Un
peu avant neuf heures, nous prenons le petit déjeuner en terrasse vers la
piscine. Les nuages se promènent dans le ciel en passant devant le soleil. La
journée s’annonce pluvieuse et fraîche. Je pense à notre compagne la chance qui
aime à diversifier, avec humour parfois, l’approche de ses cadeaux, comme le
grincement des canalisations au Bandama Golf Hotel qui nous a offert les deux
journées passées à Maspolomas sous l’ardent soleil dans un ciel d’azur
resplendissant. Je m’offre trois demi-kiwis bien mûrs, deux croissants que je
savoure avec des rondelles de banane, des figues sèches des Canaries poudrées
de farine de riz, des tranchettes et des petits quignons coupés en deux de pain
aux graines, tartinés de beurre végétal et de miel. Les oiseaux chantent dans
la végétation. Les préparatifs du départ sont effectués après la collation. Je
reprends la narration d’hier un peu avant dix heures.
Nous
quittons l’hôtel à dix heures trente. Yvan nous sourit et nous dit au revoir
avec un clin d’œil. Patrick prend le volant. Nous suivons à nouveau l’autoroute
GC 1, sous un ciel où les nuages se promènent. Par endroits le long du trajet,
des sculptures conséquentes se signalent dans le proche paysage. À l’approche
de Las Palmas, la capitale de Gran Canaria et de toutes les îles Canaries, nous
voyons nombre de navires de forage ancrés au large. Le port de Las Palmas,
reconverti en centre international de réparations navales pour les
plates-formes et les navires en mer, maintient au large nombre de navires de
forage qui prospectent pour trouver du pétrole dans les eaux espagnoles proches
des Canaries. Certains appartiennent à la société Repsol. Nous voyons
régulièrement leurs stations-service à Tenerife. Une éolienne se remarque dans
l’eau. À onze heures, au niveau du village de Jinámar, nous passons devant le
centre commercial « El Mirador », construit sur le plat d’une colline. Le nom
du centre écrit en lettres blanches de grandes dimensions sur le versant attire
les regards. Ouvert à la fin du mois de novembre 2010, il s’annonce comme le
plus grand centre commercial des Canaries avec quelque cinquante mille mètres
carrés de surface. Un peu plus loin, la sculpture en bronze d’un triton se
signale vers la playa de la Laja. Cette œuvre du sculpteur Manolo González
semble mesurer une dizaine de mètres de hauteur. La voiture avale les
kilomètres. Une autre œuvre, en forme de spirale, préside à l’entrée de Las
Palmas. Intitulée « Lady Harimaguada », réalisée en acier et peinte en blanc
par l’artiste grancanien Martín Chirino il y a une vingtaine d’années, corrodée
par les éléments, elle a été restaurée récemment. Proche du port, une sculpture
blanche élancée représentant le signe de l’infini se remarque avant de passer
sous un pont. Un paquebot de la compagnie Tui est amarré.
À
onze heures vingt, grâce au GPS et à la mémoire de Patrick, nous atteignons le
quai baptisé Nelson Mandela, où se situent les installations de la compagnie
Armas. Le ciel, couvert d’un manteau nuageux, laisse échapper des gouttes de
pluie. Le site est lugubre, le port immense étant dénué de toute beauté. Une
employée, derrière un comptoir vitré, distraite lors de la lecture des billets,
nous demande de patienter. Quand elle finit par comprendre que nous allons
effectuer la traversée avec une voiture, elle confirme que nous pouvons
intégrer une des rangées de stationnement. Nous attendons dans la voiture. La
pluie tombe par intermittence.
Cinquante
minutes après notre arrivée, nous suivons la file de voitures qui se dirige
vers le ferry, amarré à une encablure plus loin, baptisé « Almudaina dos ». Le
bateau, à la technologie de navigation de pointe et au design contemporain,
appartient à la flotte des ferries à grande vitesse de la société Trasmediterránea.
Nous descendons dans la partie inférieure de la cale où Patrick réussit
magnifiquement les manœuvres devant l’espace exigu et l’étroitesse des rangées
de stationnement. Dix minutes plus tard, nous sommes sur le pont supérieur. Nous
prenons place à tribord vers les vitrages dans un carré de six sièges en skaï
bleu acier, muni d’une longue table ovalisée en stratifié façon teck. Au
comptoir le plus proche, j’achète deux sandwichs végétariens aux tortillas et
carotte, et une bouteille d’eau gazeuse comme à l’aller. Une passagère m’épaule
pour expliquer à la jeune employée, souriante et perplexe devant ma tentative
limitée à parler en espagnol, que je reviendrai plus tard pour que les
sandwiches soient « calientes [chauds] » comme elle me le propose. Le ferry, beaucoup
plus récent que celui de la première traversée, est équipé d’une boutique où une
roulotte blanche, décorée de peluches colorées, trône au centre du petit
commerce. J’achète des chips à l’huile de tournesol. Le ferry lève l’ancre à
l’heure à midi quarante-cinq. La poupe est fermée aux passagers. Je prends une
photo au travers d’un vitrage depuis les banquettes en demi-cercle, toutes
occupées. Nous déjeunons une quinzaine de minutes plus tard, une fois les
sandwiches passés au chauffe-plat. Le ferry récent, cosy, équipé de
stabilisateurs, tangue très peu. La traversée se déroule agréablement, nous
bavardons de temps à autre. Un passager s’active sur sa tablette. Un film est
diffusé sur les écrans. Lors d’une prise de photo de la côte de Tenerife, je
reconnais John Bates, de la série Downton Abbey. Je photographie le personnage
James Kent qui embrasse Lady Rose MacClare. Le ciel devenu bleu regarde défiler
les nuages.
Le
ferry entre au port de Santa Cruz vers quatorze heures trente. Il dépasse un
navire de forage et le paquebot Mein Schiff 1 de la compagnie allemande Aida
cruises, déjà rencontré lors d’un autre voyage. À la poupe, deux marins en
jaune et bordeaux sont appuyés à la rambarde blanche. Je vois les deux navires
s’éloigner dans le sillage du ferry. Une dizaine de minutes plus tard, nous
avons réintégré l’habitacle de la voiture. Je suis assis au volant. Nous sommes
les derniers à sortir de la cale. Nous prenons la direction de la Orotava. Le
trafic se montre dense et irrégulier. La pluie se manifeste de temps à autre, parfois avec beaucoup d’intensité. Nous atteignons le centre commercial La
Villa environ une heure plus tard. Des courses sont effectuées chez Al Campo.
Une promotion de pommes de terre ridées cultivées sur l’île annonce un prix de un
euro dix-neuf le kilogramme. La visite prévue du « Centro commercial del Mueble » est remise à
une autre fois, le grand magasin de meubles ouvrant à seize heures trente. Nous
allons chez Conforama. En retournant au parking en traversant le centre El
Trompo, Patrick m’invite sur l’escalier roulant à revenir au niveau supérieur.
Je découvre la naissance d’un superbe arc-en-ciel qui prend naissance dans le
centre de La Orotava.
Nous
sommes de retour à Icod après dix-sept heures. Je positionne la voiture en
double file devant l’entrée de notre appartement. Patrick décharge les bagages.
Je vais garer la voiture au début de la calle Rafael Fleytas et je reviens chez
nous. Lors de la pause-détente, je sirote du jus de pomme. J’œuvre sur
l’ordinateur. Un carreau de chocolat noir à 92% Valor fond lentement en bouche.
Je poursuis le récit de notre virée à Gran Canaria. Lors du dîner, après la
pomme, je savoure deux « conchas » avec des rondelles de banane. Le mot concha
signifie : madeleine dont la forme ressemble à la coquille d'un mollusque. Une
barre El Almendro termine mon repas.
La
soirée se déroule confortablement installés au salon. Sur le kindle, durant la
lecture du livre « Le Contact Divin » de Melvin Morse, je relève via un mail
une citation de Glen Gabbard : « Que l'homme ait besoin de voir Dieu ne
signifie pas pour autant qu'Il n'existe pas. » Nous regardons deux épisodes de
la série « Please like me » où Arnold effectue une répétition de son « coming
out » devant le père de Josh. Le jour de son anniversaire, il annonce à ses
parents, devant Josh, Tom, Hannah et son frère Steve, qu’il est gay. La
conduite de sa mère s’avère géniale. Celle de son père, qui parlait de son amour
profond pour ses deux fils un instant avant, se laisse emporter par son ego. Sa
réaction colérique, empreinte de critique acerbe, jette une ombre d’orgueil qui
gâche et désunit la fête. Le père reproche à Arnold ce qu’il nomme un mensonge,
alors que son attitude jusqu’à ce jour fut source de peur et d’appréhension
pour son fils…
| Yvan nous sourit et nous dit au revoir avec un clin d’œil |
| nous voyons nombre de navires de forage ancrés au large [...] Une éolienne se remarque dans l’eau |
| la sculpture en bronze d’un triton se signale vers la playa de la Laja |
| Une autre œuvre, en forme de spirale, préside à l’entrée de Las Palmas |
| une sculpture blanche élancée représentant le signe de l’infini se remarque avant de passer sous un pont |



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