Lors
du yoga des yeux sur le balcon, le vent s’engouffre dans la ramure des arbres.
Ce puissant souffle taquin s’amuse à jouer au blizzard. Le soleil brille et les
nuées se sont envolées. Je me concentre lors de la lecture de quelques
paragraphes de Nietzsche. Les neuf heures quarante-cinq frissonnent au
sifflement du vent tumultueux. Je consulte les blogs de Patrick et les
messageries. Je reprends la fin de la narration du retour de Santa Cruz. La
page de la journée de mercredi est actualisée sur le blog avant onze heures. La
valse des mots continue sur le chronojournal. En fin de matinée, nous effectuons des courses pour
le déjeuner. Monsieur Virce, fidèle à lui-même, arrondit à dix euros le montant
de dix euros quatre-vingt affiché sur le cadran digital de la caisse. Un énorme
régime de bananes fait partie de nos emplettes.
Le
repas nous offre d’apprécier le nouveau beurre acheté hier. La chair de
l’avocat fond dans la bouche. Celle d’un des tamarillos, habituellement rouge violacé, est orange. L’après-midi se
déroule dans une ballade littéraire dans l’univers des mots qui ont la faculté
de pouvoir changer ceux qui les lisent et d’émouvoir celui qui les écrit. Leur
magie, leur capacité à bouleverser l’âme, à favoriser l’introspection,
m’entraînent dans une fascinante et réjouissante créativité. Des escapades sur
le web ponctuent l’ouvrage et offre de voyager vers d’autres destinations
grâce aux fils de la toile Internet tissés à l’infini. Patrick se détend avec
un épisode de la série « Champions ». La pause-détente s’intercale sur la
trame des minutes qui s’écoulent agréablement.
Vers
dix-huit heures, nous allons nous promener. Au bas de la rue, nous croisons
deux jeunes filles en vêtements de carnaval. Dans la calle San Agustín,
l’exploitant de « Redi Movil » joue au ballon sur la chaussée avec son jeune fils
devant le magasin dont la porte est grande ouverte. Les clients sont rares en
ce jour spécial. Un air de fête s’est emparé de la rue après l’enterrement de
la sardine. Nous atteignons la place de la mairie où le char du gros poisson
aux écailles grises est immobilisé devant les commerces. Une animation bonne
enfant bat son plein dans la musique et la bonne humeur. Des citadins sont
grimés en habits de carnaval. Les perruques de couleur décorent les têtes. Des
veuves en noir pleurent la mort de la sardine. Je prends des photos tout en
slalomant entre les personnes. D’élégants messieurs en veste, pantalon et
chapeau, blanc et rouge, une canne avec un pommeau argenté dans la main, se
dandinent en fredonnant. Je reconnais un costume des carnavals d’Icod et de
Santa Cruz. Je presse le pas devant le restaurant « Agustín Y Rosa » sur la
calle San Sebastián, où une musique très forte accompagne les personnes qui
font la fête. Un homme est déguisé en danseuse de flamenco. Sa robe rouge à
petits pois noirs attire le regard. Plus avant, nous flânons sur la place
Andrés. Nous retournons chez nous en suivant tour à tour l’avenue de Canarias
et l’avenue de 25 de Abril.
Le
dîner, similaire à celui d’hier, un temps de lecture et de cinéma, avec la
série « Please like me », terminent cette journée majoritairement narrative.
Un orchestre défile en contrebas de la rue. Des feux d’artifice explosent dans
le ciel d’Icod quand nous entrons au pays des rêves…
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