Dans
la salle de bain, de petites fourmis rouges se promènent sur le marbre blanc
strié de noir. Je revois celles, beaucoup plus nombreuses, dans la salle de
bain à Brisbane. L’apparence de la poignée intérieure dorée de la porte atteste
d’une certaine vétusté de l’hôtel, constatée aussi à divers endroits. Avant
neuf heures, nous descendons prendre le petit déjeuner. Un magnifique ciel bleu
sert d’écrin au soleil radieux. La collation est similaire à celle d’hier, le
kiwi en moins. Les parents et leurs deux bambins mangent à une table voisine. À
une autre table, une maman et ses deux enfants, un garçonnet blond et une
fillette avec des lunettes de soleil posées sur la tête, regardent l’écran d’un
smartphone. Les visages sont radieux. Deux couples de garçons germanophones
déjeunent dans un angle de la salle. Nos regards se croisent de temps à autre.
Une trentaine de minutes plus tard, nous remontons dans la chambre. Des
plagistes au bord de la piscine, qui s’inspire de la forme d’une guitare,
profitent déjà du soleil. Les chants d’oiseaux accompagnent le yoga des yeux
sur le balcon. Je prépare la valise, je commence la narration de la journée
d’hier quand les dix heures regardent les vacanciers autour de la piscine. Je sirote
une manzanilla en fin de matinée. La narration est suspendue à onze heures quarante-cinq.
Une dizaine de minutes plus tard, nous quittons la chambre. Les bagages sont
rangés dans le coffre de la voiture. A la réception, les deux cartes magnétiques sont
restituées à Claudia qui me répond avec un sourire peu enthousiaste : « I hope so » [Je l’espère], quand je lui
souhaite une belle journée. Nous montons au douzième étage pour admirer le
paysage depuis la passerelle extérieure qui longe les portes d’entrée des
appartements. Nous prenons des photos. Un complexe de coquettes habitations se
dévoile au premier plan à quelques mètres de l’hôtel. Les criques et le port de
Colón, découverts hier, s’offrent nettement dans une vision panoramique. Le
centre culturel « Magma Art & Congress », comparé à un vaisseau des sables
précédemment, montre sa silhouette massive derrière deux lotissements de maisons
qui se touchent. Les toitures blanches ondulées du parking cachent
partiellement les voitures. Les minutes qui suivent midi s’affolent du vide en jetant
un regard dans la cage d’escalier.
Nous
sortons du Palm Beach par le centre commercial. Nous nous promenons sur la
plage avant le déjeuner. Nous nous approchons de la jetée en pierres noires.
Patrick grimpe et crapahute sur les rochers pour prendre des photos. Des galets
empilés, similaires à ceux découverts à Puerto de la Cruz au début février, se
signalent artistiquement par endroits sur les rocs les plus hauts. Je m’assois
sur une roche plate, chauffée par le soleil, et je promène mon regard alentour. Je vois arriver
un vendeur africain ambulant qui propose à la criée des tranches de melon et de
pastèque, protégées sous un film en cellophane. Les vagues caressent doucement
le sable de la plage. Nous sommes loin de celles du phare de Buenavista. Un
couple en maillot de bain, allongé sur le ventre sur une large serviette, bavarde
distraitement à quelques pas. Nous marchons ensuite vers la jetée qui ferme la
crique du côté du pont arqué. Les pieds s’enfoncent dans le sable où des œuvres
éphémères se laissent contempler. À proximité de sandales d’enfants en
plastique rose, quatre tourelles d’un château côtoient un seau et trois petites
pelles en plastique coloré. Trois belles tours d’un château médiéval, un
possible blason hongrois avec sa pyramide et des prénoms écrits en lettres
majuscules participent à l’animation ludique de la plage. Sous un parasol jaune
orangé, une fillette en tenue légère colorée, un casque jaune et bleu sur les
oreilles, écoute de la musique depuis un smartphone. Sa mère se repose allongée
à côté d’elle. Une œuvre de la fillette, en cours de réalisation, montre un
cratère de petits cônes et une pyramide décorée de cornets de glace colorés.
Des vacanciers se font bronzer sur les rochers les plus longs. Je m’assois à nouveau après
être grimpé sur un haut bloc pour contempler les environs. Patrick crapahute
sur les roches.
Les
treize heures approchent. Nous revenons sur nos pas. Les huttes en paille
grises abritent nombre de vacanciers allongés sur des chaises longues blanches.
Un léger souffle de vent caresse la peau. Les nuées se promènent dans le ciel
bleu. Les vagues murmurent. Nous entrons au restaurant Monkey Beach Club, situé devant la plage à
côté de l’hôtel Palm Beach, pour savourer une paella végétarienne, repérée hier
soir sur le menu visible de l’extérieur. Nous nous installons à une des deux
tables encore libres. Notre hôtesse, Ithaisa, au sourire voilé par un appareil
dentaire, porte le prénom d'une princesse guanche enlevée et vendue comme
esclave à Valence. Elle nous informe qu’en raison d’une très vaste tablée qui
va occuper les cuisiniers, seuls les sandwiches, les pizzas et les salades sont
disponibles. Déçus, nous la remercions et sortons du restaurant. Toutefois, en
marchant, nous revoyons notre copie et nous retournons nous asseoir pour éviter
de partir à la recherche d’un autre restaurant. Nous commandons deux « Tostas
de aguacate » [Toasts à l’avocat] avec de l’eau gazeuse. Patrick ajoute une
portion de frites. Un ramequin de guacamole accompagne la tranche de pain aux
céréales, disposée sur une planchette en bois, sur une ancienne feuille de
journal publicitaire. Le jaune d’un œuf poché, coupé en deux, coule légèrement
sur les morceaux d’avocat. Nous savourons la préparation esthétique. La vue
donne sur la plage. Des vitrages coulissants protègent du vent. Sur le sable, un couple assis sur leur serviette, bleu et vert, se lève pour aller se filmer
dans les vagues avec une perche à selfie. Après le repas frugal, je lis sur le
morceau de journal une publicité sur les cycles Humbert ; la société fut fondée
à Besançon en 1898. L’addition, réglée à la souriante Carmen, se monte à plus
de vingt euros. Les quatorze heures s’annoncent et s’étonnent des tarifs élevés
de ce restaurant du bord de plage.
Nous
marchons vers le parking pour retourner chez nous. Je prends le volant jusqu’au
« Puerto de Erjos ». Patrick me relaie pour la descente vers le littoral. Nous
arrivons à Icod après une petite heure de conduite. Nous nous arrêtons chez
Disa, sur l’avenida Príncipe de España, pour faire un plein de carburant. Le
prix du litre se maintient à 0,899 centimes d’euro. Le plein d’un peu plus de
quarante-six litres revient à quarante et un euros. Mary Luis m’accueille à la
caisse. Je prends le volant pour garer la voiture. La chance aime les
synchronismes. Elle nous offre au choix deux places de stationnement devant
l’entrée de l’appartement. Dans la minute suivante, un véhicule vient occuper
la seconde place. Une fois nos affaires rangées, nous allons effectuer des
courses chez Alteza. Guacimara nous accueille à la caisse. De retour chez nous,
je reprends sur le chronojournal le récit de la journée d’hier. Lors de la
pause-détente, nous avons la joie d’ouvrir une lettre glissée sous la porte par
Penelope en notre absence. Le timbre révèle une photo du « Ponte di Rialto ».
Voir une adresse personnelle autre que celle du dôme me semble un signe
opportun pour notre future charnière de vie qui se profile. Une magnifique
carte postale de Venise se dévoile à nos yeux. Je suis heureux de lire la prose de Monique écrite le
17 janvier. La magie de la vie nous a offert de recevoir cette carte que ma
cousine croyait égarée. Son séjour baigné de romantisme dans la ville des
gondoles et du carnaval, aux mille facettes et aux milliers de pigeons, lui a
offert de réaliser un rêve d’adolescence. Patrick se détend avec une aventure
de la série « Champions ». Je poursuis tranquillement la narration ponctuée de
navigations sur Internet. Une trentaine de minutes avant le repas, Patrick
photographie « nos » trois palmiers survolés de filaments de nuées frangées de roses.
Une
sauvegarde est effectuée lors du dîner. Je croque une pomme et je savoure trois
tranchettes de roulé figue-amande-sésame avec des rondelles de banane. Durant
la soirée, je retrouve sur le Kindle les aventures de Sophie. Elle apprend que
son amoureux Xavier s’avère en réalité être son frère. La souffrance advient
quand les secrets de famille et les mensonges des adultes se révèlent. Nous
regardons le premier épisode, long et hilarant, de la saison trois de la série « The Good
place ». Dans le cadre d’une expérience commune de mort évitée, Tahani et Jason
rencontrent Eleanor et Chidi, après un sérieux coup de pouce de Michael…
Second appareil photo :
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