vendredi 15 février 2019

De Gran Canaria à Tenerife…


      Un peu avant neuf heures, nous prenons le petit déjeuner en terrasse vers la piscine. Les nuages se promènent dans le ciel en passant devant le soleil. La journée s’annonce pluvieuse et fraîche. Je pense à notre compagne la chance qui aime à diversifier, avec humour parfois, l’approche de ses cadeaux, comme le grincement des canalisations au Bandama Golf Hotel qui nous a offert les deux journées passées à Maspolomas sous l’ardent soleil dans un ciel d’azur resplendissant. Je m’offre trois demi-kiwis bien mûrs, deux croissants que je savoure avec des rondelles de banane, des figues sèches des Canaries poudrées de farine de riz, des tranchettes et des petits quignons coupés en deux de pain aux graines, tartinés de beurre végétal et de miel. Les oiseaux chantent dans la végétation. Les préparatifs du départ sont effectués après la collation. Je reprends la narration d’hier un peu avant dix heures.

            Nous quittons l’hôtel à dix heures trente. Yvan nous sourit et nous dit au revoir avec un clin d’œil. Patrick prend le volant. Nous suivons à nouveau l’autoroute GC 1, sous un ciel où les nuages se promènent. Par endroits le long du trajet, des sculptures conséquentes se signalent dans le proche paysage. À l’approche de Las Palmas, la capitale de Gran Canaria et de toutes les îles Canaries, nous voyons nombre de navires de forage ancrés au large. Le port de Las Palmas, reconverti en centre international de réparations navales pour les plates-formes et les navires en mer, maintient au large nombre de navires de forage qui prospectent pour trouver du pétrole dans les eaux espagnoles proches des Canaries. Certains appartiennent à la société Repsol. Nous voyons régulièrement leurs stations-service à Tenerife. Une éolienne se remarque dans l’eau. À onze heures, au niveau du village de Jinámar, nous passons devant le centre commercial « El Mirador », construit sur le plat d’une colline. Le nom du centre écrit en lettres blanches de grandes dimensions sur le versant attire les regards. Ouvert à la fin du mois de novembre 2010, il s’annonce comme le plus grand centre commercial des Canaries avec quelque cinquante mille mètres carrés de surface. Un peu plus loin, la sculpture en bronze d’un triton se signale vers la playa de la Laja. Cette œuvre du sculpteur Manolo González semble mesurer une dizaine de mètres de hauteur. La voiture avale les kilomètres. Une autre œuvre, en forme de spirale, préside à l’entrée de Las Palmas. Intitulée « Lady Harimaguada », réalisée en acier et peinte en blanc par l’artiste grancanien Martín Chirino il y a une vingtaine d’années, corrodée par les éléments, elle a été restaurée récemment. Proche du port, une sculpture blanche élancée représentant le signe de l’infini se remarque avant de passer sous un pont. Un paquebot de la compagnie Tui est amarré.

            À onze heures vingt, grâce au GPS et à la mémoire de Patrick, nous atteignons le quai baptisé Nelson Mandela, où se situent les installations de la compagnie Armas. Le ciel, couvert d’un manteau nuageux, laisse échapper des gouttes de pluie. Le site est lugubre, le port immense étant dénué de toute beauté. Une employée, derrière un comptoir vitré, distraite lors de la lecture des billets, nous demande de patienter. Quand elle finit par comprendre que nous allons effectuer la traversée avec une voiture, elle confirme que nous pouvons intégrer une des rangées de stationnement. Nous attendons dans la voiture. La pluie tombe par intermittence.

            Cinquante minutes après notre arrivée, nous suivons la file de voitures qui se dirige vers le ferry, amarré à une encablure plus loin, baptisé « Almudaina dos ». Le bateau, à la technologie de navigation de pointe et au design contemporain, appartient à la flotte des ferries à grande vitesse de la société Trasmediterránea. Nous descendons dans la partie inférieure de la cale où Patrick réussit magnifiquement les manœuvres devant l’espace exigu et l’étroitesse des rangées de stationnement. Dix minutes plus tard, nous sommes sur le pont supérieur. Nous prenons place à tribord vers les vitrages dans un carré de six sièges en skaï bleu acier, muni d’une longue table ovalisée en stratifié façon teck. Au comptoir le plus proche, j’achète deux sandwichs végétariens aux tortillas et carotte, et une bouteille d’eau gazeuse comme à l’aller. Une passagère m’épaule pour expliquer à la jeune employée, souriante et perplexe devant ma tentative limitée à parler en espagnol, que je reviendrai plus tard pour que les sandwiches soient « calientes [chauds] » comme elle me le propose. Le ferry, beaucoup plus récent que celui de la première traversée, est équipé d’une boutique où une roulotte blanche, décorée de peluches colorées, trône au centre du petit commerce. J’achète des chips à l’huile de tournesol. Le ferry lève l’ancre à l’heure à midi quarante-cinq. La poupe est fermée aux passagers. Je prends une photo au travers d’un vitrage depuis les banquettes en demi-cercle, toutes occupées. Nous déjeunons une quinzaine de minutes plus tard, une fois les sandwiches passés au chauffe-plat. Le ferry récent, cosy, équipé de stabilisateurs, tangue très peu. La traversée se déroule agréablement, nous bavardons de temps à autre. Un passager s’active sur sa tablette. Un film est diffusé sur les écrans. Lors d’une prise de photo de la côte de Tenerife, je reconnais John Bates, de la série Downton Abbey. Je photographie le personnage James Kent qui embrasse Lady Rose MacClare. Le ciel devenu bleu regarde défiler les nuages.

            Le ferry entre au port de Santa Cruz vers quatorze heures trente. Il dépasse un navire de forage et le paquebot Mein Schiff 1 de la compagnie allemande Aida cruises, déjà rencontré lors d’un autre voyage. À la poupe, deux marins en jaune et bordeaux sont appuyés à la rambarde blanche. Je vois les deux navires s’éloigner dans le sillage du ferry. Une dizaine de minutes plus tard, nous avons réintégré l’habitacle de la voiture. Je suis assis au volant. Nous sommes les derniers à sortir de la cale. Nous prenons la direction de la Orotava. Le trafic se montre dense et irrégulier. La pluie se manifeste de temps à autre, parfois avec beaucoup d’intensité. Nous atteignons le centre commercial La Villa environ une heure plus tard. Des courses sont effectuées chez Al Campo. Une promotion de pommes de terre ridées cultivées sur l’île annonce un prix de un euro dix-neuf le kilogramme. La visite prévue du «  Centro commercial del Mueble » est remise à une autre fois, le grand magasin de meubles ouvrant à seize heures trente. Nous allons chez Conforama. En retournant au parking en traversant le centre El Trompo, Patrick m’invite sur l’escalier roulant à revenir au niveau supérieur. Je découvre la naissance d’un superbe arc-en-ciel qui prend naissance dans le centre de La Orotava.

            Nous sommes de retour à Icod après dix-sept heures. Je positionne la voiture en double file devant l’entrée de notre appartement. Patrick décharge les bagages. Je vais garer la voiture au début de la calle Rafael Fleytas et je reviens chez nous. Lors de la pause-détente, je sirote du jus de pomme. J’œuvre sur l’ordinateur. Un carreau de chocolat noir à 92% Valor fond lentement en bouche. Je poursuis le récit de notre virée à Gran Canaria. Lors du dîner, après la pomme, je savoure deux « conchas » avec des rondelles de banane. Le mot concha signifie : madeleine dont la forme ressemble à la coquille d'un mollusque. Une barre El Almendro termine mon repas.

            La soirée se déroule confortablement installés au salon. Sur le kindle, durant la lecture du livre « Le Contact Divin » de Melvin Morse, je relève via un mail une citation de Glen Gabbard : « Que l'homme ait besoin de voir Dieu ne signifie pas pour autant qu'Il n'existe pas. » Nous regardons deux épisodes de la série « Please like me » où Arnold effectue une répétition de son « coming out » devant le père de Josh. Le jour de son anniversaire, il annonce à ses parents, devant Josh, Tom, Hannah et son frère Steve, qu’il est gay. La conduite de sa mère s’avère géniale. Celle de son père, qui parlait de son amour profond pour ses deux fils un instant avant, se laisse emporter par son ego. Sa réaction colérique, empreinte de critique acerbe, jette une ombre d’orgueil qui gâche et désunit la fête. Le père reproche à Arnold ce qu’il nomme un mensonge, alors que son attitude jusqu’à ce jour fut source de peur et d’appréhension pour son fils…

 
Nous quittons l’hôtel à dix heures trente.

Yvan nous sourit et nous dit au revoir avec un clin d’œil


nous voyons nombre de navires de forage ancrés au large [...] Une éolienne se remarque dans l’eau


la sculpture en bronze d’un triton se signale vers la playa de la Laja

Une autre œuvre, en forme de spirale, préside à l’entrée de Las Palmas

une sculpture blanche élancée représentant le signe de l’infini se remarque avant de passer sous un pont

























Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire