mardi 19 février 2019

Réflexions…


      Dans un rêve… Patrick et moi, à la recherche d’un restaurant pour déjeuner, sommes ébahis de découvrir sur un écran de télévision les visages de nos amis Corrine et Denis. Ils animent un spot publicitaire pour un restaurant qui ouvre sur Tenerife. Nous nous rendons sur place et, contre toute attente, Denis et Corrine sont présents. Nous bavardons dans la joie… Les rites et le petit déjeuner précèdent le yoga des yeux sur le balcon. Je salue le soleil qui brille dans le ciel bleu. Le fond de l’air est froid tout comme un léger vent qui souffle distraitement. L’hiver envisage-t-il de resserrer son étreinte ? Un camion toupie, en livraison de béton, passe au bas de la rue dans un vrombissement. Les dix heures s’annoncent quand je m’installe devant l’ordinateur. Patrick, connecté sur son nouveau compte Facebook, voit le mot « merci » de Thérèse suite à une carte qu’il a publié pour son anniversaire. Toutefois, mon iPhone et ma messagerie personnelle sont vides de tout message, malgré l’envoi par poste de deux cartes d’anniversaire à ma sœur. Je m’interroge sur la vision de notre couple par notre entourage familial et amical qui a tendance parfois à oublier l’individualité des deux êtres qui composent notre union en nous prenant pour une seule entité et non pour deux entités différentes. Un message de remerciement adressé à l’un, probablement à destination des deux, oublie et froisse, heurte, voire blesse, la sensibilité de l’autre. Chacun existe individuellement et ressent la nécessité de recevoir séparément les messages qui le concernent directement. La délicatesse du geste qui prend en compte la sensibilité de l'autre est souvent absente dans l’apprentissage de la vie. Maintenant, avec de l’empathie, je me pose aussi la question : « Comment tenir compte de la sensibilité de l'autre si on s'efforce de faire taire la sienne ? ». Certains gestes peuvent affecter la sensibilité, la faire vibrer et l'émerveiller. Par contre, l'altérité de celui oublié peut ressentir une certaine indifférence, un désintéressement subjectif, qui affecte son être et peut lui donner l’impression d’un manque de responsabilité morale dans l’attitude de l’autre. La sensibilité et la différence sont les marques de la vie, la sensibilité est au cœur de l'existence humaine et le cœur est le centre de la vie ; ils célèbrent tous notre humanité. Après cette réflexion empreinte de philosophie, je poursuis mon ouvrage. Le blog est actualisé avant de partir vers midi trente.

            Nous déjeunons chez Foster’s Hollywood au centre commercial El Trompo à La Orotava. La jeune Naira, qui porte un appareil pour redresser les dents mal positionnées, s’occupe de nous. José nous salue. Nous savourons un wok végétarien poêlé à la sauce teriyaki. Manzanilla et eau gazeuse accompagnent le repas. Une famille avec deux enfants s’installe dans le carré derrière la banquette de Patrick. La fillette, à la longue chevelure blonde, s’amuse avec son smartphone. En face d’elle, l’adolescent, à la chevelure châtain clair coupée court, aux traits fins, au visage accompagné de boutons d'acné, assis de dos, porte une chemise pourpre.

            Après le repas, dans le centre commercial La Villa des affiches proposent aux enfants de participer à un concours pour le carnaval ; des masques sont à gagner en s’inscrivant sur le site lavilla2.com. Nous effectuons des courses chez Al Campo. À l’entrée du supermarché, des fromages internationaux sont en promotion. Nous optons pour du brie, du cheddar et des « rulos de cabra » [roulés de chèvre] ; les prix défient toute concurrence. Les portions de quelque deux cents grammes chacune reviennent à environ deux euros. J’achète du « zumo de manzana » [jus de pomme] de la marque Don Simon. Elle appartient à la société García Carrión, née à Jumilla en 1890. Cette année-là, l'arrière-grand-père de l'actuel propriétaire de la firme, José García-Carrión, construisit un vaste domaine viticole pour l'exportation de son vin… en France. Dans le vaste rayon des promotions au centre du magasin, nous nous laissons tenter par du chocolat. Je choisis une plaque de cent cinquante grammes de chocolat noir à 70% de cacao de la marque espagnole « Lacasa ». Le poids des plaques de chocolat espagnol varie d’une marque et d’un produit à l’autre. Les chocolats Lacasa sont nés en 1852 dans la ville pyrénéenne de Jaca. Depuis sa création, l’entreprise familiale a su transmettre de génération en génération le secret de la fabrication de ses chocolats. Le présentoir du Nutella, au rouge dominant, s’impose aux regards avec des centaines de pots superposés. À la caisse, à quinze heures quinze, je remarque que les « magdalenas » [madelaines] « Valencianas » et les madeleines « Conchas », présentes sur le tapis roulant, comportent exactement les mêmes ingrédients. Patrick me dit que la saveur est pourtant différente et que cela peut provenir de la forme différente ; la magie des saveurs, de la cuisson et de l’amour des pâtissiers.

            Devant le ciel bleu qui se couvre de nuages, nous décidons de reporter la visite que nous voulions effectuer à Puerto de la Cruz. Lors du retour à Icod, des ralentissements et des arrêts sur la route, aux causes inconnues, augmentent la durée du trajet. Nous arrivons chez nous vers seize heures. J’allume l’ordinateur et j’œuvre sur les dossiers personnels. Les messageries sont consultées et triées. Les blogs de Patrick sont consultés. Je réponds très défavorablement au questionnaire de Booking sur le « Bandama Golf Hotel » et très élogieusement sur l’hôtel « Axel Beach » à Maspalomas. Patrick m’annonce que Karl est mort aujourd’hui. Les dix-sept heures quinze passent.

            Lors de la pause-détente, je teste le chocolat Lacasa. De son côté, Patrick découvre la saveur du chocolat Suchard « Roc almendras enteras y naranja » [amandes entières et orange] ; la plaque contient deux barres de chocolat de quatre-vingt-dix grammes chacune enveloppées dans du papier rouge nuancé de noir. Une promenade dans Icod s’offre à nous. Nous visitons le rez-de-chaussée des « Muebles Dragó » ; les étages supérieurs accessibles seulement par un escalier sont délaissés. La société, fondée en 1970, exploite trois surfaces de meubles sur l’île. La lettre « o » a disparu de l’enseigne extérieure. Nous flânons sur la plaza Andrés. La très grande trompette de « daturas suaveolens », photographiée hier, a disparu ; probablement emportée par un promeneur. Nous admirons le banian de plus près. Je vois aujourd’hui son nom : « Higuera australiana ». Il possède une présence remarquable qui touche l’âme. Ce figuier tropical géant provient de la baie de Moreton sur la côte ouest de l'Australie. Le figuier exubérant montre ses troncs forts et épais d’où émergent des racines tabulaires impressionnantes. Le cadre ligneux formé par le tronc épais et les racines stupéfiantes qui s’étendent sur le sol s’apparentent à de grosses veines de la terre et lui donnent un air majestueux. Autre part dans le parc, une variété d’arbre inconnue amène Patrick à prendre deux photos insolites. Les nuées se promènent dans le ciel redevenu bleu. En quittant la place, nous achetons des timbres et des cartes postales chez Arte Ycodem. Nous retournons chez nous par la calle de Key Muñoz pour tenter de trouver le Teatro cine Fajardo où nous irons découvrir le spectacle. Nous le trouvons sur la calle Infanta Isabel. Nous revenons en suivant l’avenida 25 de Abril où une caravane de flocons de nuées se pare de rose sur l’océan au soleil couchant. La cloche de la chapelle sonne les dix-neuf heures quand nous entrons dans l’appartement. J’œuvre sur l’ordinateur avant le repas. J’effectue une recherche sur le web avec les mots "la sensibilité de l’autre".

            Je compose mon dîner d’une pomme, de rondelles de banane, de figues sèches poudrées de farine de riz, d’une barre à la banane et d’une barre chocolatée El Almendro. Nous bavardons de la sensibilité, de la superficialité et de l’allégorie de la caverne du Banquet de Platon qui met en évidence la difficulté des hommes à transmuer leurs conceptions des choses face à leur conditionnement, à leur résistance au changement et à l'emprise des idées reçues. Je retrouve les aventures de Sophie sur le kindle avant un temps de détente un peu loufoque avec la série « Please like me »…














                                    Second appareil photo :











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