dimanche 10 février 2019

Roques de Garcia…


       Monique et Émile m’apportent leur concours dans un rêve. Lors du petit déjeuner, Patrick tartine de la marmelade d’ananas produite sur l’île. Le soleil brille dans le ciel bleu. Le blog est actualisé en fin de matinée. Lors des courses chez Virce, le patron se contente de la menue monnaie disponible au-dessus des cinq euros dus, au lieu de faire l’appoint avec l’euro que je lui tends ; une astucieuse façon détournée de nous faire une petite remise. Nous déjeunons dans l’appartement ; courgette, carotte, fromage « sérac », tamarillos et pain de « centeno » [seigle], acheté à la boulangerie, composent les notes de la portée de notre repas.

            Nous partons vers quatorze heures. Entre les villages d’El Tanque et de Ruigómez, nous passons devant le « Camello Center » où des cars et des voitures arrivent en plus des véhicules déjà garés. Le parc propose des randonnées à dos de chameau qui offrent de se divertir en découvrant la flore de l’île et des espèces animales indigènes, telle que la chèvre Majorera dont le lait, depuis des temps très anciens, est utilisé pour l'élaboration d’un fromage qui porte son nom. Après le « Puerto de Erjos », dans la descente vers Santiago del Teide, nous croisons un cycliste qui filme sa montée d’une main tout en tenant le guidon de l’autre ; un virtuose de l’équilibre. Plus avant, nous doublons cette fois un cycliste qui pianote sur son smartphone tout en roulant.

            Une heure plus tard, au-dessus de mille mètres, au niveau du « Montana de las Cuevitas » qui culmine à 1730 mètres, le panorama s’étoffe d’une multitude de grands pins canariens où l’eau de condensation des nuages, volatilisés aujourd’hui, leur profite pleinement à cette altitude en se déposant sur les longues aiguilles pour s'écouler ensuite et hydrater les sols ; un cycle primordial pour l'alimentation en eau de l’île. L’écorce en pelure d’oignon très épaisse du pin présente la faculté de bien supporter les feux de forêt. Au fil des millénaires, il s’est adapté aux conditions extrêmes du milieu volcanique ; les Guanches le soupçonnaient d’avoir signé une alliance avec le feu. De-ci de-là, les figuiers de Barbarie se plaisent à envahir les coteaux. La silhouette de la caldeira apparaît dans un univers de roches volcaniques effritées. La route en ligne droite est régulièrement bordée de garde-fous en rondins en bois clair aux endroits où la lave durcie présente des excavations et des précipices. Nous atteignons la caldeira de las Cañadas dominée par le pic du Teide, le point culminant de toute l'Espagne. Nous effectuons un arrêt photo vers quinze heures vingt au point d’intérêt « Boca Tauce », à l’intersection des routes TF 38 et TF 21. Le Pico Viejo montre les dernières coulées de lave, survenues lors de l’éruption de 1798, qui chevauchent partiellement les glissements plus anciens aux tons rouge sombre dus à l'oxydation. Un second arrêt, une dizaine de minutes plus tard, permet d’admirer les collines escarpées environnantes. Quatre jeunes filles pique-niquent sur un muret tout en promenant leur regard sur le paysage désertique vallonné des « Llanos [plaines]de Ucanca ». Certaines années, les pluies intenses et les chutes de neige génèrent des lagons éphémères qui se forment dans cette vallée montagneuse d'Ucanca.

            Nous arrivons à destination dans les minutes suivantes. La température avoisine les quinze degrés, le soleil brille magnifiquement. Les aiguilles des « Roques de Garcia » accaparent nos regards, dont le roque Cinchado, appelé le « doigt de Dieu ». Nous décidons de suivre le sentier sablonneux numéro trois, délimité par des cailloux, qui serpente autour des roches dans le paysage désertique aux nombreuses touffes de végétation variées. Les nuages partis en vadrouille nous offrent un ciel magiquement bleu intense libre de tous « chemtrails », ces traînées blanches de condensation, ces nuages artificiels, créées par le passage des avions en haut vol dans le ciel, sans cesse présentes dans la région de Genève.  Je suis agréablement écrasé par la majesté du site baigné de silence, par le gigantisme des roches dont les formes créatives illustrent bien la beauté énigmatique, la magie du vivant et la féerie des œuvres sculptées par Gaia, Éole, Tlaloc et autres merveilleux complices. Ces prodiges sortis des entrailles de la terre m’impressionnent, m’intriguent et m’incitent à la réflexion. Je pense à Vulcain, le dieu du feu et des volcans, qui résiderait sous l'Etna. Nous croisons une jeune femme qui me rappelle beaucoup Maeve. Les roches qui semblent en équilibre donnent l’impression de défier les lois de la gravité. Sur le versant du Teide, le vaisseau amiral de l’archipel, Patrick remarque la présence des pylônes du téléphérique qui permet d’accéder au sommet. Il admire des fleurs, sans nom dans notre esprit, aux pétales blanc et lilas. Par endroits, des plissures de pierre s’apparentent à des racines. Nous bavardons avec des francophones partis pour effectuer la totalité de la boucle, estimée à deux heures trente de marche. Avant de rebrousser chemin, nous apercevons le rocher, baptisé « El Catedral ».

            Quatre-vingts minutes de marche se sont écoulées, nous sommes de retour à notre point de départ. Nous nous approchons des bâtisses situées de l’autre côté de la route TF 21. Le centre d’information est fermé. Après une visite dans le magasin de souvenirs, nous retournons à Icod à dix-sept heures dix. Un court arrêt me permet de photographier le panneau « Los Roques 2070 m ». J’en profite pour prendre en photo des roches aux nuances de vert qui m’ont séduit à notre arrivée. Une vingtaine de minutes plus tard, au niveau du Montańa [Mont] Sámara, un arrêt nous offre de plonger nos regards dans l’océan baigné de soleil depuis les roches où se plaisent les pins canariens. Je regarde les sentiers dont le parcours s’effectue sur des téphras qui sinuent en direction du belvédère ; une autre promenade possible. En face du volcan Sámara, deux îles, telles des apparitions évanescentes, semblent flotter entre la mer et les nuées. Il s’agit de l’île de la Gomera et de celle de La Palma, plus éloignée, située à quelque cent cinquante kilomètres de Tenerife. Nous traversons Santiago del Teide à dix-huit heures. Nous sommes de retour chez nous une demi-heure plus tard.

            Je prends le temps de siroter un cacao au lait de riz en suçant un carreau de chocolat noir avant de charger les photos sur l’ordinateur. Le récit de la journée commence. Lors du dîner, je croque une pomme avant de me régaler avec une barre chocolatée à la banane appréciée avec des rondelles de banane. Une barre El Almendro termine mon repas. La soirée se déroule entre la lecture et un temps de détente dans le « Bon endroit ». Eleanor, Chidi, Tahani et Jason vivent des boucles de vie de plus en plus conscientes malgré les turpitudes de Michael...





le roque Cinchado

le roque Cinchado





des plissures de pierre s’apparentent à des racines

nous apercevons la rocher, baptisé « El Catedral ».









 









le roque Cinchado

le roque Cinchado


le roque Cinchado













Nous traversons Santiago del Teide à dix-huit heures

Trajet en voiture

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire