sur
le balcon. Je salue le soleil qui brille dans le ciel bleu. Le fond de l’air
est froid tout comme un léger vent qui souffle distraitement. L’hiver
envisage-t-il de resserrer son étreinte ? Un camion toupie, en livraison de
béton, passe au bas de la rue dans un vrombissement. Les dix heures s’annoncent
quand je m’installe devant l’ordinateur. Patrick, connecté sur son nouveau compte
Facebook, voit le mot « merci » de Thérèse suite à une carte qu’il a publié
pour son anniversaire. Toutefois, mon iPhone et ma messagerie personnelle sont
vides de tout message, malgré l’envoi par poste de deux cartes d’anniversaire à
ma sœur. Je m’interroge sur la vision de notre couple par notre entourage
familial et amical qui a tendance parfois à oublier l’individualité des deux
êtres qui composent notre union en nous prenant pour une seule entité et non
pour deux entités différentes. Un message de remerciement adressé à l’un,
probablement à destination des deux, oublie et froisse, heurte, voire blesse,
la sensibilité de l’autre. Chacun existe individuellement et ressent la
nécessité de recevoir séparément les messages qui le concernent directement. La
délicatesse du geste qui prend en compte la sensibilité de l'autre est souvent
absente dans l’apprentissage de la vie. Maintenant, avec de l’empathie, je me
pose aussi la question : « Comment tenir compte de la sensibilité de l'autre si
on s'efforce de faire taire la sienne ? ». Certains gestes peuvent affecter la
sensibilité, la faire vibrer et l'émerveiller. Par contre, l'altérité de celui
oublié peut ressentir une certaine indifférence, un désintéressement subjectif,
qui affecte son être et peut lui donner l’impression d’un manque de
responsabilité morale dans l’attitude de l’autre. La sensibilité et la
différence sont les marques de la vie, la sensibilité est au cœur de
l'existence humaine et le cœur est le centre de la vie ; ils célèbrent tous
notre humanité. Après cette réflexion empreinte de philosophie, je poursuis mon
ouvrage. Le blog est actualisé avant de partir vers midi trente.
Nous
déjeunons chez Foster’s Hollywood au centre commercial El Trompo à La Orotava.
La jeune Naira, qui porte un appareil pour redresser les dents mal
positionnées, s’occupe de nous. José nous salue. Nous savourons un wok
végétarien poêlé à la sauce teriyaki. Manzanilla et eau gazeuse accompagnent le
repas. Une famille avec deux enfants s’installe dans le carré derrière la
banquette de Patrick. La fillette, à la longue chevelure blonde, s’amuse avec
son smartphone. En face d’elle, l’adolescent, à la chevelure châtain clair
coupée court, aux traits fins, au visage accompagné de boutons d'acné, assis de
dos, porte une chemise pourpre.
Après
le repas, dans le centre commercial La Villa des affiches proposent aux enfants
de participer à un concours pour le carnaval ; des masques sont à gagner en
s’inscrivant sur le site lavilla2.com. Nous effectuons des courses chez Al
Campo. À l’entrée du supermarché, des fromages internationaux sont en
promotion. Nous optons pour du brie, du cheddar et des « rulos de cabra »
[roulés de chèvre] ; les prix défient toute concurrence. Les portions de
quelque deux cents grammes chacune reviennent à environ deux euros. J’achète du
« zumo de manzana » [jus de pomme] de la marque Don Simon. Elle appartient à la
société García Carrión, née à Jumilla en 1890. Cette année-là,
l'arrière-grand-père de l'actuel propriétaire de la firme, José García-Carrión,
construisit un vaste domaine viticole pour l'exportation de son vin… en France.
Dans le vaste rayon des promotions au centre du magasin, nous nous laissons
tenter par du chocolat. Je choisis une plaque de cent cinquante grammes de chocolat
noir à 70% de cacao de la marque espagnole « Lacasa ». Le poids des plaques de
chocolat espagnol varie d’une marque et d’un produit à l’autre. Les chocolats
Lacasa sont nés en 1852 dans la ville pyrénéenne de Jaca. Depuis sa création, l’entreprise
familiale a su transmettre de génération en génération le secret de la
fabrication de ses chocolats. Le présentoir du Nutella, au rouge dominant,
s’impose aux regards avec des centaines de pots superposés. À la caisse, à
quinze heures quinze, je remarque que les « magdalenas » [madelaines] «
Valencianas » et les madeleines « Conchas », présentes sur le tapis roulant,
comportent exactement les mêmes ingrédients. Patrick me dit que la saveur est
pourtant différente et que cela peut provenir de la forme différente ; la magie
des saveurs, de la cuisson et de l’amour des pâtissiers.
Devant
le ciel bleu qui se couvre de nuages, nous décidons de reporter la visite que
nous voulions effectuer à Puerto de la Cruz. Lors du retour à Icod, des
ralentissements et des arrêts sur la route, aux causes inconnues, augmentent la
durée du trajet. Nous arrivons chez nous vers seize heures. J’allume
l’ordinateur et j’œuvre sur les dossiers personnels. Les messageries sont
consultées et triées. Les blogs de Patrick sont consultés. Je réponds très
défavorablement au questionnaire de Booking sur le « Bandama Golf Hotel » et
très élogieusement sur l’hôtel « Axel Beach » à Maspalomas. Patrick
m’annonce que Karl est mort aujourd’hui. Les dix-sept heures quinze passent.
Lors
de la pause-détente, je teste le chocolat Lacasa. De son côté, Patrick découvre
la saveur du chocolat Suchard « Roc almendras enteras y naranja » [amandes
entières et orange] ; la plaque contient deux barres de chocolat de
quatre-vingt-dix grammes chacune enveloppées dans du papier rouge nuancé de
noir. Une promenade dans Icod s’offre à nous. Nous visitons le rez-de-chaussée
des « Muebles Dragó » ; les étages supérieurs accessibles seulement par un
escalier sont délaissés. La société, fondée en 1970, exploite trois surfaces de
meubles sur l’île. La lettre « o » a disparu de l’enseigne extérieure. Nous
flânons sur la plaza Andrés. La très grande trompette de « daturas suaveolens
», photographiée hier, a disparu ; probablement emportée par un promeneur. Nous
admirons le banian de plus près. Je vois aujourd’hui son nom : « Higuera
australiana ». Il possède une présence remarquable qui touche l’âme. Ce figuier
tropical géant provient de la baie de Moreton sur la côte ouest de l'Australie.
Le figuier exubérant montre ses troncs forts et épais d’où émergent des racines
tabulaires impressionnantes. Le cadre ligneux formé par le tronc épais et les
racines stupéfiantes qui s’étendent sur le sol s’apparentent à de grosses
veines de la terre et lui donnent un air majestueux. Autre part dans le parc,
une variété d’arbre inconnue amène Patrick à prendre deux photos insolites. Les
nuées se promènent dans le ciel redevenu bleu. En quittant la place, nous
achetons des timbres et des cartes postales chez Arte Ycodem. Nous retournons
chez nous par la calle de Key Muñoz pour tenter de trouver le Teatro cine
Fajardo où nous irons découvrir le spectacle. Nous le trouvons sur la calle
Infanta Isabel. Nous revenons en suivant l’avenida 25 de Abril où une caravane
de flocons de nuées se pare de rose sur l’océan au soleil couchant. La cloche
de la chapelle sonne les dix-neuf heures quand nous entrons dans l’appartement.
J’œuvre sur l’ordinateur avant le repas. J’effectue une recherche sur le web
avec les mots "la sensibilité de l’autre".
Je
compose mon dîner d’une pomme, de rondelles de banane, de figues sèches
poudrées de farine de riz, d’une barre à la banane et d’une barre chocolatée El
Almendro. Nous bavardons de la sensibilité, de la superficialité et de
l’allégorie de la caverne du Banquet de Platon qui met en évidence la
difficulté des hommes à transmuer leurs conceptions des choses face à leur
conditionnement, à leur résistance au changement et à l'emprise des idées
reçues. Je retrouve les aventures de Sophie sur le kindle avant un temps de
détente un peu loufoque avec la série « Please like me »…
Second appareil photo :
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