Monique
et Émile m’apportent leur concours dans un rêve. Lors du petit déjeuner, Patrick
tartine de la marmelade d’ananas produite sur l’île. Le soleil brille dans le
ciel bleu. Le blog est actualisé en fin de matinée. Lors des courses chez
Virce, le patron se contente de la menue monnaie disponible au-dessus des cinq
euros dus, au lieu de faire l’appoint avec l’euro que je lui tends ; une
astucieuse façon détournée de nous faire une petite remise. Nous déjeunons dans
l’appartement ; courgette, carotte, fromage « sérac », tamarillos et pain de «
centeno » [seigle], acheté à la boulangerie, composent les notes de la portée
de notre repas.
Nous
partons vers quatorze heures. Entre les villages d’El Tanque et de Ruigómez,
nous passons devant le « Camello Center » où des cars et des voitures arrivent
en plus des véhicules déjà garés. Le parc propose des randonnées à dos de
chameau qui offrent de se divertir en découvrant la flore de l’île et des
espèces animales indigènes, telle que la chèvre Majorera dont le lait, depuis
des temps très anciens, est utilisé pour l'élaboration d’un fromage qui porte
son nom. Après le « Puerto de Erjos », dans la descente vers Santiago del
Teide, nous croisons un cycliste qui filme sa montée d’une main tout en tenant
le guidon de l’autre ; un virtuose de l’équilibre. Plus avant, nous doublons
cette fois un cycliste qui pianote sur son smartphone tout en roulant.
Une
heure plus tard, au-dessus de mille mètres, au niveau du « Montana de las
Cuevitas » qui culmine à 1730
mètres, le panorama s’étoffe d’une multitude de grands
pins canariens où l’eau de condensation des nuages, volatilisés aujourd’hui, leur
profite pleinement à cette altitude en se déposant sur les longues aiguilles
pour s'écouler ensuite et hydrater les sols ; un cycle primordial pour
l'alimentation en eau de l’île. L’écorce en pelure d’oignon très épaisse du pin
présente la faculté de bien supporter les feux de forêt. Au fil des
millénaires, il s’est adapté aux conditions extrêmes du milieu volcanique ; les
Guanches le soupçonnaient d’avoir signé une alliance avec le feu. De-ci de-là, les figuiers de Barbarie se plaisent à envahir les coteaux. La silhouette de
la caldeira apparaît dans un univers de roches volcaniques effritées. La route
en ligne droite est régulièrement bordée de garde-fous en rondins en bois clair
aux endroits où la lave durcie présente des excavations et des précipices. Nous
atteignons la caldeira de las Cañadas dominée par le pic du Teide, le point
culminant de toute l'Espagne. Nous effectuons un arrêt photo vers quinze heures
vingt au point d’intérêt « Boca Tauce », à l’intersection des routes TF 38 et
TF 21. Le Pico Viejo montre les dernières coulées de lave, survenues lors de
l’éruption de 1798, qui chevauchent partiellement les glissements plus anciens
aux tons rouge sombre dus à l'oxydation. Un second arrêt, une dizaine de
minutes plus tard, permet d’admirer les collines escarpées environnantes.
Quatre jeunes filles pique-niquent sur un muret tout en promenant leur regard
sur le paysage désertique vallonné des « Llanos [plaines]de Ucanca ».
Certaines années, les pluies intenses et les chutes de neige génèrent des lagons
éphémères qui se forment dans cette vallée montagneuse d'Ucanca.
Nous
arrivons à destination dans les minutes suivantes. La température avoisine les
quinze degrés, le soleil brille magnifiquement. Les aiguilles des « Roques de
Garcia » accaparent nos regards, dont le roque Cinchado, appelé le « doigt
de Dieu ». Nous décidons de suivre le sentier sablonneux numéro trois,
délimité par des cailloux, qui serpente autour des roches dans le paysage
désertique aux nombreuses touffes de végétation variées. Les nuages partis en
vadrouille nous offrent un ciel magiquement bleu intense libre de tous «
chemtrails », ces traînées blanches de condensation, ces nuages artificiels,
créées par le passage des avions en haut vol dans le ciel, sans cesse présentes
dans la région de Genève. Je suis
agréablement écrasé par la majesté du site baigné de silence, par le gigantisme
des roches dont les formes créatives illustrent bien la beauté énigmatique, la
magie du vivant et la féerie des œuvres sculptées par Gaia, Éole, Tlaloc et
autres merveilleux complices. Ces prodiges sortis des entrailles de la terre
m’impressionnent, m’intriguent et m’incitent à la réflexion. Je pense à
Vulcain, le dieu du feu et des volcans, qui résiderait sous l'Etna. Nous
croisons une jeune femme qui me rappelle beaucoup Maeve. Les roches qui
semblent en équilibre donnent l’impression de défier les lois de la gravité.
Sur le versant du Teide, le vaisseau amiral de l’archipel, Patrick remarque la
présence des pylônes du téléphérique qui permet d’accéder au sommet. Il admire
des fleurs, sans nom dans notre esprit, aux pétales blanc et lilas. Par
endroits, des plissures de pierre s’apparentent à des racines. Nous bavardons
avec des francophones partis pour effectuer la totalité de la boucle, estimée à
deux heures trente de marche. Avant de rebrousser chemin, nous apercevons le rocher,
baptisé « El Catedral ».
Quatre-vingts
minutes de marche se sont écoulées, nous sommes de retour à notre point de
départ. Nous nous approchons des bâtisses situées de l’autre côté de la route
TF 21. Le centre d’information est fermé. Après une visite dans le magasin de
souvenirs, nous retournons à Icod à dix-sept heures dix. Un court arrêt me
permet de photographier le panneau « Los Roques 2070 m ». J’en profite pour
prendre en photo des roches aux nuances de vert qui m’ont séduit à notre
arrivée. Une vingtaine de minutes plus tard, au niveau du Montańa [Mont]
Sámara, un arrêt nous offre de plonger nos regards dans l’océan baigné de
soleil depuis les roches où se plaisent les pins canariens. Je regarde les
sentiers dont le parcours s’effectue sur des téphras qui sinuent en direction
du belvédère ; une autre promenade possible. En face du volcan Sámara, deux
îles, telles des apparitions évanescentes, semblent flotter entre la mer et les
nuées. Il s’agit de l’île de la Gomera et de celle de La Palma, plus éloignée,
située à quelque cent cinquante kilomètres de Tenerife. Nous traversons Santiago
del Teide à dix-huit heures. Nous sommes de retour chez nous une demi-heure
plus tard.
Je
prends le temps de siroter un cacao au lait de riz en suçant un carreau de
chocolat noir avant de charger les photos sur l’ordinateur. Le récit de la
journée commence. Lors du dîner, je croque une pomme avant de me régaler avec
une barre chocolatée à la banane appréciée avec des rondelles de banane. Une
barre El Almendro termine mon repas. La soirée se déroule entre la lecture et
un temps de détente dans le « Bon endroit ». Eleanor, Chidi, Tahani et Jason
vivent des boucles de vie de plus en plus conscientes malgré les turpitudes de
Michael...
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| le roque Cinchado |
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| le roque Cinchado |
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| des plissures de pierre s’apparentent à des racines |
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| nous apercevons la rocher, baptisé « El Catedral ». |
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| le roque Cinchado |
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| le roque Cinchado |
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| le roque Cinchado |
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| Nous traversons Santiago del Teide à dix-huit heures |
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| Trajet en voiture |
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