La
pratique des rites matinaux précède le petit déjeuner. Lors de ma présence sur
le balcon, un vent plus froid que frais souffle avec énergie. Le disque solaire
perce les nuages au moment de la salutation ; j’apprécie cette attention. Les
rayons baignent mes yeux. Les neuf heures quarante-cinq enfilent une petite
laine. Je consulte les messageries et les blogs de Patrick. Je poursuis la
narration de la journée de dimanche. Après une absence de connexion Internet,
j’actualise le blog avant midi trente.
Nous
partons pour La Orotava. Nous arrivons vers treize heures au centre commercial
La Villa où, depuis le tapis roulant qui accède aux commerces, nous voyons des
affiches qui annoncent la fête des pères sur l’île. Elle se vit aujourd’hui. Une
grande affiche signale que la « Feria de la enseñanza » [Fête de l’enseignement]
se déroulera du 22 au 30 mars. D’autres affiches, suspendues dans le
supermarché El Campo, évoquent le meilleur papa au monde. Nous déjeunons chez
Foster’s Hollywood. Pendant la préparation de la commande, Patrick s'étonne de lire sur
Internet que cette chaîne de restauration a été créée en Espagne et qu’aucun
établissement n’existe aux États-Unis. Sur son compte Facebook, il voit une
carte pour sa fête publiée par Daniel. En médaillon, il remarque la carte pour
mon anniversaire. Carmen et Naira apportent les mets. Patrick savoure un veggie
burger. Je déguste des quartiers d’avocats avec le demi-pain rond du burger,
tiède et légèrement toasté.
Après
le repas, nous entrons à la librairie « Agapea – libros urgentes » où deux
livres « El Principito » de Saint-Exupéry sont achetés pour les offrir aux deux
dames à l'accueil de la boulangerie, toujours souriantes et enjouées avec nous.
Les prix n’étant pas affichés sur les livres, je scanne le code-barres à une
borne pour nous remémorer le tarif. Je photographie l’écran. Nos pas nous
conduisent ensuite chez Al Campo. En bout de gondole, une profusion de bananes
des îles est en promotion à deux euros le kilogramme. Bien vertes, elles vont
mûrir dans les foyers. Autre part dans le grand magasin, des lots de six carrés de tissu colorés sont aussi en promotion
pour moins de deux euros ; nous profitons de l’offre en prenant un « Set de
bayetas » [Ensemble de torchettes]. Trois plaques de chocolat, des marques
Tirma, Lacasa et Suchard, sont déposées dans le panier rouge à roulettes. Pour
m’amuser, je me prends en photo dans le miroir d’un pilier pendant que Patrick
dépose les commissions sur le tapis roulant. Nous réglons nos achats vers
quinze heures. La caissière nous reconnaît. En partant, elle nous lance « Hasta
luego » avec le sourire.
Une
trentaine de minutes plus tard, nous sommes de retour à Icod. Je prépare deux
ingrédients d’un smoothie : du yaourt bio de brebis des Canaries et des mûres
d’Espagne, achetés chez Al Campo. Je commence la narration de la journée d'hier après le
chargement des photos. Elle se termine pour la pause-détente où je teste le
chocolat Tirma à 85% de cacao. Nous sortons pour une promenade. Nous croisons
deux hommes qui bavardent debout dans la rue après le café El Calvario. Ils
seront encore en discussion au même endroit une quarantaine de minutes plus
tard quand nous serons de retour. Des gouttes de pluie s’échappent des nuages.
Nous revenons à l’appartement pour prendre les deux parapluies. Pour la
première fois, grâce à Patrick, je porte mon attention sur l’hôtel San Agustín
où un jeune couple semble attendre un taxi. La façade emblématique de style canarien
charme mon regard. C’est vraiment étonnant comme le regard se pose sur des emplacements
différents dans une même rue lors de promenades répétées. À chaque fois, c’est
une nouvelle découverte. L’attention est captée de manière aléatoire et cela
participe à la magie de la vie qui se rit de la routine et de l’illusoire
banalité de l’existence. Dernièrement, après deux mois de présence à Icod, nous
avons repéré une petite boutique de vêtements où la gamme change souvent. Je
remarque un superbe tee-shirt blanc et or sur un mannequin vers l’entrée.
En
grimpant sur la place Andrés, un monsieur en descente nous adresse la parole.
Il semble discourir sur mon blouson car il montre du doigt quelques motifs.
Devant notre expression étonnée, il cherche par des gestes à connaître notre
nationalité. Ensuite, il prononce quelques mots en français pour continuer un
monologue inaccessible pour nous. Sympathique et expressif, il finit par nous
dire « au revoir » en reprenant son chemin. Nous flânons sur la place. Le
vénérable banian, entouré d’une clôture rectangulaire pour éviter les
indélicatesses de promeneurs téméraires, tient à lui tout seul de par son
envergure un beau périmètre de la place. Je prends quelques photos pour
illustrer la page du jour sur le blog dont des oiseaux du paradis toujours
aussi ravissants. La végétation luxuriante apporte vraiment un plus sur la
place entretenue avec amour. Le campanile de l’église veille au grain pour
éviter tout incident imprévisible qui lui serait préjudiciable.
En
revenant sur nos pas, j’entre dans le magasin « Coco Blue », proche de l’hôtel
San Agustín, où je regarde en rayon les différentes tailles du tee-shirt coup
de cœur. La jeune commerçante dont le visage souriant me rappelle celui de
Carmen, la Sorcière éternelle, confirme que la taille XL n’est plus disponible.
Je prends alors le tee-shirt en photo à défaut de pouvoir l’acheter. Les
éclairages des commerces se remarquent facilement avec le crépuscule qui arrive
progressivement en dessinant des ombres sur notre chemin.
De
retour chez nous, je réalise le smoothie en ajoutant de la banane. Patrick
retrouve les protagonistes de la série « Everything Sucks ! ». J’œuvre sur
l’ordinateur avant le repas. Lors du dîner, je croque la demi-pomme, je savoure
le smoothie onctueux et délicieux, et je croque la dernière barre à la banane
et aux graines Naturjube. Dans la soirée, un temps de lecture précède une
aventure à Carthagène des Indes avec Carmen, la Sorcière éternelle, qui se
déroule alternativement au dix-septième et au vingt et unième siècle…

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