jeudi 28 mars 2019

Peluquería Pedro - Petit Prince et émotion…


     Une fois les rites matinaux accomplis dans la détente, le petit déjeuner joue sa partition. Lors de ma présence sur le balcon, le soleil brille dans le ciel bleu. Des fanions sur les candélabres du parc et un bandeau fixé à la droite de l’entrée de la chapelle annoncent la semaine sainte à venir. À dix heures, nous nous rendons au « salón de peluquería Pedro García » sur la calle San Agustín au bas de la rue. La porte est grande ouverte, comme partout où la clientèle est attendue. Patrick entre. Le temps de prendre une photo de la façade et je me fais « doubler » par un monsieur d’un âge avancé. L’incidence est nulle car la coiffeuse et les deux coiffeurs sont libres. Toutefois, l’homme veut absolument être coiffé par la jeune femme et Patrick s’incline. Le jeune coiffeur barbu lui coupe alors les cheveux. Comme la fois précédente, c’est le patron qui s’occupe de moi. Des stérilisateurs en plastique bleu, nouvellement arrivés, sont disposés sur les tablettes à la droite des miroirs. Une nouvelle tondeuse rouge permet une coupe à douze millimètres. Le soleil baigne le salon et l’air ambiant respire la chaleur. Un chien aboie et le patron ferme la fenêtre coulissante à ma gauche. Le cérémonial se montre identique à celui du lundi 25 février. Nous laissons un bon pourboire avant de sortir à dix heures trente. De retour dans l’appartement, je consulte les messageries et les blogs de Patrick où je regarde la courte vidéo « Homophobia in 2018 - Time For Love ». Je poursuis ensuite la narration de la journée de mardi.

   Avant le déjeuner, nous allons effectuer les ultimes courses chez Monsieur Vircé. Comme d’autres légumes, la courge se vend à la coupe. J’en remarque une entamée en forme de grosse poire. Sur le rayonnage au-dessus, des « Estuches de seis huevos » [Boîte de six œufs] sont vendues à un euro vingt l’unité. Parmi les avocats revenus en rayon, je trouve un fruit mûr. Une fois le règlement effectué, nous offrons au sympathique commerçant le livre du Petit Prince. Il lit la dédicace. Touché et ému par notre geste, il nous remercie en touchant son cœur. Après une poignée de main, en partant, je vois ses yeux légèrement vitreux. À la boulangerie, Tamara et Sylvia reçoivent avec surprise notre présent. Elles n’en croient pas leurs yeux. Sylvia, après la lecture de la dédicace, réalise après un geste de Patrick, que le livre « El principito », dont elle répète le titre plusieurs fois, est vraiment pour elle. Elle saute de joie. Des étreintes suivent ces instants d’émotion. Quand je sors le porte-monnaie pour payer le pain de seigle, elles refusent en chœur notre règlement. Nous nous séparons sur un « hasta luego » dans une joie espérée de se revoir même si nous ignorons tous les quatre si nos chemins se croiseront à nouveau. Je me dis que les sentiments du cœur s’affranchissent du temps et de l’espace.

    Lors de ce dernier déjeuner chez nous à Icod, je savoure la chair fondante de l’avocat avec des chips. Deux champignons dévoilent leur saveur. Le pain tartiné de beurre crémeux est dégusté avec du fromage El Faro. Le set de table, posé sur la grande table rectangulaire au plateau en verre sablé, choisi en arrivant à Icod dans un des tiroirs de la cuisine, représente des cactus sur un fond blanc, de taille et de forme variées. Après le repas, je reprends la lecture de la journée de mardi. Patrick commence à passer l’aspirateur et à nettoyer l’appartement. La page de mardi est actualisée sur le blog un peu avant quinze heures. Nous préparons les bagages. À seize heures trente, je commence la narration de la journée d’hier. La pause-détente m’offre de siroter un dernier cacao au lait de riz. Je termine le chocolat bio à 85% de chez El Campo.

   Nous prenons les parapluies pour la promenade. Une pluie légère tombe par intermittence. Patrick remarque dans la vitrine d’un commerce un tee-shirt illustrant la série Game of Thrones. La devise de la maison Stark « Winter is coming » se lit sur la toile en coton noir sous le blason qui représente un loup-garou gris. Nous arrivons sur la place Andrés. Les pavés mouillés et le ciel nuageux assombrissent la clarté du jour. Nous nous attardons devant les étamines rouge vif des callistemon laevis dont les inflorescences ressemblent à des goupillons. Les épis en manchon luisent de perles de pluie dans un silencieux goutte-à-goutte bénéfique et poétique qui glisse sur le cristal du temps dans un éclat prismatique. Quelques photos figent le déroulement invisible de ces secondes. Après une dernière flânerie romantique sur la place à la beauté accueillante, nous retournons chez nous. Sur la calle San Agustín, je regarde une camionnette des « Muebles Ángel González », stationnée en face du magasin Flamenca. Le commerce de meubles, créé en avril 1988, se situe dans le quartier de La Mancha à Icod. Comme à l'accoutumée, avant de prendre à droite pour grimper notre rue, nous traversons au bout de la calle San Agustín le corridor assombri par les bâches de la terrasse couverte du café El Calvario qui occupe tout le trottoir. Les éclats de voix des convives nous accompagnent. Le café est animé. Les Icodenses âgés viennent boire un coup et bavarder entre eux. Au début de la calle del Calvario, je prends en photo au travers de la grille fermée un des fanions violets dans le parc de la chapelle. Je lis en lettres dorées les mots « Domingo de pasion » [Dimanche de la passion]. Les dix-huit heures trente sonnent au clocher quand nous poussons la porte de l’immeuble. Je remarque pour la première fois devant l’ascenseur, grâce à l’éclairage revenu, le placard à la porte en bois sculptée où la femme de ménage range son matériel. Elle vient chaque semaine nettoyer la montée d’escaliers et les paliers. L’ouïe fine de Patrick entend le balai qui tape contre les degrés tous les mercredis. Une fois dans l’appartement, je reprends le récit de la journée d’hier.

   À dix-neuf heures quarante-cinq, nous envoyons un sms à notre hôtesse Penelope pour la remise des clefs après notre séjour dans son agréable appartement. Lors du dîner, une fois les quartiers de pomme croqués, je savoure un smoothie à la banane « Cana Ricos Plátano de Canarias » et au « yogur de oveja » [yaourt de brebis], à la texture étonnamment crémeuse, de la marque espagnole « Cantero de letur ». Je déguste en parallèle le croquant aux brisures d’amandes, enrobé de chocolat aux extrémités, acheté hier chez Lekkery. Deux biscuits bio à l’avoine terminent mon repas. La soirée nous offre d’embarquer sur le vaisseau Star Trek Discovery. Alors que Michael rencontre enfin son demi-frère Spock, nous nous trouvons confrontés à une perturbation temporelle. La navette où Pike et Tyler ont pris place se fait aspirer dans une faille spatio-temporelle où le passé, le présent et le futur s’influencent en leur donnant le tournis. Une course contre la montre commence avec les efficaces Sylvia Tilly et Paul Stamets…









 










    

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